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Systèmes de gestion des coûts de production – Un investissement payant

Connaissez-vous véritablement vos coûts de production et leur rentabilité ? Aux yeux de maints dirigeants de PME québécoises, les logiciels de gestion sont souvent trop coûteux, difficiles d’implantation mais, surtout, ne semblent pas développés pour les besoins spécifiques de leur entreprise. Ils y voient plutôt des solutions générales qui semblent superflues à la bonne marche des affaires.

C’est du moins ce que nous affirme Samuel Sponem, professeur agrégé, HEC Montréal, et Titulaire de la Chaire internationale CPA de recherche en contrôle de gestion.

« Les PME se contentent encore d’utiliser des plateformes comme Excel pour gérer leurs activités. Pourtant des solutions logicielles ERP (pour Enterprise Ressources Planning) sont adaptables et peuvent répondre efficacement à leurs besoins de gestion et de contrôle des coûts de production. »

Plus avant, son collègue et professeur agrégé, Alexander-C. Mersereau, ajoute que cette problématique ne concerne pas uniquement les PME.

« De grandes entreprises recourent aussi parfois à Excel en parallèle de leurs systèmes de gestion, et il est fréquent que des données soient perdues pour cette raison. Le contrôle en est rendu plus difficile. »

Spécialisé en contrôle de gestion, le professeur Mersereau considère toutefois que la question fondamentale pour les PME manufacturières québécoises en matière de gestion des coûts est la création d’une culture corporative mettant en avant l’efficacité et l’efficience comme valeurs fondamentales.

« Dans l’entreprise d’aujourd’hui en effet, les connaissances sont largement distribuées. Les employés de tout niveau peuvent observer des poches d’inefficacité dans les processus ou la redondance d’activités. Ils sont donc capables de prendre des actions concrètes et de proposer des pistes d’amélioration. Encore faut-il créer une culture qui les invite à le faire», ajoute-t-il.

Un autre constat est que les PME manufacturières réagissent la plupart du temps quand survient un problème, poursuit Alexander-C. Merserau.

« Beaucoup de PME, confrontées aux défis du quotidien, délaissent l’aspect stratégique à moyen ou long terme. Ainsi, par exemple, elles vont prioriser l’entretien de la machinerie lors de bris, plutôt que d’adopter une stratégie d’entretien préventif. Plus encore, les directions de ces entreprises n’agiront bien souvent que lorsqu’elles seront acculées au mur, avec un fonds de roulement négatif ou des liquidités très limitées, voire inexistantes. Elles doivent apprendre à être proactives et à bien planifier leur production et les coûts qui s’y rattachent. C’est quand les activités tournent rondement qu’il est temps d’attaquer le problème, et non en temps de crise. Les réactions dans l’urgence sont rarement mères de bonnes décisions.»

Mieux vaut prévenir

Nos experts sont unanimes : il n’y a pas de meilleur adage pour caractériser une gestion efficace des coûts de production. Mais confrontés aux actions et décisions quotidiennes, la plupart des gestionnaires n’ont pas le temps de réfléchir, d’analyser les différentes activités de leur entreprise, et d’ébaucher un semblant de stratégie de gestion de coûts à long terme. Pourtant, de nombreuses entreprises québécoises ont développé des solutions logicielles efficaces leur permettant de le faire. Parmi celles-ci, Décimal, une entreprise de Longueuil, fondée par Christian Babbini, avec qui nous nous sommes entretenus.

« Notre suite logicielle est basée sur les concepts et méthodes de la gestion par activités. Trop souvent, lorsqu’une entreprise croît rapidement, ou développe sa gamme de produits, les coûts de production sont imputés de façon générale à l’ensemble de la production. Les PME manufacturières québécoises œuvrent principalement dans les marchés de produits spécialisés. Face aux producteurs asiatiques notamment, qui desservent des marchés de masse, il leur est difficile de demeurer compétitifs. Souvent, les dirigeants constatent une hausse des ventes, due à l’élargissement de la gamme, mais une stagnation ou une baisse des profits. C’est à ce moment que Décimal entre en jeu. »

Christian Babbini invite même les gestionnaires à se poser la question suivante : Coûte-t-il plus cher de produire 25 sacs d’un kilo d’un produit X ou un sac de 25 kilos ? Les opérations répétitives engendrent des coûts supplémentaires évidents.

Lisez l’article complet dans l’édition Février 2017

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