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L’Internet des objets, le facebook des machines

Que diriez-vous d’avoir accès sur votre cellulaire à la température d’un four ou d’un compresseur ou encore que votre technicien effectue à distance la maintenance d’une machine déjà programmée ? Que pensez-vous d’être informé de l’usure d’une pièce vous évitant un arrêt de production ? C’est pourtant ce que promet l’Internet des Objets ( IdO ), ces nouvelles technologies qui viennent changer la façon de gérer une organisation et de faire des affaires.

Au-delà de 30 milliards « d’objets communicants » seraient probablement en fonction aujourd’hui sur la planète. Reliés à Internet, ces appareils dits « intelligents » ( voitures, thermostats, ascenseurs, pipelines, machines-outils, équipements médicaux, etc. ) communiquent entre eux, échangent de l’information ou encore sont susceptibles d’effectuer une action concrète ( ex. : percer un trou, sabler une surface, etc. ), et ce, sans intervention humaine. Ainsi, un réseau de capteurs, transmetteurs, périphériques et autres dispositifs envoie de l’information en temps réel ou encore transmet une information brute ( température, pression, qualité de l’air, etc. ).

L’heure est au Big Data

Néanmoins, quel système peut bien recevoir autant d’informations sans flancher ? Selon Hakim Rouab, président de DataToWeb, « Auparavant, il aurait été difficile de répondre à des millions de requêtes en même temps et de traiter ces données sans ralentir. À titre d’exemple, pour le logiciel Microsoft Excel, traiter 100 000 lignes dans une feuille Excel est du Big Data, car il n’est pas capable de bien fonctionner avec ce volume de données.

Mais aujourd’hui avec l’infrastructure et les technologies web disponibles, il n’y a pas de ralentissement, et ce, peu importe les milliards de données échangés. Des technologies Open Source peuvent être déployées au travers de l’infrastructure du client ou simplement sur une infrastructure louée en ligne. Auparavant, les coûts d’infrastructure étaient prohibitifs ; aujourd’hui, il est possible d’obtenir la même fiabilité que Google pour 5 $ par mois. »

« Dans les années 2000, nous étions dans l’ère de l’interaction avec l’internet où les gens pouvait interagir avec le contenu sur Internet et nous avons vu naître Wikipédia, Facebook et les autres plateformes de média sociaux. Aujourd’hui, nous sommes à l’ère de l’intégration où de plus en plus d’appareils échangent des données avec le web comme les voitures, les téléphones mobiles ou les frigos. » – Hakim Rouab, Président de DataToWeb

Mais qu’en est-il de la sécurité des données et de la confidentialité avec autant d’informations circulant sur le nuage ? « Qui dit données exige sécurité, ajoute Martin Bélanger, directeur général chez TELUS Technologie. Les données auxquelles vous avez accès vous appartiennent. Vous êtes donc responsable de leur sécurité. C’est l’un des principaux enjeux reliés à l’IdO auxquels les entreprises doivent accorder une importance capitale. Ces données comprennent de l’information confidentielle et personnelle sur vos clients. Il faut donc tout mettre en œuvre pour éviter qu’elle soit divulguée. »

Par ailleurs pour faire parler les choses aujourd’hui, il en coûte beaucoup moins cher qu’auparavant. « Pour l’installation d’un capteur sur un compteur d’Hydro-Québec, mentionne M. Rouab, nul besoin d’électricien, de câblage ; c’est installé sur un compteur avec les technologies cellulaires. On envoie cela en ligne et notre client a accès aux informations directement.

Ainsi, on transforme un projet de 25 000 $ en 5000 $ en un après-midi au lieu de deux mois. » De plus, le coût des équipements, outils, instruments est en baisse en raison de la forte demande pour ceux-ci.

Applications « intelligentes »

De l’appareil pouvant régler le chauffage ou la climatisation à distance, d’un moyen pour le contrôle de l’accès à un édifice ou encore un dispositif permettant de gérer l’inventaire et l’approvisionnement de façon complètement automatique, les applications ne manquent pas et tous les secteurs sont ciblés.

©Audrey Popov / Shutterstock. Travailleur installant du câblage électronique.

©Audrey Popov / Shutterstock. Travailleur installant du câblage électronique.

Dans le domaine de l’automobile par exemple, un capteur envoie un signal aux fournisseurs après avoir constaté le matin un manque imminent de pièces pour terminer la production de véhicules prévus pour l’après-midi. Le quart de production suivant, les pièces sont offertes et la chaîne suit son cours.

« En aéronautique, les grandes quantités de données d’inspection sont très importantes pour contrôler les non-conformités, explique Geneviève Lefebvre, directrice de projet au CEFRIO. Ainsi, la machine qui effectue l’inspection reçoit automatiquement l’information de la machine qui a usiné la pièce. Cette dernière est en mesure de réagir immédiatement pour corriger le tir dès la prochaine pièce. »

D’autres applications touchent le domaine des transports. On est maintenant en mesure de contrôler la vitesse d’une locomotive pour des raisons de sécurité ou encore ordonner l’ouverture d’un pont mobile à l’approche d’un bateau. De plus dans le domaine de la distribution, la plupart des chaînes d’approvisionnement aujourd’hui sont dotées de systèmes de supervision et de suivi automatique. Enfin dans les supermarchés, des numériseurs portatifs permettent aux consommateurs d’enregistrer leurs achats.

L’ère de l’intégration de l’Internet des Objets

On s’attend à une augmentation des dépenses dans l’Internet des objets de plus de 20 milliards de dollars au Canada d’ici 2018. « Dans les années 2000, nous étions dans l’ère de l’interaction avec l’Internet où les gens ont pu interagir au contenu sur Internet et nous avons vu naître Wikipédia, Facebook et les autres plateformes de média sociaux. Aujourd’hui, nous sommes à l’ère de l’intégration où de plus en plus d’appareils échangent des données avec le web comme les voitures, les téléphones mobiles et les frigos », conclut le président de DataToWeb.

« Quand beaucoup d’objets et de machines seront connectés au web, il ne sera pas surprenant de voir apparaître un Facebook des machines où, un peu comme les humains, ils échangeront leur état et agiront en fonction des états des autres machines de leur environnement. Exemple : ma température est de 200°C, la composante 24510 a besoin de fini à 0.004 mm, le procédé est terminé, etc. »

Saviez-vous que?

  • Le secteur de la maintenance, notamment prédictive (gestion d’infrastructures industrielles à distance), peut largement bénéficier de l’Internet des objets, estiment les experts, avec des gains potentiels de l’ordre de 30 % sur les coûts de maintenance et une diminution d’environ 70 % des incidents?

 

Liens Internet:

  1. DataWeb
  2. Telus

Lien vidéo:

  1. STEEC activitiés

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