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Le contrôle de la qualité doit être omniprésent

GIGO, vous connaissez ? Ceux et celles qui ont suivi des cours de niveau universitaire en production connaissent trop ce fondamental acronyme. Il constitue la base même de tout procédé de fabrication, toutes industries confondues. Je cesse donc de vous faire languir : GIGO signifie « Garbage in, Garbage out » ! Des intrants de qualité douteuse ne pourront donner un produit fini de qualité.

L’industrie minière n’échappe pas à ce principe, du moins plus maintenant. Nous avons eu l’opportunité de le constater lors d’un atelier de travail, présenté par le consultant géoscientifique Charles Beaudry, lors du récent événement Explor 2015, qui se tenait à Montréal, au début du mois d’octobre.

En définissant la qualité comme étant la nature d’un produit ou d’un service qui atteint ou dépasse les attentes du client, Charles Beaudry met l’accent sur l’approche qualité de Six-Sigma. « Il s’agit d’un système d’amélioration continue basé sur des mesures et visant à améliorer la qualité des produits livrés à la clientèle. Appliqué à l’industrie minière, ce système constitue un processus complexe, comportant plusieurs étapes, et où chacune d’entre elles génère un extrant au client suivant.

L’approche Six-Sigma met donc l’accent sur l’assurance qualité, ce qui ultimement réduira ou éliminera tout besoin en contrôle de qualité. – Charles Beaudry, consultant géoscientifique

Chacun de ces extrants dispose de caractéristiques mesurables, les Y, et de nombreuses variables internes, les X. Ces dernières ont une incidence directe sur la variabilité des Y. On doit donc voir à minimiser les variations des X, qui sont connus et mesurables. Pour être acceptable, le système de mesure doit minimiser le bruit, c’est-à-dire les éléments qui ont une influence directe sur les X. Le système accepte néanmoins un écart-type minimal. L’approche Six-Sigma met donc l’accent sur l’assurance qualité, ce qui ultimement réduira ou éliminera tout besoin en contrôle de qualité. »

Ainsi, en étape de planification des travaux, l’assurance qualité inclura des programmes d’échantillonnage rigoureux, avec des protocoles écrits, afin de standardiser les procédures. Une surveillance constante de l’échantillonnage et du processus d’acquisition de données sera essentielle afin d’assurer la conformité du processus avec les protocoles préétablis.

« Le système d’analyse devra également tenir compte de la norme NI 43-101, qui établit les standards au niveau de l’estimation des ressources minérales d’un site  », renchérit Charles Beaudry.

L’ICM fait ses devoirs

À la demande du comité des réserves et ressources minérales, l’Institut canadien des mines a dû revoir et mettre à jour ses définitions et standards, en 2014, afin qu’ils soient compatibles à certaines normes internationales, dont la norme National Instrument 43-101, les normes de la Canadian Securities Administrators (CSA), ainsi qu’aux demandes des Nations Unies.

L’ICM s’est donc penché sur 15 points entourant l’exploration minière afin d’en définir les bonnes pratiques (voir site de l’ICM). Dans ses grandes lignes, le guide de l’ICM prévoit que le processus minier soit supervisé par une personne qualifiée, à chacune de ses étapes, et que celle-ci devra s’assurer de la qualité du processus, des méthodes employées, de la véracité des données recueillies et de l’interprétation qu’elle en fera.

Aussi, la personne qualifiée devra s’assurer de la crédibilité et du professionnalisme des laboratoires d’analyse avec lesquels elle transigera.

Éviter les scandales boursiers

En 1995, le scandale Bre-X ébranle les marchés boursiers. Des milliers d’investisseurs sont floués par des projections en réserves d’or qui, par la suite, se sont avérées inexistantes.

Afin d’éviter tout autre scandale boursier similaire, les autorités financières canadiennes, les Commissions des valeurs mobilières provinciales, regroupées en association (ACVM), ont élaboré la norme 43-101. Cette norme visait trois objectifs précis : rehausser la confiance des investisseurs, établir des règles de contrôle strictes et redorer l’image de l’industrie minière. À la fin du 20e siècle, l’image générale d’une mine d’or se résumait à « un trou dans le sol avec un menteur à sa tête ».

Dorénavant, toute entreprise minière devra fournir une information fiable, basée sur l’opinion d’experts, relevant des bonnes pratiques établies et, surtout, dans une terminologie uniforme.

L’industrie minière est donc désormais mieux encadrée afin que le vrai portrait des différents projets qui jalonnent le Canada soit des plus véridiques et conforme à la réalité.

Saviez-vous que?

  • Au 31 décembre 2014, on comptait 1 492 sociétés minières inscrites à la Bourse de Toronto au sein du groupe TMX ?
  • C’est à la suite du scandale Bre-X en 1995 que les bonnes pratiques minières ont été développées?

 

Lien vidéo:

  1. Entrevue avec Tom Butler, président de l’ICMM

PDF

  1. Position de l’ICMM (Anglais)
  2. La norme National Instrument NI 43-101

 

 

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