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Entreprendre Sherbrooke : repositionner Sherbrooke sur le plan économique par l’entrepreneuriat

Entrevue avec le maire Bernard Sévigny.

Le contexte de morosité des finances publiques qui touche présentement le Québec, et qui secoue la structure institutionnelle qui caractérise si bien la région de Sherbrooke, oblige la municipalité à se repositionner sur le plan économique par l’entrepreneuriat. C’est dans ce cadre qu’est né le programme Entreprendre Sherbrooke.

Bernard Sévigny.

Bernard Sévigny.

Selon le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, le contexte pour le moins « difficile » des finances publiques représente une occasion rêvée pour la région de redéfinir une stratégie visant à développer davantage l’entreprise privée plutôt qu’institutionnel, d’où l’initiative de mettre en place Entreprendre Sherbrooke.

« Au cours des deux dernières années, nous gérons la décroissance sur le plan public, dit le maire Sévigny. Cette « crise » des finances publiques fait en sorte qu’il y a actuellement des rationalisations, compte tenu du fait que nous avons des universités, trois cégeps et le Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie-CHUS. Avec Entreprendre Sherbrooke, l’objectif se voulait donc à la base de stimuler, favoriser et développer l’entrepreneuriat chez nous. Nous voulions profiter du timing économique pour nous repositionner sur le plan de l’entrepreneuriat au Québec. »

L’objectif : renverser la vapeur

L’idée a été lancée le 30 mars dernier dans le cadre d’un souper annuel de la Chambre de commerce de Sherbrooke (CCS), mais ce n’est que le 11 juin dernier, en présence de plusieurs partenaires, qu’Entreprendre Sherbrooke a procédé au lancement officiel de ses activités.

Cela culminera ensuite jusqu’à la fin du mois de novembre prochain avec un exercice au cours duquel sera dévoilé un plan d’action « réaliste » qui contiendra un certain nombre de projets et d’outils afin de soutenir le développement de l’entreprise et pour favoriser un meilleur encadrement entrepreneurial à
Sherbrooke.

Les coupures dans les Centres locaux de développement (CLD) et l’abolition annoncée des Conférences régionales des élus (CRÉ) par le gouvernement du Québec font partie de la turbulence à laquelle l’administration municipalité a dû faire face.

« Notre initiative n’est pas une décision spécifique en réaction aux décisions prises par le gouvernement, mais c’est plutôt l’ensemble des rationalisations parce que nous sommes dans une zone de turbulence sur le plan des dépenses publiques depuis 18 derniers mois, ajoute Bernard Sévigny. Cela a donc eu pour effet de générer une atmosphère négative, mais nous nous sommes dits que nous voulions renverser la vapeur en voulant profiter de la période de redressement des finances publiques pour nous repositionner, développer des entreprises privées et soutenir l’entrepreneuriat chez nous. »

Pour les Jeux de la Francophonie en 2021?

D’autre part, le conseil municipal de la Ville de Sherbrooke a entériné une résolution, le 6 juillet dernier, afin de déposer officiellement le dossier de candidature de la municipalité pour y accueillir les Jeux de la Francophonie en 2021.

« Cela traduit très bien notre vision de la Ville, précise Bernard Sévigny. À Sherbrooke, le tourisme sportif représente près 70 % du tourisme. Il existe ainsi une tradition qui s’est construite au fil du temps sur la capacité d’attirer des événements sportifs d’envergure et cela a cheminé par la tenue des Jeux du Canada, en 2013. Il va sans dire que nous avons la capacité, la compétence et l’expertise pour le faire. »

À l’époque, comme Sherbrooke était dotée d’un budget de 50 M$, dont 19 M$ en infrastructures et 31 M$ en budget d’opération, ces Jeux ont permis de raffiner sa capacité d’accueillir de grands événements comme les Jeux de la Francophonie.

Les Jeux du Canda de 2013 avait permis à la municipalité d’avoir des retombées directes et indirectes d’environ 119 M$. C’était 10 délégations provenant des autres provinces du Canada, pendant une période de deux semaines, alors que les Jeux de la Francophonie, ce serait plutôt 57 délégations mondiales sur une période 11 jours !

En septembre prochain, le comité international des Jeux de la Francophonie sélectionnera trois villes avant que ne s’enclenche un long processus d’une année, qui mènera jusqu’en septembre 2016, pour le choix officiel de la ville hôte.

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