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Métallurgie: ce que nous réserve 2016

La récente correction du marché chinois et la signature du Partenariat transpacifique (PTP) pourraient avoir un impact à moyen terme sur l’industrie métallurgique mondiale et, par la bande, canadienne et québécoise. C’est du moins ce que certains experts du milieu financier et associations diverses affirment.

En effet, en pleine campagne électorale, le gouvernement canadien, alors toujours représenté par les Conservateurs, a conclu un pacte avec 11 autres pays qui ont des frontières sur le Pacifique. L’objectif de cet accord de libre-échange : former un marché sans taxes de douanes, favorisant la libre circulation des biens, pour contrer le « dumping » chinois dans plusieurs secteurs d’activités.

L’industrie métallurgique figure parmi ceux-ci. Depuis l’annonce, et au moment d’écrire ces lignes, les Libéraux viennent tout juste de prendre le pouvoir à Ottawa et leur position face à cet accord est quelque peu nébuleuse. Bien que le nouveau Premier ministre Justin Trudeau ait toujours affirmé la position procommerce du PLC,  favorisant la création d’emplois et la croissance économique, on hésite à approuver cette entente « conclue derrière des portes closes » par les Conservateurs.

De son côté, l’Association de l’aluminium du Canada n’a pas hésité à saluer la conclusion du PTP. Selon son président, Jean Simard, l’industrie de l’aluminium primaire a toujours soutenu la libre circulation des biens et services.

« Cette entente fournit un accès privilégié à une zone de marchés en croissance, tels la Malaisie et le Vietnam, offrant du coup un riche potentiel d’utilisation de l’aluminium canadien. Mais l’avantage premier de cet accord est de créer un cadre de marché structuré, non discriminatoire et transparent, regroupant les conditions minimales à être respectées par d’autres grands joueurs comme la Chine », a-t-il déclaré dans un communiqué émis le 5 octobre dernier. Il faut donc croire ici que, si les Libéraux acceptent les conditions de base de ce pacte, l’industrie de l’aluminium pourrait bénéficier d’un nouvel élan prometteur.

Les experts se prononcent

Annuellement, les services d’analyse des institutions financières émettent leurs projections économiques pour l’année qui se pointe. Voyons donc de plus près ce que les économistes avancent quant à l’industrie métallurgique. À la Banque Nationale, Matthieu Arseneau, économiste principal, nous fait part d’un optimisme prudent face aux prix des métaux.

«Le PTP fournit un accès privilégié à une zone de marchés en croissance, tels la Malaisie et le Vietnam, offrant du coup un riche potentiel d’utilisation de l’aluminium canadien» -Jean Simard, président de l’Association de l’aluminium du Canada

« L’envolée du dollar américain a créé un puissant vent de face pour les prix des matières premières. Pouvant encore s’apprécier à court terme, nous pensons qu’il pourrait perdre de la vigueur d’ici douze mois. Par ailleurs, les craintes de récession mondiale provoquées par l’affaiblissement des économies émergentes nous apparaissent un peu exagérées. Face au ralentissement, les autorités chinoises ont pris des mesures significatives pour stimuler l’économie (6e réduction des taux de prêt en onze mois et diminution des réserves des banques commerciales pour stimuler le crédit).

On attend aussi l’annonce prochaine du 13e plan budgétaire quinquennal par Pékin. La demande des métaux devrait aussi être supportée par la poursuite du processus d’urbanisation en Chine. Combiné à la faiblesse des investissements miniers, qui devrait permettre un rééquilibrage entre l’offre et la demande, un tel contexte ne peut qu’entraîner la stabilisation des prix des métaux. »

Selon les analystes de la Banque Scotia, la Chine a fait relativement bonne figure au sein de l’économie mondiale, mais les turbulences des marchés des capitaux chinois (correction boursière et dépréciation du yuan) ont déclenché des craintes d’un atterrissage brutal et soulevé des doutes quant aux perspectives à moyen terme pour la Chine en tant que marché en croissance pour les matières premières (pétrole et métaux particulièrement).

Mais même si la croissance de la consommation de métaux de base ralentira en Chine d’ici 2020, la demande poursuivra sa croissance. L’impact sur le prix des métaux ne devrait se faire sentir que vers la fin de la décennie, à cause d’un resserrement de l’offre.

La Chine étant au centre des préoccupations des marchés, il faudra voir dans quelle mesure le PTP aura un impact significatif sur l’offre et la demande de métaux à court, moyen et long termes.

Saviez-vous que?

  • L’envolée du dollar américain a créé un puissant vent de face pour les prix des matières premières?

 

Liens Internet:

  1. Association de l’aluminium du Canada
  2. Banque Nationale (service aux entreprises)

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