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Formation – L’effet A: Briser le plafond de verre

Les femmes aussi ambitieuses que les hommes ? Oui, sans aucun doute. C’est ce qui ressort d’un sondage mené par L’effet A-Léger en mai 2016 auprès
de 2000 Québécois et Québécoises. Les résultats ont démontré que 73 % d’entre elles versus 78 % des hommes sur le marché du travail se disaient ambitieux. Pourtant, malgré ces chiffres éloquents, elles peinent à atteindre des postes de haute direction (18 %) et de gestionnaire (37 %).

Des freins inconscients

« Pourquoi une telle disparité ? Pourtant, elles sont aussi nombreuses que les hommes dans les universités, mais aussitôt que l’on gravit les échelons dans une entreprise, elles disparaissent», se questionne Isabelle Marquis, rédactrice en chef pour L’effet A.

Le sujet a été étudié aux États-Unis et a été validé par le même sondage. Plusieurs barrières, parfois même inconscientes, freinent l’ascension des femmes vers le sommet. Le premier est le manque d’opportunités qui leur sont offertes dans les entreprises.

« Si les femmes doivent manifester davantage leur ambition, les entreprises doivent, de leur côté, être conscientes des freins qu’une culture corporative masculine impose », mentionne Isabelle Hudon, chef de la direction, Financière Sun Life Québec et cofondatrice de L’effet A.

Sophie Brochu, présidente et chef de la direction de Gaz Métro et leader de L’effet A, admet que même dans son organisation, il existait des critères d’embauche qui pouvaient décourager les femmes.

« On demandait d’être mobile. C’est large… Pour les femmes, c’est plus difficile d’y arriver en raison des enfants. On a donc régionalisé ce critère. Le monde des affaires est typiquement masculin. Les femmes ambitieuses évoluent dans un environnement qui n’a ni été construit ni pensé pour elles.»

Le manque de confiance en soi est le second obstacle qui les freine.

« La majorité des femmes ambitieuses partagent un sentiment d’insécurité.  Leur manque de confiance est au centre d’un cercle vicieux qui les empêche de saisir des opportunités d’avancement dans leur entreprise », explique Isabelle Marquis.

Sophie Brochu de Gaz Métro illustre ce manque de confiance.

« S’il y a huit critères affichés pour pourvoir à un poste, les hommes vont postuler même s’ils n’en ont que quatre. Les femmes vont poser leur candidature seulement si elles ont les huit critères.»

La peur du risque vient en troisième rang des raisons qui empêchent les femmes de foncer.

« Les ambitieuses craignent parfois de sortir de leur carré de sable. Elles veulent être parfaites partout et ont peur de l’échec. Elles doivent apprendre à démystifier c’est quoi un risque », affirme Isabelle Marquis.

Étonnamment, les obligations familiales arrivent seulement au quatrième rang des obstacles, une réponse qui contraste avec celle donnée par les hommes, qui croient que la famille est la principale raison qui limite la progression de leurs collègues féminines.

Assez de chiffres, maintenant l’action

Isabelle Hudon en avait assez de ces chiffres. Ils sont éloquents, mais elle a réalisé que ce n’était qu’en posant des gestes concrets que la situation allait changer. En compagnie de John Gallagher, président de O’dandy, elle a mis sur pied L’effet A, dont le « A » représente l’ambition.

« À moyen terme, nous aimerions retrouver 40 % de femmes parmi les postes de gestionnaires et de hauts dirigeants », souligne John Gallagher.

La première édition de L’effet A s’est déroulée en 2015. Elle a évolué depuis, mais le principe reste le même, soit propulser l’ambition professionnelle des femmes grâce à un programme de développement professionnel. Au cours du Défi 100 jours, les femmes se voient offrir des ateliers, des activités de réseautage ainsi que des capsules en ligne.

« Cela n’a rien à voir avec le coaching de vie. C’est un programme très business. Il y a des gens comme Alexandre Taillefer, Sophie Pregent, Kim Thomassin (première vice-présidente, Affaires juridiques et secrétariat, à la Caisse de dépôt et placement du Québec) qui viennent donner des conseils. On expose les femmes au milieu des affaires, on leur fait rencontrer des gens. Pendant 100 jours, elles renforcent leur confiance, apprennent à négocier, elles développent leur réseau et comprennent l’importance de prendre des risques », raconte Sophie Brochu.

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