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Les isolants biosourcés – Des matériaux au potentiel énorme

De la cellulose au chanvre en passant par la laine de bois ou encore vos vieux jeans, les isolants de source naturelle possèdent des propriétés supérieures à leurs pendants classiques. En dépit de leur présence relativement discrète sur le marché immobilier à l’heure actuelle, leur développement pourrait bien s’accélérer au cours des prochaines années, en raison notamment des nouvelles normes toujours plus exigeantes pour le bâtiment durable.

La gamme de matériaux isolants est de plus en plus vaste et les critères de comparaison de plus en plus nombreux. Les isolants biosourcés proviennent de matière végétale ou animale. On en retrouve une grande variété surtout parmi les plantes herbacées (chanvre, lin, laine de coton, roseaux et liège) et ligneuses (laine de bois) et deux seuls issus du monde animal, (plume de canard et laine de mouton) qui sont peu employées.

Leur essor est non seulement dû à leurs propriétés thermiques et acoustiques, dont les performances sont égales ou supérieures aux matériaux standards, mais également à leur qualité de régulation hygroscopique (absorption de l’eau). De plus, leur bilan écologique global (l’énergie nécessaire à la fabrication, au transport, à l’utilisation et au recyclage du produit) s’avère positif. Contrairement aux isolants synthétiques, le plus souvent à base de produits pétroliers, ces éco-matériaux proviennent de sources renouvelables.

Avoir la fibre…

Parmi les isolants provenant de matières secondaires, les isolants à base de cellulose sont les plus populaires. Fabriqués à partir de fibres de papier journal recyclé et de papier post industriel moulu et déchiqueté en fines lamelles, la ouate de cellulose est ensuite traitée à l’aide d’adjuvants (acide borique, sulfate d’ammonium, etc.) pour protéger des insectes, rongeurs et moisissures tout en lui conférant un meilleur comportement à la flamme.

« L’isolation soufflée de cellulose réduit les fuites d’air en s’infiltrant dans les plus petits interstices pour former un coussin homogène et sans joints (ponts thermiques) au grenier et dans les murs», nous dit Mylène Tremblay, chef Marketing corporatif chez Soprema.

Toutefois, ajoute-t-elle, la cellulose insufflée peut être sensible au tassement si sa densité n’est pas assez élevée.

« Les minerais présents dans l’isolant de cellulose sont également des répulsifs à parasites. La cellulose est utilisée à grande échelle dans les toitures de bâtiments agricoles. »

Cette pratique favorise des constructions plus résistantes au feu que la laine de verre. La présence de particules d’eau dans le matériau et de sels minéraux comme retardateurs de flammes contribuerait à cette protection. Et sa durée de vie avoisine les 50 ans.

Habiller nos murs

Développement d’une mousse isolante biosourcée.

 

Autre matériau de récupération, le blue jeans vole également la vedette parmi la filière de valorisation des déchets. Constituée de 85 % de fibres de coton recyclées postconsommation, cette ressource textile se présente sous forme de rouleaux de diverses épaisseurs.

« Fabriqué à partir de jeans en denim récupérés, l’isolant de coton dépasse les propriétés acoustiques et thermiques des produits en fibres de verre», assure Alvin Zoltan, président de Jasztex, l’unique entreprise au Québec à effectuer ce conditionnement. « Il ne dégage pas de poussière. De plus, ce matériau requiert de faibles quantités de liant de polyester recyclé. »

Le matériel à 100 % de denim recyclé provient principalement des régions de Montréal et de Toronto. Ignifugé aux sels de bore, il résiste à l’humidité, aux insectes et aux rongeurs. De plus, on le considère comme un bon produit acoustique.

Par Roger Riendeau

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