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Diplôme d’études secondaires : un minimum à atteindre

Dans un de ses monologues, Yvon Deschamps répondait à son ado qui lui disait « Je veux devenir vidangeur (éboueur aujourd’hui) », par cette phrase : « Pas de problème, je vais te payer toutes tes études pour ça. »

Cette boutade lancée par l’un des précurseurs du « stand-up » québécois illustre bien l’étrange relation que le Québec a avec l’éducation. D’une voix, nous encourageons tous nos enfants à étudier pour se construire une carrière intéressante et, espère-t-on, payante aussi. Mais d’une autre voix, le Québec a l’un des plus faibles taux de valorisation de l’éducation. Même paradoxe du côté des métiers : nous affirmons tous qu’il est plus que temps de revaloriser les programmes techniques, les diplômes d’études professionnelles au secondaire. Mais en même temps, nous avons parfois tendance à dévaloriser ces programmes.

Le Québec vit littéralement une relation amour-haine avec l’éducation, et avec ses artisans, enseignants, professeurs et autres intervenants du milieu scolaire. On peut chercher longtemps les multiples raisons qui font que le Québec traîne la patte, et de loin, derrière l’Ontario en matière de taux de diplomation. Le gouvernement du Québec a récemment lancé une nouvelle stratégie pour s’attaquer à la problématique du décrochage scolaire. Mais toutes les stratégies, les discours et les programmes mis sur pied sont voués à l’échec, si les premiers intervenants qui peuvent faire une différence sont absents ou ne jouent pas leur rôle crucial. Quels intervenants ? Les parents !

Sans me poser en exemple, loin de là, j’ai eu la chance de naitre dans une famille où la lecture était omniprésente, où les bons résultats scolaires n’étaient pas une option, où le diplôme d’études secondaires était un minimum, pas une fin. Je me souviens encore très bien de mon père me disant, lorsque je rentrais de l’école avec une note de 90 % : « Ils sont où, les 10 autres points ? ».

Cette culture de la performance scolaire, je l’ai reproduite avec mes propres enfants. Pas avec des coups de règle sur les doigts, pas avec des exigences démesurées (quoique parfois…), mais avec simplement la transmission de ce désir de réussir sur le plan scolaire. Pas non plus avec l’obligation de poursuivre des études universitaires, mais dans le simple but d’ouvrir le maximum de portes possibles, au lieu d’en fermer.

À l’heure où le Québec fait face à une crise toujours grandissante de main-d’œuvre, alors que des milliers d’emplois dans à peu près tous les domaines, toutes les industries, sont à combler, nous nous devons de faire cette réflexion : transmettons-nous vraiment à nos enfants ce goût de l’étude, cette culture de la réussite scolaire ?

Au cours des années à venir, avec le développement de plus en plus poussé de l’automatisation, de la robotisation et de l’usine intelligente, les besoins en main-d’œuvre qualifiée, toutes techniques confondues, iront sans cesse en grandissant. Il faut dès maintenant prendre les mesures qui s’imposent pour que les postes actuels et ceux à venir soient comblés. La viabilité même des entreprises québécoises en dépend.

Le premier jalon, la première barre à franchir, c’est de réduire ce taux inacceptable de décrochage scolaire, pour que nos jeunes puissent intégrer un marché du travail qui a tellement besoin d’eux.

Mais pour y arriver, il faut d’abord et avant tout compter sur nous-mêmes, en tant que parents, pour insuffler chez les jeunes ce goût de la réussite scolaire. Tous ne sont pas fait pour les études universitaires, ou même collégiales, et c’est bien ainsi. Mais cessons de niveler vers le bas, et prenons les mesures nécessaires pour faire comprendre aux jeunes, à nos jeunes, qu’un diplôme d’études secondaires, c’est un minimum.

Par Claude Boucher, directeur de l’information

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