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Les États-Unis de Donald Trump, selon Marc Dutil, de Canam: Un protectionnisme peut-être profitable au Québec

Le président et chef de la direction du groupe Canam, Marc Dutil, croit que les visées protectionnistes du nouveau président américain Donald Trump pourraient s’avérer, à terme, profitables au Québec.

Prenant la parole à un dîner-conférence de la Chambre de commerce et d’industrie et Développement économique Nouvelle-Beauce, à Ste-Marie le 1er février, l’homme d’affaires beauceron a soutenu que « la fermeture relative des Américains est peut-être un avantage pour le Québec », comme il l’avait été, selon lui, pour le groupe Canam, dans les années 1960.

 

À l’époque, a rappelé Marc Dutil, Canam commençait ses opérations à St-Gédéon de Beauce, à « une époque où les États-Unis étaient également très protectionnistes », ce qui n’a pas empêché l’entreprise familiale de connaître un essor prodigieux.

 

« Canam, ne l’oublions pas, est la contraction de Canada-Amérique. Comme St-Gédéon est sur le bord de la frontière américaine, il était plus facile de rentrer de l’acier d’Europe de l’Est aux États-Unis en le rentrant, transformé, par le Canada. »

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Charpentes

Les 190 convives qui assistaient à la causerie avaient été invités à préparer leurs questions à l’avance. Ils ont semblé se réjouir de cette vision plutôt optimiste de Marc Dutil, qui a cependant prévenu son auditoire que l’élection de Donald Trump venait rappeler brutalement « que les É-U, ce n’est pas chez nous, mais de l’autre côté ». En conséquence, a-t-il résumé, il ne faut rien tenir pour acquis.

 

L’homme d’affaires de 52 ans, père de 5 enfants et président fondateur de l’École d’Entrepreneurship de Beauce, a amusé la foule par une première citation qu’il a dit affectionner : « Le problème en ce monde, c’est que les idiots sont sensés alors que les gens sensés sont idiots », ajoutant du même souffle qu’il trouvait toujours « bizarre » que des gens d’affaires paient pour venir l’entendre…

 

Marc Dutil a rappelé que 75 % du volume d’affaires chez Canam se faisait avec les États-Unis alors qu’il y a six ans, 65 % du chiffre d’affaires était réalisé au Canada.

 

« S’il existait une police d’assurances pour contrer le protectionnisme américain, vous en achèteriez sans doute tous, n’est-ce pas ? Vous seriez prêt à payer 10 000, 25 000 ou 500 000 $. Chez Canam, nous avons mis le prix pour faire affaires aux États-Unis. Nous sommes désormais moins affectés », a souligné le numéro un de Canam dont l‘entreprise a grandi de 1,2 milliard $ depuis six ans.

 

Rappelons-nous, a-t-il renchéri, que le Québécois est un exportateur naturel vers les Etats-Unis, contrairement aux Européens « pour qui c’est plus difficile de commercer avec les Américains ». C’est peut-être une autre porte qui s’ouvre pour nous, a-t-il fait valoir.

 

À la difficile question portant sur la meilleure façon de combler la pénurie de main-d’œuvre en Beauce, la réponse de Marc Dutil a été des plus directes et des plus simples. « Nous n’avons pas le choix : c’est l’immigration ». Le groupe Canam, a observé Marc Dutil, emploie même 450 personnes en Inde et en Roumanie.

 

Aujourd’hui, la Société Canam, qui se spécialise dans les bâtiments, les charpentes métalliques et les ponts, emploie 4 250 travailleurs répartis dans 23 usines au Canada et aux États-Unis.

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