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Investissement Québec – Une organisation en transformation

Investissement Québec a récemment présenté son rapport annuel 2016-2017, un rapport plus que positif tant sur le plan financier que du côté organisationnel. Au total durant cette période, IQ a accordé 1,7 milliard de dollars en financement aux entreprises québécoises. Près de 960 millions de dollars provenaient des fonds propres d’Investissement Québec, du financement qui a permis de soutenir des projets d’une valeur de 4 milliards et contribué à la création ou le maintien de plus de 7000 emplois. Investissement Québec a aussi procédé à des changements en profondeur au sein de l’organisme, sous la gouverne de Pierre Gabriel Côté. Magazine MCI s’est entretenu avec le PDG d’Investissement Québec.

MCI : Vous tracez un portrait positif de l’année 2016-2017. Quel est pour vous le point le plus marquant de cette année financière qui vient de se terminer ?

PGC : On gère des fonds d’investissement. Les gens doivent comprendre qu’à travers les années, il y aura de moins bonnes années, et des meilleures, mais c’est la moyenne surtout qui importe, nos résultats sur le moyen et long terme. Mais cette année s’inscrit quand même dans une cadre de transformation. C’est ce qui est particulier. Je suis ici depuis près de deux ans et demi. On a mis en place beaucoup de choses pour transformer l’organisation, s’assurer de lui donner une stratégie. C’est quand même des choses qui prennent du temps. Mais il y a un peu une consécration. Les résultats qui sont là, dans notre rapport annuel 2016-2017, ça montre que la machine peut livrer des belles choses. Comme on l’a dit depuis le début, si on s’organise comme il faut, si on met en place les bons processus, si on met en place le bon leadership, on peut vraiment livrer la marchandise pour notre actionnaire. Et c’est ce que le rapport annuel démontre. C’est là où je suis le plus fier. Sans qu’on puisse dire qu’année après année, ça sera une année record, parce qu’on a quand même une mission bien précise, cette année vient nous donner un signe de ce que la machine peut livrer.

MCI : Vous parlez de transformations qui s’imposaient, notamment relativement au rapport du vérificateur général. Quelles sont les grandes lignes de ces transformations ?

PGC : Il y en a trois très importantes. La première, c’est la gouvernance. La seconde, c’est la transformation de nos processus, notre approche client. La troisième, c’est Manufacturiers innovants. La gouvernance d’une société d’état financière comme la nôtre, dont la mission est de faire du développement économique, c’est quand même quelque chose d’assez particulier. Sans faire trop d’historique, à la fusion de la SGF (Société générale de financement) et de IQ en 2011, il y avait deux fonds très différents. Le premier, c’est les fonds propres, pour lesquels il faut donner un rendement selon la loi. Le deuxième, c’est la mission de mandataire, à saveur subventionnaire, pour les projets d’attraction d’investissements et de création d’emplois, qui revêt au niveau de son imputabilité des décisions qui sont prises par le gouvernement. Donc, c’était quand même confus. À mon arrivée, c’est ce que nous disaient nos clients et nos employés. On ne savait pas quelle main agissait dans l’économie, et ça portait beaucoup les gens à nous prendre un peu en réserve.

MCI : Mais quelle est la distinction véritable entre les fonds propres et les fonds à titre de mandataire du gouvernement du Québec? Puisque vous êtes une société d’état, à quelque part, la poche est un peu la même ?

PGC : Je dis souvent pour imager que mes actionnaires, ce sont tous les payeurs de taxes du Québec, et que le gouvernement détient les actions multi-votantes. Il y a deux niveaux d’investissement. Il y en a un qui est purement commercial. La mission au niveau de nos capitaux propres, c’est d’investir avec des partenaires, qui cherchent du rendement. On est là pour compléter les transactions, en complémentarité, souvent avec des niveaux de risque qui sont plus élevés. Mais on a des revenus, des honoraires pour prendre des risques. Comme d’autres le font dans l’écosystème financier, le Fonds de solidarité de la FTQ, la BDC, on est dans ce domaine là, mais c’est du développement économique commercial, je me dois de donner un rendement là-dessus. L’autre, ce sont des décisions du gouvernement où on nous demande d’agir en tant que mandataire. Donc, la saveur de ces dossiers-là, c’est subventionnaire, parce que le revenu qui est calculé pour le rendement de ces investissements tient compte des revenus fiscaux. Donc, si on sauve 500 emplois,
on va prendre les revenus fiscaux protégés par cette action, et ça entre dans notre rendement. Nous sommes les seuls qui peuvent faire ça. On est un peu unique, tandis que dans le cas des fonds propres, j’ai des banques et des institutions financières qui s’associent à nous. C’est ça, la grosse distinction.

MCI : Vos comptes à rendre sont purement économiques pour les fonds propres, tandis que dans le cadre du volet mandataire, les comptes à rendre sont aussi politiques ?

PGC : Ce sont des décisions qui sont prises pour des fins économiques, mais sur lesquels seul le gouvernement peut agir, parce qu’il peut évoquer des revenus fiscaux. Une banque ne peut pas tenir compte des revenus fiscaux dans ses décisions, le gouvernement peut. Avec la dualité de la provenance des fonds d’Investissement Québec, la gouvernance est le premier grand thème qui va être récurrent, qui doit être clair à la fin, parce que c’est important de savoir avec quelle main IQ agit au niveau de ses clients. Plusieurs de nos clients ne souhaitent pas être associé comme recevant de l’aide de l’État, ce n’est pas du tout dans leur créneau, ils pourraient faire affaires avec une banque. On est là pour faciliter des ententes qui ne se feraient pas autrement, alors que dans d’autres cas, on se doit d’agir avec l’argent du gouvernement parce que c’est la seule façon de pouvoir conclure un projet qui autrement ne se ferait pas.

Par Claude Boucher

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