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Le Québec doit tirer son épingle du jeu en électrification des transports

L’intérêt pour l’électrification des transports au Québec est bien réel. Autant au gouvernement que du côté des entreprises manufacturières. Mais, qu’en est-il des fonds dédiés à la recherche et au développement de la filière et de ses infrastructures ? Le véhicule électrique est-il vraiment un pôle important à mettre de l’avant pour l’industrie manufacturière du Québec ? En gros oui, et deux experts nous expliquent pourquoi.

Depuis 2011, le gouvernement provincial est engagé sur la voie de l’électrification des transports. Or, en 2015, la Direction des communications du ministère des Transports du Québec a déposé le Plan d’action en électrification des transports 2015-2020. Le programme qui comprend 35 mesures s’articule autour de trois grandes orientations déterminées en fonction des défis à relever et des objectifs à atteindre : favoriser les transports électriques, développer la filière industrielle et créer un environnement favorable.

Positionner le Québec comme leader en mobilité durable

« L’un des points principaux qui achoppe depuis les débuts c’est qu’il faut d’abord convaincre le consommateur qu’il fait le bon choix en empruntant le virage électrique et aussi rassurer la population comme quoi les infrastructures vont suivre dans le mouvement», exprime Jean Simard, vice-président développement des affaires au Pôle d’excellence québécois en transport terrestre, une organisation créée en 2011 et qui réunit autour d’une même table l’Association des manufacturiers d’équipements de transport et de véhicules spéciaux (AMETVS) et quatre créneaux d’excellence ACCORD en transport terrestre du Québec.
« Par exemple, si je décide d’emprunter la route Montréal-Québec, je ne veux pas être obligé de chercher pour une borne de recharge rapide à Drummondville, mais être en mesure d’en repérer une rapidement. »

Car, pour le consommateur, les caractéristiques qui auront raison de leur choix seront sans doute l’autonomie et le temps de recharge. Bien entendu, le coût est également un facteur imposant dans l’équation, ce qui pousse les gouvernements dans l’offre de différentes incitations à l’achat.

Jean Simard a bon espoir de voir la vapeur se renverser au cours des prochaines années et que le choix du véhicule électrique devienne plutôt pour la première et non pas la deuxième voiture qui s’ajoutera peut-être au ménage d’ici quelques années.

Précisons d’ailleurs que l’organisation, qui regroupe l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur du secteur du transport terrestre, vise la mise en œuvre d’actions favorisant la mobilisation, la croissance, la compétitivité et le rayonnement de l’industrie, en plus d’en assurer le développement à long terme.

Prêcher par l’exemple

Par ailleurs, si les GM, Ford, Mercedes-Benz, Volkswagen et Kia sont parvenus à sortir des véhicules électriques, il est plus difficile pour les petits fabricants de se tailler une place dans un tel créneau.

« Si on veut que ces usines lèvent, il faut les aider », souligne Jean Simard, en faisait allusion à GM qui n’a pas besoin de tenir trois séances de conseil d’administration avant de se projeter dans des investissements de 10 M$ en recherche et développement pour développer un concept de voiture électrique.
« Cela prend un apport de l’appareil gouvernemental… Une fois qu’elles auraient obtenu le soutien pour la création d’emploi et la R et D, ces petites et moyennes entreprises pourraient arriver à livrer des projets tout aussi intéressants. »

Déjà, le gouvernement détient une flotte de véhicules électriques assez importante au Québec, assure Jean Simard, que ce soit au niveau des véhicules de service, de courtoisie ou de transport. Il y a aussi la Ville de Montréal et la Société de Transport de Montréal (STM) qui consacrent des efforts dans le développement de stratégies durables en transport collectif, notamment. Le budget de 30 M$ que le gouvernement allouait à Nova Bus en 2011 pour développer des autobus urbains électriques en fait d’ailleurs foi et aura ouvert la voie pour l’ensemble des municipalités.

Un terreau fertile nommé Québec

« L’écosystème de l’électrification des transports est très intéressant au Québec à l’heure actuelle, alors le contexte est certainement favorable au développement de l’industrie», avance André St-Pierre, directeur général
d’Innovation en Énergie Électrique (InnovÉÉ), qui soutient le développement et le financement de projets collaboratifs en lien avec l’industrie électrique et l’électrification des transports, par l’agencement d’expertises et de ressources des partenaires industriels et d’établissements de recherche. En effet, à défaut d’avoir de grands fabricants de voitures comme tels, on a tout le reste : des fabricants de bornes rechargeables (AddÉnergie), d’autobus de ville et scolaires (Nova Bus, Autobus Lion), de pièces (Alcoa), d’énergie (Hydro-Québec), etc.

« Plus encore, nous sommes bien implantés dans le milieu avec nos nombreux centres de recherche comme L’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ), l’Institut du véhicule innovant (IVI) et le Centre d’essais pour véhicules automobiles PMG technologies. Et côté expertise, on est privilégié grâce à notre climat qui nous permet de développer et tester des technologies pouvant ensuite être exportées vers d’autres pays nordiques », s’empresse-t-il d’ajouter.

Lisez l’article complet dans l’édition Février 2017

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