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Légalisation de la marijuana et milieu de travail – Doit-on craindre les conséquences ?

D’ici un an, la légalisation de la marijuana sera chose faite au Canada. Comment les employeurs doivent-ils s’y préparer ? Campagnes d’information et de sensibilisation auprès des employés, application plus stricte de la règlementation en matière de santé et sécurité au travail, tests sanguins, voilà autant de questions soulevées dans le milieu industriel. Au cours des prochains mois, les gouvernements fédéral et provinciaux seront appelés à répondre à divers milieux pour définir un encadrement à l’intérieur duquel employeurs et employés pourront faire référence au besoin. Il s’agit de trouver un juste équilibre entre la règlementation en matière de sécurité au travail et la Charte canadienne des droits et libertés.

Au Conseil du patronat du Québec (CPQ), on estime que la légalisation du cannabis n’apportera pas en soi un changement. Même illégale, la marijuana est déjà très répandue, et le CPQ croit que ce qui fera la différence, c’est la façon dont les gouvernements vont en règlementer la culture, la vente et la consommation.

« Si les élus en viennent à banaliser la marijuana, là, ça peut avoir des conséquences. En termes de consommation, la hausse peut être significative, entraînant du même coup des risques accrus de comportements dangereux chez des individus. C’est un risque réel», indique Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du CPQ.

Pour le moment, dit le CPQ, tout réside dans le processus de la légalisation et dans la gestion que feront les gouvernements de cette nouvelle politique.

À l’Association de la construction du Québec (ACQ), on estime que cette question est déjà prévue au Code de sécurité pour les travaux de construction. L’article 2.4.2 touchant la santé et la sécurité au travail est clair : « Tout travailleur n’effectue aucun travail lorsque ses facultés sont affaiblies par l’alcool, la drogue ou une autre substance similaire. »

Éric Côté, porte-parole de l’ACQ, dit que dans le cas du cannabis, on peut parler de facultés affaiblies dès lors qu’il y a consommation.

« La tolérance est zéro. La règle n’a pas changé à cet égard. Y aura-t-il des mécanismes de détection ? À ce moment-ci, nous n’avons rien prévu. On se fie au bon jugement des personnes. C’est sûr que c’est quelque chose qui n’est pas encore bien défini au niveau législatif pour déterminer à quel moment les facultés d’un travailleur sont affaiblies.»

Par ailleurs, il est à noter que la consommation de cannabis à des fins thérapeutiques doit être considérée de la même façon que la prise d’un médicament sous ordonnance avec des effets secondaires. L’employé a l’obligation d’informer son employeur tout en soulignant les aspects qui peuvent mettre à risque sa santé ou sa sécurité, celle de ses collègues et de ses clients.

La légalisation de la marijuana engendrera des revenus supplémentaires à l’état. C’est un fait. Avec ces nouveaux montants, le CPQ estime que les gouvernements pourront financer davantage des campagnes de sensibilisation, diminuant ainsi les éléments de banalisation et même en réduire la consommation à un plus faible niveau que présentement. Dans le cas contraire, l’organisme patronal croit que personne ne sera gagnant.

Établir un juste prix

Comment établir un juste prix pour ne pas encourager une consommation excessive tout en évitant que le milieu criminel ne conserve la grande part du marché ? Pas facile. Des discussions sont à prévoir entre les gouvernements et diverses associations. Un prix trop bas aura pour effet d’augmenter la banalisation et la consommation. En revanche, un prix trop élevé incitera les consommateurs à se tourner vers le marché noir. C’est le même principe que la vente du tabac.

Au cours des prochains mois, des organisations comme le CPQ ont l’intention d’alerter les gouvernements sur les risques reliés à la banalisation.

Par Bernard Gauthier

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