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Production de sel de lithium à Shawinigan – De grandes ambitions chez Nemaska Lithium

Après plusieurs années d’acharnement, Nemaska Lithium pourra bientôt récolter les fruits de ses efforts en matière d’innovation. D’ici deux ans, son usine de Shawinigan sera en mesure de fabriquer 28 000 tonnes par année de sel de lithium destiné à la production de batteries pour véhicules électriques ou hydrides. Sous peu, le minerai transformé proviendra du gisement exploité grâce au travail de la communauté crie de Nemaska.

Dès 2009, lorsque le PDG Guy Bourassa a proposé d’exploiter le gisement de lithium de Nemaska, il a dit qu’il souhaitait recourir à la main-d’œuvre locale, en l’occurrence la Première Nation Crie de Nemaska. Il a aussi exprimé le souhait de voir la société d’exploration minière junior devenir un producteur intégré en transformant le lithium au Québec. Son rêve est en train de se réaliser.

En marge d’une conférence internationale tenue au début juin à Montréal, où étaient réunis des utilisateurs du lithium de partout dans le monde, Nemaska Lithium a reçu les visiteurs intéressés à ses installations de Shawinigan, de même qu’à la mine de Nemaska. Le magazine MCI a participé à la visite de l’usine de l’arrondissement Grand-Mère, autrefois exploitée pour la production de papier par Produits forestiers Résolu.

Après avoir étudié pendant longtemps la possibilité d’établir son usine de transformation à Valleyfield, la direction de Nemaska Lithium a été approchée par la municipalité de Shawinigan. La Ville voulait éviter le démantèlement des installations de l’ancienne usine papetière.

« Quand on a décidé de venir ici, c’est parce que ça nous faisait sauver du temps et de l’argent. On avait le site approprié, avec les infrastructures, et les bâtiments existants qui soient à la fois assez grands pour qu’on y installe notre usine commerciale et notre usine de phase I. À Valleyfield, mon problème est que je n’avais pas de terrain disponible pour faire l’usine de phase 1. Il nous fallait trouver un bâtiment et le louer, pour ensuite y installer notre usine, avant de la démanteler », explique Guy Bourassa, qui n’a que de bons mots à dire sur la municipalité de Shawinigan.

Il ajoute qu’il ne faut pas négliger non plus l’importance d’autres facteurs ayant motivé la décision de s’installer en Mauricie : la qualité de la main-d’œuvre dans la région, l’expertise des fournisseurs en utilisation des produits chimiques et les installations hydroélectriques voisines.

En deux phases

L’usine de phase 1 sert actuellement à transformer la solution de sulfate de lithium qui lui est fournie par ses clients. Durant l’été, les premiers échantillons de concentré de lithium devaient lui être livrés, par train sur les 555 km entre Chibougamau et Shawinigan, en provenance du concentrateur à la mine Whabouchi, située à 300 km au nord-ouest de Chibougamau.

On extraira annuellement de la mine environ 1,1 million de tonnes, pendant 26 ans. Durant les premières 20 années de l’exploitation, le minage sera fait à ciel ouvert. La teneur en lithium est de 52 % supérieure à celle de la mine de lithium de La Corne, en Abitibi, dont l’exploitation a été suspendue en raison de problèmes financiers.

Il faut environ 40 tonnes de minerai pour obtenir une tonne de sel de lithium. À Nemaska, quelque 130 employés assureront l’exploitation du spodumène, le minerai de lithium le plus couramment exploité dans le monde. À Shawinigan, ce sont 86 emplois supplémentaires qui seront créés par le raffinage du concentré.

La phase 1 permet à Nemaska Lithium de produire 500 tonnes par année. Les clients reçoivent les sels de lithium par lot de 50 kilos, sur une période d’un an, qu’ils utilisent dans leur procédé de fabrication. En plus de rapporter des revenus dans une période où l’entreprise investit de fortes sommes pour construire une usine, cette production à plus petite échelle permet de rassurer ses futurs clients quant à la qualité de leurs approvisionnements et à la fiabilité de leur fournisseur. Le même procédé électrochimique sera utilisé pour raffiner le concentré dans l’usine de taille commerciale.

Il y a présentement une pénurie de sel de lithium dans le marché. Les utilisateurs cherchent de nouvelles sources d’approvisionnement, souligne Guy Bourassa, et chaque fabricant de batteries a ses exigences.

« Certains veulent plus de sel de lithium, d’autres avec plus ou moins de sodium, de calcium, etc. Ne serait-ce que la granulométrie des cristaux, pour certains, ça a beaucoup d’importance. Certains de nos clients sont des fabricants de cathodes qui veulent prendre de l’expansion»,
dit-il.

Le démarrage de l’usine de la phase 1 permet d’accélérer le projet et de diminuer le risque lié à la construction de l’usine commerciale.

« On parle quand même d’un nouveau procédé, d’une nouvelle entreprise et qui n’est pas établie en Chine… Ce sont des questions qu’on nous pose, à propos des risques pour les prêteurs. Comme nous avons déjà commencé à produire, et que nos clients ont pu confirmer la qualité du produit issu de l’usine de la phase 1, ça accélère la progression du montage financier », ajoute M. Bourassa.

Par Alain Castonguay

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