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Fabrication métallique et main-d’œuvre. Résultats de l’enquête de PERFORM

L’industrie de la fabrication métallique figure parmi les secteurs industriels névralgiques de l’économie québécoise. Un domaine de production vaste et diversifié auquel de multiples défis sont liés, notamment en matière de recrutement et de formation. PERFORM nous dévoile les résultats de son enquête sur cette question.

L’enquête portant sur les perspectives de recrutement et les besoins de formation des entreprises réalisée par PERFORM, le Comité sectoriel de la main-d’œuvre dans la fabrication métallique industrielle, en dresse un portrait éloquent.

Cette organisation à but non lucratif, qui en est à sa troisième étude sur une période de cinq ans, est formée de représentants de l’industrie de la deuxième et de la troisième transformation, soit les sous-secteurs de la fabrication de produits métalliques, de machines et de matériel de transport, à l’exception des produits aérospatiaux et de leurs pièces.

Dans le cadre de cette enquête, 1 071 entreprises ont été sondées, pour un taux global de participation de 46,2 % et dont la densité démographique représente 66,3 % de la main-d’œuvre. Plus de la moitié des participants proviennent des quatre régions administratives suivantes : Montérégie, Chaudière-Appalaches, Montréal et Centre-du-Québec.

« Les entreprises n’ont enregistré aucune baisse de livraisons manufacturières, elles produisent autant, mais sont contraintes de baisser leurs marges pour demeurer concurrentielles tout en composant avec une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. » Raymond Langevin, responsable de l’enquête de PERFORM sur les perspectives de recrutement et les besoins de formation des entreprises.

«  Les entreprises n’ont enregistré aucune baisse de livraisons manufacturières, elles produisent autant, mais sont contraintes de baisser leurs marges pour demeurer concurrentielles tout en composant avec une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. » Raymond Langevin, responsable de l’enquête de PERFORM sur les perspectives de recrutement et les besoins de formation des entreprises.

Quelques facteurs prédominants

Parmi les principaux constats obtenus, le ralentissement économique est le plus important facteur conjoncturel à avoir une forte incidence sur le développement des entreprises au cours de l’année précédant l’enquête, suivi de la baisse du dollar canadien par rapport à la devise américaine.

Au nombre des autres facteurs fréquemment cités, la question récurrente de la pénurie de main-d’œuvre spécialisée est un autre élément significatif, et ce, en présence d’une hausse du volume d’affaires et d’une baisse des marges bénéficiaires pour plusieurs répondants.

« Les entreprises n’ont enregistré aucune baisse de livraisons manufacturières, elles produisent autant, mais sont contraintes de baisser leurs marges pour demeurer concurrentielles tout en composant avec une pénurie de main-d’œuvre qualifiée », explique Raymond Langevin, responsable de cette enquête chez PERFORM. « En fait, notre industrie a connu un gain de 5 % en 2015, ce qui représente une contribution de 20,8 milliards de dollars au PIB, alors que l’ensemble du secteur manufacturier a subi une baisse de 1 %. »

tableau 3Des métiers fort recherchés

Les enjeux reliés aux difficultés de recrutement découlent en partie du faible taux de diplômés* dans les programmes d’études professionnelles conduisant à l’exercice de ces métiers.

Pour pallier cette situation, certaines entreprises se sont tournées vers l’embauche de travailleurs étrangers spécialisés. « Cela peut être une bonne solution pour répondre à des besoins à court terme, mais il est indispensable de s’appuyer sur une vision à moyen et long termes pour pourvoir des postes de façon permanente et éviter tout contexte de pénurie », souligne Raymond Langevin.

Une autre des solutions potentielles passe par la valorisation et la promotion de ces métiers, notamment auprès d’une clientèle féminine, pour lesquels les perspectives d’emploi sont d’ailleurs des plus prometteuses.

« Au total, 29 comités sectoriels sont présents pour soutenir les entreprises tous secteurs confondus, mais il est évident qu’un effort de promotion plus intensif serait bénéfique, » précise-t-il. « Dans notre secteur, on constate un manque considérable de machinistes, entre autres, et un gros travail de sensibilisation s’impose, surtout auprès des jeunes femmes, dont la présence dans les métiers spécialisés et les professions techniques est inégalement répartie. Il y a parfois encore une vieille croyance qui subsiste concernant le travail en usine. Mais il ne faut pas oublier que les usines d’aujourd’hui sont modernes et pourvues d’équipements de haut niveau qui requièrent des connaissances techniques approfondies. »

Bref, des milieux de travail dynamiques et à la fine pointe.

tableau 4Survol des orientations stratégiques préconisées

S’il est impossible de prédire avec certitude de quoi sera composé l’avenir de la fabrication métallique industrielle au cours des prochaines années, il est néanmoins intéressant d’avoir un léger aperçu des priorités de gestion qu’entendent mettre de l’avant les entreprises consultées.

La recherche de nouveaux clients est prioritaire pour plus d’une entreprise sur deux (56 %) et c’est aussi l’élément le plus souvent mentionné en premier lieu, recueillant près de 28 % des votes de première place dans toutes les régions administratives.

L’introduction de nouvelles méthodes de production à valeur ajoutée se classe au second rang des priorités, conjuguée à l’amélioration de la situation financière, la révision des processus d’affaires, le développement de nouvelles stratégies de marketing et la restructuration organisationnelle pour les répondants anticipant une baisse de leurs ventes.

Les entreprises qui prévoient une hausse des ventes sont en revanche plus nombreuses à envisager d’autres formules telles que la mise au point de méthodes de production innovantes, le recrutement de main-d’œuvre spécialisée pour répondre à la demande, le développement de nouveaux produits, la formation qualifiante et la réduction des délais de livraison.

En matière de développement et de formation, peu de changements ont été observés sur le plan des résultats quant aux pratiques et aux obstacles liés à leur déploiement en entreprise. La majorité des entreprises privilégient la voie du compagnonnage pour développer les compétences des nouveaux employés, alors que d’autres ont signalé deux obstacles non négligeables, soit le manque de temps et de personnel pour organiser la formation et la difficulté à remplacer les personnes en formation sans ralentir la production.

« Il faut souligner ici que tout ralentissement de production ne serait que temporaire et qu’en fin de compte, les entreprises y gagneraient au change en formant plus d’employés. »

Près de 40 % des répondants ont déclaré n’avoir aucune difficulté à développer les compétences de leurs employés. Il est toutefois bon de savoir que des programmes d’apprentissage en milieu de travail (PAMT) sont offerts pour venir en aide aux entreprises qui désirent mieux structurer la formation de leurs effectifs.

Enfin, parmi les autres enjeux cernés, les efforts de promotion et de valorisation des métiers en fabrication métallique industrielle auprès des diverses clientèles doivent non seulement se poursuivre, mais aussi s’accentuer. Les principaux acteurs de l’industrie considèrent à cet effet que le lancement d’un plan de valorisation national ciblé pour certains métiers en formation professionnelle et technique serait une mesure porteuse d’avenir.

Pour consulter l’enquête ou en savoir davantage sur PERFORM, visitez le www.comiteperform.ca.

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