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Plan d’action en électrification des transports 2015-2020. Des milliers d’emplois à venir pour les PME

L’annonce du nouveau Plan d’action en électrification des transports 2015-2020 a eu des répercussions dans tout le secteur industriel, incluant les municipalités et les chambres de commerce. Dévoilé en grande pompe l’automne dernier, Québec avait indiqué qu’un budget de 420 M$ était consacré au volet de l’électrification des transports. Ainsi, le gouvernement prévoit générer 5 000 emplois et des investissements de 500 M$ d’ici 2020.

Ce Plan d’action prévoit 35 mesures dont l’encouragement à l’utilisation de véhicules électriques, le développement de solutions novatrices dans le transport des marchandises, l’intensification des efforts en matière de recherche et développement, et le soutien à la commercialisation et à l’exportation de produits québécois novateurs.

Québec propose même une aide financière aux entreprises, municipalités ou organismes qui envisagent d’installer des bornes électriques pour permettre aux employés de recharger leur véhicule électrique.

Selon XPND Capital, plus d’un millier de taxis électriques circuleront à Montréal à la mi-2017. Les premiers véhicules ont commencé à sillonner les rues de la métropole depuis quelques semaines.

Réactions

Tous les milieux de travail réagissent favorablement à ce Plan d’action. À l’Association de l’industrie électrique du Québec (AIEQ), on estime que le développement de l’électrification des transports et l’infrastructure de recharge permettra de moderniser et d’accroître les capacités des réseaux de transport et de distribution.

« Le Québec dispose d’un bon noyau de constructeurs, d’assembleurs, d’experts en recherche et développement, de concepteurs et de fabricants de pièces et systèmes. Les solutions proposées dans ce plan pourront assurément être mises de l’avant rapidement. Nous possédons tous les atouts et l’expertise nécessaires pour assurer le succès la mise en place de ce plan », explique
Daniel Laplante, président-directeur général de l’AIEQ. À son avis, les efforts du Québec dans ces créneaux à fort potentiel commercial permettront de « restimuler » l’innovation technologique dans le secteur énergétique.

Projet de bus 100 % électrique

Le constructeur en transport collectif Nova Bus se réjouit de la décision gouvernementale. « Chez Nova Bus, l’électrification des transports constitue un chantier majeur ayant franchi plusieurs étapes au cours des dernières années. L’annonce nous conforte dans la poursuite des projets que nous avons entrepris il y a plusieurs années en matière d’Électro Mobilité, tels que Cité Mobilité, qui sera déployé en 2016 en partenariat avec la Société de Transport de Montréal », indique Ralph Acs, vice-président principal, Volvo Bus, Région des Amériques.

Le constructeur en transport collectif Nova Bus dit que l’électrification des transports constitue un chantier majeur ayant franchi plusieurs étapes au cours des dernières années. © Nova Bus

Le constructeur en transport collectif Nova Bus dit que l’électrification des transports constitue un chantier majeur ayant franchi plusieurs étapes au cours des dernières années. © Nova Bus

Ainsi, des technologies pour réduire la consommation de carburant des autobus sont développées chez le constructeur. A titre d’exemple, les systèmes d’activation des portes, de l’air climatisé ou encore des commandes de direction des autobus du Réseau de transport de la Capitale (RTC) sont dorénavant reliés au circuit électrique des véhicules, diminuant ainsi la consommation en carburant.

Soutien des environnementalistes

Le Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec (CETEQ) affirme que le Plan d’action permettra d’atteindre la nouvelle cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans son effort aux changements climatiques.

« Certaines mesures proposées, comme l’incitatif à l’électrification dans le cadre du programme Écocamionnage ou le soutien aux PME pour l’acquisition, l’implantation et la commercialisation d’équipement et de technologies permettant la réduction d’émissions de GES, permettra d’aider notre industrie à soutenir les efforts du gouvernement en terme de réduction des émissions de GES » croit Richard Mimeau, directeur général du CETEQ.

Le CETEQ regroupe 15 000 travailleurs dans le secteur des PME lié à l’économie verte québécoise.

De son côté, la Coalition zéro émission Québec (CZÉQ) se félicite de l’énoncé de la volonté gouvernementale d’implanter la nouvelle norme VZÉ au Québec et de la décision d’atteindre l’objectif de 100 000 véhicules électriques d’ici 2020.

« Nous nous réjouissons que le gouvernement annonce sa volonté de mettre en place une telle règlementation et nous souhaitons que celui-ci l’adopte dès 2016 afin que les consommateurs du Québec puissent enfin avoir accès à un plus large choix de véhicules rechargeables et à un inventaire adéquat favorisant une augmentation des ventes », déclare Yvon Bergeron, porte-parole de la CZÉQ.

Pour sa part, l’Association québécoise pour la production d’énergie renouvelable (AQPER) dit qu’il s’agit d’un geste clair pour mettre en place des actions structurantes qui valoriseront l’utilisation de l’énergie renouvelable dans le déplacement de personnes et de marchandises.

« L’électrification des transports est une étape indispensable pour l’atteinte des objectifs de réduction de 37,5 % des GES d’ici 2030 ainsi que pour la diminution de notre dépendance au pétrole », raconte Jean-François Samray, président-directeur général de l’AQPER.

« L’importante capacité de production d’énergies renouvelables de notre territoire, la disponibilité de celles-ci et la volonté politique démontrée nous permettent d’aspirer à devenir des pionniers dans le domaine du transport électrique à travers le monde », a-t-il ajouté.

Une filière qui valorise le Québec

À la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), il ne fait aucun doute que Québec pose un geste qui permettra aux filières technologiques de se développer et de mettre en valeur notre savoir-faire.

« Nous possédons des avantages concurrentiels que ce soit au niveau de nos ressources naturelles, de notre expertise en matière d’hydroélectricité ainsi que de notre solide base industrielle », indique Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la FCCQ.

Quant à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Québec est appelé à faire de la métropole une plateforme de développement des transports électrifiés.

« Les différents volets du plan touchent plusieurs enjeux stratégiques pour Montréal : le transport des personnes, le transport des marchandises, la recherche et le développement ainsi que la commercialisation de notre expertise. L’hydroélectricité québécoise est reconnue à l’échelle mondiale et ce plan nous permettra de profiter de notre accessibilité à la ressource de façon durable et responsable », déclare Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Michel Leblanc ajoute que les investissements de Québec constitueront un levier pour ce secteur porteur et créeront des milliers d’emplois directs et indirects. « Le développement de la filière industrielle en électrification des transports permettra d’attirer au Québec des investisseurs étrangers, qui viendront profiter des occasions d’affaires découlant du plan, tout en soutenant nos ambitions en matière d’électrification des transports », poursuit M. Leblanc.

Employeurs et municipalités applaudissent

Le Conseil patronal de l’environnement du Québec (CPEQ) estime que ce projet aidera le Québec à réduire ses émissions, particulièrement dans le secteur des transports, lequel était responsable, en 2012, de 44,7 % des émissions de GES du Québec.

Du côté des municipalités, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) tient à rappeler que le gouvernement doit travailler en partenariat avec toutes les municipalités du Québec.

« La mise en place d’un réel réseau de bornes en région serait un facteur attractif, non seulement pour les nouveaux résidents et les nouvelles familles, mais également pour les entreprises qui souhaitent s’établir dans nos communautés », rappelle Richard Lehoux, président de la FQM. M. Lehoux a réitéré au gouvernement que les investissements gouvernementaux dans l’industrie du transport électrique ne doivent pas être réservés exclusivement aux grands centres urbains, mais sur l’ensemble des régions du Québec.

À l’Union des municipalités du Québec (UMQ), il s’agit d’un pas de plus vers le développement énergétique durable.

« Nous partageons les objectifs que s’est donnés le gouvernement du Québec avec ce plan d’action, qui s’inscrit dans un virage de société pour des moyens de transport plus verts.  », indique la présidente de l’UMQ, Suzanne Roy.

Selon l’UMQ, pour atteindre les objectifs communs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), les municipalités doivent détenir des outils suffisants et accessibles pour faire migrer vers l’électrification leur système de transport collectif par autobus ainsi que leur flotte de véhicules de service et de niche. À son avis, la proposition de créer un fonds dédié aux projets d’électrification des transports, financé par les tarifs d’électricité des municipalités, est nécessaire.

Objectif insuffisant

Le seul point de vue qui diffère de l’ensemble des intervenants est celui de la CSN. La centrale syndicale estime que Québec doit se donner plus de moyens pour un véritable virage.

« Les politiques actuelles du gouvernement Couillard sont insuffisantes pour permettre d’atteindre la cible qu’il se fixe », dénonce Pierre Patry, trésorier de la CSN et responsable du dossier environnement.

« L’électrification des transports est un incontournable pour réduire les GES. Ce n’est que par des investissements importants que le Québec réduira son empreinte écologique de manière substantielle. Cent mille voitures électriques de plus, c’est louable, mais avec quatre millions de voitures à essence ou à diesel qui demeureront sur les routes du Québec, il reste beaucoup de chemin à parcourir. »

Pour la CSN, le Québec dispose de l’énergie électrique nécessaire à l’électrification des transports publics. Elle croit qu’un véritable plan d’électrification des transports pourrait être un élément important d’une politique de développement favorisant le renforcement et la modernisation du secteur manufacturier et industriel dans une perspective de développement durable. Les investissements requis auraient un effet structurant sur plusieurs industries québécoises comme celles de la fabrication d’équipements de transport collectif.

Saviez-vous que?

  • Le Plan d’action prévoit 35 mesures dont l’encouragement à l’utilisation de véhicules électriques et le développement de solutions novatrices dans le transport des marchandises

 

Liens Internet: 

  1. Association de l’industrie électrique du Québec
  2. Nova Bus
  3. Conseil des entreprises en technologies environnementales
  4. Coalition zéro émission Québec
  5. Association québécoise de la production d’énergie renouvelable
  6. Fédération des chambres de commerce du Québec
  7. Chambre de commerce du Montréal métropolitain
  8. Conseil patronal de l’environnement du Québec
  9. Fédération québécoise des municipalités
  10. Union des municipalités du Québec
  11. CSN

Lien vidéo:

  1. AIEQ Électrique

Un commentaire

  1. […] Lire l’article completSource : Magazine MCIContribution : Martin Archambault […]

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