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Décrochage scolaire – Un appel à la mobilisation de tous les acteurs

Baisses de rentrées fiscales, pénurie de main-d’œuvre qualifiée, pression accentuée sur les programmes sociaux, le décrochage scolaire est un phénomène préoccupant qui entraîne des répercussions socioéconomiques notables. Avec un taux réel de diplomation d’à peine 74,7 %, le Québec est loin derrière l’Ontario, qui affiche un taux de diplomation de 84 %.

Pour aider à pallier la situation, diverses initiatives ont été mises de l’avant et d’autres avenues font aussi l’objet de réflexions approfondies, dont la possibilité de prolonger la période d’obligation de fréquentation scolaire de 16 à 18 ans ou jusqu’à l’obtention d’un premier diplôme.

La maternelle obligatoire dès l’âge de 4 ans, en complémentarité avec les services de garde, figure aussi au programme – une mesure implantée en Ontario depuis 2003, que maints intervenants du système scolaire ontarien estiment bénéfique, notamment en vue d’effectuer un dépistage précoce des élèves considérés à risque de décrocher.

Puis, en juin dernier, le gouvernement du Québec a procédé au dévoilement de sa Politique sur la réussite éducative. Celle-ci vise à faire passer de 74 % à 85 % la proportion des élèves de moins de 20 ans qui obtiennent un premier diplôme d’études secondaires (DES) ou professionnelles (DEP), et ce, d’ici 2030.

Passeport pour ma réussite: une approche globale concluante

Chaque année, des milliers d’élèves canadiens abandonnent leurs études secondaires pour différentes raisons, tantôt attribuables à des facteurs individuels, familiaux, socioéconomiques, voire institutionnels. Si nombre d’entre eux sont issus de collectivités défavorisées, où le taux de décrochage est élevé, plusieurs disposent néanmoins d’un potentiel parfois insoupçonné pour bien réussir à l’école.

À cet effet, le programme communautaire Pathways to Education a été lancé en 2001 dans un quartier modeste de Regent Park, à Toronto. Découlant d’une volonté commune d’agents du milieu de briser le cycle de la pauvreté grâce au pouvoir de l’éducation, il permet de bien outiller les jeunes du secondaire afin qu’ils puissent obtenir leur diplôme tout en faisant la promotion des études postsecondaires.

Sa formule éprouvée a ensuite été mise au banc d’essai au Québec, sous le nom de Passeport pour ma réussite, par Toujours ensemble, un organisme communautaire solidement implanté dans la communauté verdunoise.

« Le programme a été implanté en partenariat avec l’école secondaire Monseigneur-Richard (ESMR), car la grande majorité des jeunes participants fréquentent cet établissement. L’ESMR a d’ailleurs fait preuve d’une belle ouverture sur sa communauté, et une vraie collaboration a été bâtie entre les milieux scolaire et communautaire. »

Cette année, Toujours ensemble célèbre le 10e anniversaire de sa 5e cohorte de diplômés.

Les intervenants et les bénévoles de Passeport pour ma réussite travaillent donc de concert avec le système scolaire pour entre autres offrir des services de tutorat et de mentorat. Mathieu Sage, directeur des programmes et soutien aux communautés de Passeport pour ma réussite, nous explique plus en détail.

« Un des premiers objectifs du programme est de développer des relations fortes avec tous les jeunes participants. Ces liens peuvent ensuite servir de véritables leviers. Passeport pour ma réussite offre un ensemble de formes de soutien conçu pour aider les jeunes à surmonter les obstacles à l’accès à l’éducation. Les intervenants évaluent les divers besoins de chaque jeune et s’assurent que les soutiens nécessaires à la réussite sont mis en place. »

Ces gens engagés tiennent en effet à jouer un rôle déterminant dans la vie des élèves pour impulser une dynamique nouvelle auprès d’eux et de leurs familles. Car comme le dit un proverbe africain, pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village.

« Le but est que les élèves disposent d’un encadrement soutenu, personnalisé, et qu’ils aient la chance de développer au maximum leurs compétences afin de pouvoir s’épanouir pleinement. Au fil du temps, la communauté devient un peu comme la troisième patte du trépied pour créer un environnement qui favorise la résilience des jeunes, malgré les difficultés qu’ils ont à surmonter, et leur permettre d’aller de l’avant. Nous avons la conviction que chaque jeune et chaque communauté possèdent une force et un potentiel extraordinaires. Le programme appuie et consolide ces atouts. »

 

Par Stéfanie Beauregard

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