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La faiblesse des prix retarde les projets

Proposée en septembre 2014, puis adoptée par l’Assemblée nationale le
4 décembre dernier, la loi sur la Société du Plan Nord avait comme principal objectif la création d’un organisme public de coordination afin de mieux encadrer les efforts de développement dans le Nord québécois. Opérationnelle depuis le 1er avril, la Société du Plan Nord comprend, entre autres, l’Assemblée des partenaires, une constituante primordiale qui pourra soumettre des avis et des recommandations au ministre.

C’est à la Société qu’est revenue la tâche de nommer les membres de l’Assemblée afin qu’elle soit représentative des communautés locales et autochtones. Parmi ceux-ci, les maires de Sept-Îles, Réjean Porlier, et de Fermont, Martin Saint-Laurent, qui est aussi Préfet de la MRC de Caniapiscau, ont bien voulu partager leurs positions respectives quant à la transformation des métaux.

« Évidemment, des projets de deuxième ou troisième transformation sont importants pour les localités. Dans Caniapiscau, c’est le calme plat dans ce domaine. Tout est dirigé vers Sept-Îles entre autres. Avec la baisse du prix des métaux, des villes comme Schefferville sont en attente de projets structurants. Mais tout dépend des possibilités de marchés. Il est évidemment plus facile d’exporter des boulettes de fer que des poutrelles d’acier.

L’importance réside donc dans la bonne nature des projets afin d’attirer les entreprises créatrices d’emploi. Nous disposons des ressources hydroélectriques permettant l’exploitation des matières premières. Si par contre des régions comme la Côte-Nord pouvaient obtenir l’alimentation en gaz naturel, l’avantage concurrentiel pour les entreprises productrices serait énorme. Les coûts de production diminueraient considérablement. Pour l’instant, les demandes de développement se font attendre, en raison du prix des principaux métaux », nous explique Martin Saint-Laurent.

De son côté, le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, n’entrevoit rien de concret sur le plan des garanties et confirme les propos de son collègue.

« Je ne vois rien qui puisse nous laisser espérer qu’une quelconque transformation se fera ici. L’enjeu est étroitement lié à l’accès au gaz naturel comme source d’énergie. Pour l’instant, le gaz naturel ne se rend pas sur la Côte-Nord. C’est un dossier connu du gouvernement. Toutefois, un projet-pilote est prévu pour 2016. Mais sans cette énergie, la transformation serait difficile. Des entreprises ont même abandonné leurs projets ici, en l’absence de cette source d’énergie plus rentable, et ce même si la région répondait à tous leurs autres besoins. On travaille fort pour attirer les investissements en transformation. Peut-être que la relance du Plan Nord nous y aidera. »

À la Société du Plan Nord, instance émanant du Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, on se réfère à la Loi sur les mines.

« La loi comprend des dispositions qui visent à maximiser les retombées économiques. Ces dispositions sont en vigueur, peu importe l’endroit du bail, qu’il soit sur le territoire du Plan Nord ou non. La loi sur les mines exige le dépôt d’une étude d’opportunité économique et de marché pour la transformation au Québec.

Il s’agit d’une condition pour obtenir ou renouveler un bail minier. En lien avec cette exigence, le gouvernement peut également, pour des motifs raisonnables et au moment de la conclusion du bail seulement, exiger la maximisation des retombées économiques en territoire québécois de l’exploitation des ressources minérales autorisées en vertu du bail », explique le porte-parole au Ministère, Nicolas Bégin.

L’article 17 de la loi sur les mines est on ne peut plus clair à cet effet. Il stipule que, dans une perspective de développement durable, la prospection, la recherche, l’exploration et l’exploitation des substances minérales doivent être favorisées, tout en assurant aux citoyens québécois une juste part de la richesse créée. La loi vise également à développer une expertise locale en transformation de ces ressources.

Reste à savoir maintenant si l’implantation d’infrastructures concurrentielles permettra à court et moyen termes un tel développement. Déjà, le budget 2014-2015 du ministre Leitao prévoyait 63 M$ pour financer les travaux d’infrastructures routières : un pas dans la bonne direction.

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