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Le Japon – Un partenaire économique important pour les entreprises canadiennes

Il est rare que les médias généralistes ou spécialisés nous parlent des relations économiques entre le Canada et le Japon. Situé à l’autre bout de la planète, le pays à la source des principales tendances et processus industriels de qualité continue est pourtant un partenaire important pour le Canada.

En fait, le Japon arrive au 4e rang des partenaires économiques du Canada, après les États-Unis, la Chine et le Royaume-Uni, mais devant le Mexique avec lequel nous avons pourtant un
accord de libre-échange.

Les intérêts japonais sont principalement concentrés dans le secteur de l’automobile, mais ils sont aussi présents dans les secteurs de l’aérospatiale, des mines, du pétrole et du gaz, des produits pharmaceutiques, des TIC, des services financiers et de la transformation des aliments.

Le Québec, champion des exportations agroalimentaires

Le Japon n’est autosuffisant qu’à 40 % en termes de nourriture. Il doit donc importer 60 % de ce qu’il consomme. Et c’est justement de ce segment de l’agroalimentaire que le Québec peut tirer son épingle du jeu.

« Après les États-Unis, le Japon est le 2e marché agroalimentaire pour le Québec. En 2016, le secteur alimentaire était évalué à 465,3 M$ comparativement à 464,8 M$ en 2012. En 2016, ce secteur représentait 36 % des exportations totales du Québec vers le Japon», soulignent Jean-Christophe Sinclair et Valérie Boissonneault, spécialistes des marchés de l’Asie et de l’Océanie pour le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI).

Pourquoi un tel intérêt de la part des Japonais pour les produits alimentaires du Québec ?

« Les Japonais accordent une grande importance à la salubrité des aliments. Le système de traçabilité des produits alimentaires représente un atout pour les produits québécois, car il est un gage de qualité pour les consommateurs de ce pays », croit André A. Coutu, président-directeur général du Groupe Export agroalimentaire Québec-Canada.

Plusieurs entreprises agroalimentaires du Québec ont compris depuis longtemps l’intérêt d’établir des relations commerciales avec ce pays. C’est le cas des Biscuits Leclerc qui y exporte entre autres ses biscuits feuilles d’érable depuis 18 ans.

« C’est une personne qui a des contacts là-bas qui nous a informés que nos produits pourraient intéresser des acheteurs», affirme Julie Therrien, directrice aux ventes et aux exportations pour le Japon. Pour l’année 2017, l’entreprise estime que ses exportations au Japon seront de 1,8 million. « Ce n’est pas énorme quand on regarde notre chiffre d’affaires annuel. Pour nous, c’est tout de même une relation commerciale importante, car on considère qu’on ne doit pas mettre tous nos œufs dans le même panier. Cela fait parti de notre plan de développement à long terme», dit Julie Therrien.

Cinq dollars, c’est le prix qu’un Japonais devra débourser pour s’acheter une pomme. Pas étonnant quand on sait que 60% des produits alimentaires vendus au Japon sont importés.

Le Foodex 2017

Le secteur agroalimentaire offrant de nombreuses opportunités, 19 entreprises venant d’une dizaine de régions du Québec ont participé au dernier Foodex Japon qui s’est déroulé au printemps dernier. Cet évènement est la plus importante foire commerciale du secteur bioalimentaire de la région de l’Asie-Pacifique et la troisième à l’échelle mondiale. Parmi les participants québécois, une majorité était composée des fabricants de sirop et de produits de l’érable, mais on y retrouvait aussi des producteurs de canneberges et de bleuets, de canards, de produits naturels et biologiques, etc.

« Même si nous sommes bien établis au Japon, on considère notre présence au Foodex comme nécessaire pour aller se chercher de nouveaux clients et rappeler que nous existons », estime Julie Therrien.

Les Japonais à la recherche d’innovation

Les secteurs de la science, de la technologie et de l’innovation, le multimédia-divertissement, l’intelligence artificielle et les technologies de l’information sont considérés par plusieurs intervenants économiques comme les secteurs d’avenir pour ce marché.

« Par l’entremise du comité mixte sur la science et la technologie, nous collaborons avec le Japon à des travaux portant sur la recherche dans le domaine de la santé, de l’énergie durable et des matériaux de pointe », explique Natasha Nystrom, porte-parole au commerce international aux affaires mondiales pour le gouvernement du Canada.

Ces secteurs porteurs ne manquent pas de représentants québécois, que l’on pense à PixMob, Moment Factory et Ubisoft qui ont récemment fait les manchettes en lien avec leurs succès commerciaux dans cette partie du monde.

D’autres tentent également de s’y faire une place. Il y a trois ans, Denis Leclerc, président et chef de la direction d’Écotech Québec qui rassemble l’ensemble des décideurs du secteur québécois des technologies propres, s’est rendu sur invitation avec cinq représentants d’entreprises québécoises.

« L’accident nucléaire de Fukushima a fait en sorte que les Japonais tentent de trouver des façons de produire de l’énergie propre. Il y a aussi un très grand intérêt de leur part envers des technologies qui permettent le traitement et la réutilisation de l’eau ainsi que la gestion des déchets. »

Denis Leclerc, président et chef de la direction d’Écotech Québec

La patience, secret de la réussite

Denis Leclerc ne sait pas si ce voyage a porté fruit, mais cela n’a rien de surprenant. Pour arriver à pénétrer le marché japonais la patience est de rigueur.

« L’erreur majeure que font nos entreprises est de sous-estimer le temps que cela va prendre. Ce n’est pas comme ici où l’on peut s’entendre à la suite d’un repas. Là-bas, les mentalités sont différentes. Les relations humaines sont importantes. Il faut y mettre du temps et les ressources financières, car pour pénétrer ce marché, il est important d’être sur place et d’y retourner souvent », expliquent Jean-Christophe Sinclair et Valérie Boissonneault.

Les deux spécialistes ajoutent que les exportateurs doivent garder en tête que le Japon est un marché de niche et particulier.

« Les Japonais apprécient les produits de qualité raffinés et innovateurs. Le prix n’est pas un frein, mais la qualité doit être constante. »

Julie Therrien abonde dans le même sens. Selon elle, le défi culturel du Japon est de taille et n’y réussit pas qui veut.

« Les Japonais sont exigeants et sont axés sur les détails. Ils ne voient pas avec les mêmes yeux que nous. Ce n’était pas le premier pays avec qui nous exportions et cela nous a grandement aidés. Il faut être aguerri en exportation pour réussir là-bas », estime-t-elle.

Pour aider les entreprises à pénétrer cette partie du monde, le gouvernement du Québec soutient et accompagne plus de 300 entreprises par an dans leurs projets au Japon. Dans le but de stimuler les relations économiques avec le Japon, Export Québec, une unité du MESI, organise des missions commerciales qui permettent aux entreprises et institutions québécoises de rencontrer des clients japonais et de présenter leurs produits et leurs services.

« C’est un marché qui vaut la peine, mais je suggère fortement de parler à des professionnels. Nos services sont gratuits et on a un réseau de contacts pour se faire connaître », dit Valérie Boissonneault du MESI.

Par Julie Roy

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