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Stratégie de développement de l’aluminium. Québec souhaite doubler la transformation d’ici 2025

Le gouvernement québécois entend doubler la transformation de l’aluminium au Québec d’ici les 10 prochaines années. C’est entre autres ce qui ressort de la Stratégie québécoise de développement de l’aluminium 2015-2025, dévoilée l’an dernier par le Premier ministre Philippe Couillard et le ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations (MEIE),
Jacques Daoust.

Le Québec occupe le 4e rang mondial au niveau de la production d’aluminium primaire, avec plus de 2,7 millions de tonnes produites annuellement. Majoritairement exportée, cette production génère près de 7 milliards de dollars et crée 30 000 emplois de qualité dans près de 1 500 entreprises.

Véritable chaîne de valeur de calibre mondial pour les transformateurs, équipementiers et fournisseurs spécialisés, producteurs d’aluminium primaire, différents acteurs en innovation et organismes divers de l’industrie, l’aluminium québécois jouit d’un rayonnement international reconnu, grâce au savoir-faire d’ici, mais surtout à la faible empreinte carbone qu’il génère.

Au cours des trois premières années de la stratégie, le gouvernement québécois injectera 32,5 millions de dollars pour sa mise en œuvre. Sur un horizon de dix ans, la stratégie empruntera trois axes d’intervention : la mise en place d’un environnement favorable à la transformation de l’aluminium, le renforcement de l’ensemble de la filière québécoise et l’aide au maintien de la compétitivité des entreprises de la filière.

Objectifs et actions

Au cours de la prochaine décennie, Québec désire doubler la transformation d’aluminium sur le territoire. Pour ce faire, le gouvernement souhaite favoriser des percées importantes sur les marchés d’exportation ainsi qu’une pleine intégration aux chaînes de production mondiales pour les équipementiers et fournisseurs spécialisés.

La consolidation de la position québécoise parmi les plus importants producteurs d’aluminium primaire au monde demeure également un objectif primordial de la stratégie gouvernementale.

Mais pour atteindre d’aussi ambitieux objectifs, des actions concrètes doivent être posées. Comme l’éloignement géographique du Québec face aux marchés ciblés constitue un désavantage majeur, on doit élaborer des processus qui rendront plus accessible le métal produit au Québec.

L’appui d’Export Québec aux PME deviendra donc primordial afin de faciliter l’accès à l’exportation. Ainsi, on compte mettre sur pied plusieurs missions commerciales sous une bannière commune.  De plus, les pratiques d’achat et de vente des PME transformatrices devront bénéficier d’un sérieux coup de pouce, notamment grâce à de nouveaux outils plus performants.

Filière plus compétitive

Bien que la filière québécoise de l’aluminium bénéficie déjà de certains avantages, la stratégie misera sur sa promotion à l’international. On mettra de l’avant l’avantage carbone de l’aluminium québécois. De plus, des investissements majeurs sont prévus afin d’appuyer les projets des producteurs d’aluminium primaire, dans une perspective de partenariat.

Les prochains projets des producteurs d’aluminium primaire pourraient figurer parmi les plus importants investissements privés de l’histoire industrielle du Québec. En ajoutant les investissements périphériques aux projets de croissance projetés, plus de 10 milliards de dollars pourraient être investis dans le secteur primaire au Québec d’ici 2025.

De nouveaux programmes de recherche seront également mis en place afin d’augmenter la capacité d’innovation de la filière. Soutenant déjà les initiatives de la filière de l’aluminium, le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FRQ-NT) offrira un appui financier au Centre de recherche sur l’aluminium – REGAL.

Afin d’amener la filière québécoise de l’aluminium encore plus loin, le MEIE investira 2 millions de dollars dans un programme de recherche sur les technologies de l’aluminium, élaboré en collaboration avec le FRQ-NT. On assurera ainsi la diffusion de notre expertise tout autant que l’appui aux différents projets de recherche industrielle.

Mais pour encourager et faciliter l’usage accru de l’aluminium dans les bâtiments, les infrastructures ou d’autres domaines d’application, comme les équipements de transports, un service de soutien technique, de formation et d’aide à la conception s’avère nécessaire.

Pour répondre à ce besoin, l’organisme AluQuébec a le mandat d’effectuer la diffusion d’expertise sur l’utilisation de l’aluminium comme matériau. Une somme de 600 000 $ est allouée sur la période 2015-2018 afin de démarrer cette initiative.

Facteur humain et formation

Bien que fort louables, ces initiatives, programmes et investissements ne pourront se matérialiser sans la contribution essentielle des travailleurs. La croissance de l’industrie repose notamment sur la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée, en quantité suffisante.

La stratégie favorisera donc une meilleure adéquation entre les besoins de l’industrie et l’offre de formation des établissements d’enseignement. Elle appuiera les efforts d’attraction, de formation et de rétention de la main-d’œuvre.

Confronté à une population active vieillissante et une rareté de main-d’œuvre, le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) mettra sur pied une table de concertation sur l’adéquation formation-emploi, qui réunira les acteurs provenant de l’industrie de l’aluminium, de différents ministères et de certains comités sectoriels de main-d’œuvre (CSMO).

L’objectif de cette table : évaluer les retombées engendrées par la hausse des projets d’investissement issus de la Stratégie et déterminer leurs répercussions sur la main-d’œuvre. Le MTESS prévoit injecter près de 6 M$ d’ici 2018 pour réaliser ces diverses mesures.

Toute cette stratégie devra toutefois être déployée de façon cohérente. Les acteurs impliqués devront ramer dans le même sens. Et c’est sur cette cohérence que le CSMO-Métallurgie base son implication à la table de concertation.

« Le rôle du CSMO-Métallurgie sera essentiellement de conseiller en termes de formation, précise la directrice générale de l’organisme, Marie-France Charbonneau. Il faudra s’assurer que l’offre de formation pour les entreprises soit cohérente et uniformisée en quelques sortes, puisqu’il existe plusieurs approches.

Toutefois, je crois que la stratégie de l’aluminium vise essentiellement une stratégie de développement économique cohérente et nous allons tenter d’arrimer l’offre de formation de la même façon. Nous ne serons pas le seul CSMO qui siègera à cette table. Il y aura également le CSMO Fabrication métallique Perform. Nos rôles seront donc de voir à ce que les besoins de l’industrie de l’aluminium soient comblés. »

Mais dans un contexte de vieillissement de la population active et de rareté de la main-d’œuvre, l’importance des CSMO impliqués sera de premier ordre.

« Pour les PME, entre autres, on rencontre des difficultés immédiates en termes de main-d’œuvre. Pour les grandes entreprises, il y a aussi une pénurie de main-d’œuvre en perspective, mais elles disposent de meilleurs outils pour l’affronter. Nous avons développé une nouvelle approche qui permet de former les employés spécialisés directement en entreprise. À l’issue de cette formation, la main-d’œuvre obtient un diplôme d’études professionnelles, donc un diplôme qualifiant. Nous atteignons ainsi deux objectifs simultanément : qualifier la main-d’œuvre et en assurer la rétention. »

En collaboration avec la Commission des partenaires du marché du travail et le Ministère de l’Éducation, le CSMO-Métallurgie a mis sur pied un programme qui permet d’offrir un diplôme d’études professionnelles (DEP) en fonderie. Le formateur ira en entreprise pour cerner les compétences à développer et, ultimement, accorder les diplômes après avoir prodigué la formation adéquate. Il existe également un autre volet d’implication : le transfert des compétences.

« À l’ère du numérique, les possibilités sont nombreuses. Nous avons d’ailleurs organisé une activité dans ce sens lors de laquelle nous avons invité des intervenants du CEFRIO et de POKA à venir nous parler de l’intégration du numérique en entreprise. Cette information peut faciliter à court terme l’appui à la formation, le transfert des compétences. En captant les savoirs sur vidéo, par exemple, la tâche en est simplifiée », renchérit Marie-France Charbonneau.

Intégrer le potentiel gigantesque de l’informatique en entreprise, en favorisant le transfert des compétences et la formation, constitue l’une des pierres angulaires de la stratégie de l’aluminium. Il s’agit maintenant de convaincre et d’amener les entreprises à l’utiliser afin d’atteindre leur plein potentiel.

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