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La créativité de trouver des solutions – Fromagerie du Domaine Féodal

Le nouvel accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne permettra bientôt aux pays de l’UE d’exporter au Canada 17 500 tonnes de fromages, soit le double de ce qui est permis actuellement. La grande majorité des fromages fins prendra le chemin du Québec, puisque c’est ici que leur consommation est la plus forte. Ces nouveaux venus font craindre le pire à bien des fromagers québécois et non sans raison. Mais pas à tous.

Guy Dessureault et Lise Mercier, propriétaires de la fromagerie du Domaine Féodal située à Berthierville, n’ont pas peur, surtout qu’ils ne sont pas à une tempête près. Après avoir vécu indirectement la crise de la listériose en 2008 et être passé près de disparaître en 2005 ils sont encore fièrement debout.

« En 2005, nous avons frôlé la faillite. Des gens nous ont fait confiance et nous avons pu repartir. Cela n’a pas été une période facile, nous étions seuls comme employés et pendant un temps, nous avons vendu à perte dans les épiceries afin de nous tailler une place», dit Guy Dessureault.

Face aux nouveaux enjeux qui se pointent à l’horizon, ils ont décidé encore une fois de ne pas se laisser abattre. En trois ans, ils ont investi près de 2 millions de dollars pour demeurer concurrentiels et ce n’est pas terminé.

« L’Accord européen est l’un des moteurs de notre décision, mais il n’est pas le seul. Nos produits n’évoluaient pas et nos emballages étaient désuets. Il fallait aller de l’avant et oser le risque pour être meilleur. Notre domaine est un secteur rempli de défis, il ne faut pas que la peur te mène », ajoute le fromager.

Équipements et emballage pour devancer ses concurrents

Les fromages ne sont pas de vulgaires marchandises. Au même titre que les autres produits alimentaires frais, ils sont vivants et réagissent à l’environnement. Les fromages qui arrivent sous le format de meule sont bien emballés à leur arrivée, mais aussitôt coupés, ils sont manipulés de manière qui n’est pas toujours convenable et sont réemballés dans une pellicule de plastique.

« Le papier d’origine est rarement conservé. Dans une pellicule de plastique, le fromage perd 6 % de son volume et s’assèche. En plus, privé d’air, son goût s’altère et sa durée de conservation est d’à peine 15 jours», explique Lise Mercier.

Pendant un an, le couple a donc travaillé avec l’Institut de technologie des emballages et du génie alimentaire à Montréal (ITEGA). L’objectif : trouver un emballage permettant de diminuer les pertes grâce à une meilleure conservation et avec impact visuel distinctif.

« À l’ITEGA, tout est sur place pour permettre de faire tous les tests possibles. Nous avons fait des essais avec des barquettes, d’autres avec des gaz. Finalement, c’est un emballage de plastique micro perforé qui s’est avéré le plus efficace. Il ne s’écrase pas, la barquette est réutilisable et recyclable et le fromage a une durée de conservation de 90 jours. Nous l’avons conçu pour qu’il soit triangulaire de manière à en faire une sorte d’armoiries en référence au nom de notre entreprise », soutient Lise Mercier.

Dans les petits fromages, les meilleures affaires

La fromagerie produit encore des fromages sous forme de meule, mais elle s’est rendu compte que les petits formats sont de plus en plus demandés.

« Les épiceries y trouvent un avantage parce qu’elles n’ont pas à payer quelqu’un pour faire la coupe. Aussi, cela évite les manipulations et les pertes », disent les deux fromagers.

Le couple a donc investi dans l’achat de moules plus petits et depuis la fin janvier, les petits formats ont fait leur apparition dans les grandes chaînes alimentaires. Évidemment, emballer des petits formats demande plus de travail au sein même de l’entreprise.

« Nous avons reçu une commande de 2 400 petits fromages . L’emballage à la main est quasi impossible », soutient Lise Mercier. C’est la raison pour laquelle, les deux entrepreneurs investiront cette année pour l’achat d’une emballeuse automatisée. « Les investissements ne sont pas encore terminés », constate
Guy Dessureault.  Cela s’ajoute aussi au pasteurisateur que le couple avait acquis pour accélérer la productivité. « Il faut être créatif et trouver des manières de baisser notre coût de production et d’améliorer notre productivité. Le but : être toujours le plus performant», raconte le couple.

Des fromages d’ici à Dubaï

Les investissements effectués par le Domaine Féodal ont été rentables jusqu’ici. Déjà, l’entreprise a doublé sa quantité de fromages de sa marque L’inspiré disponible chez IGA. Elle veut faire passer sa production de 60 à 100 tonnes et ses chances d’y arriver sont très bonnes. De nouveau, l’entreprise investira dans la promotion et elle mise aussi sur les exportations. Cette année, elle compte aller chercher la certification GFSI qui lui permettra d’exporter plus facilement aux États-Unis. Des projets sont aussi dans l’air avec l’Allemagne.  À l’heure actuelle, elle a d’ailleurs une longueur d’avance, puisqu’elle exporte déjà à Dubaï auprès de grandes chaînes hôtelières.

Lisez l’article complet dans l’édition de Février 2017

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