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Chute du dollar et du prix du baril de pétrole: une bonne affaire pour nos manufacturiers exportateurs ?

À première vue, oui. La baisse du dollar favorise nos exportations chez nos voisins du Sud. Et une chute du prix du baril de pétrole va contribuer à baisser les coûts de transport. Deux excellentes nouvelles qui rassurent des milliers d’entrepreneurs après des années difficiles.

Plusieurs m’ont confirmé leur optimisme et je partage les mêmes réactions. Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) s’attend à une augmentation de 15 % de nos exportations vers le sud de la frontière cette année. N’est-ce pas là réjouissant?

Ceci dit, il y a le revers de la médaille. Contrairement à ce que l’on peut penser, la faiblesse de notre devise entraîne des difficultés dans certains secteurs de notre économie. Surtout pour les entreprises qui doivent importer leur matière première des États-Unis.

C’est notamment le cas dans la plasturgie du fait que la résine et certains modèles de production ne sont pas d’ici. Inévitablement, les coûts sont plus élevés pour fabriquer les produits au Québec. Les entreprises exportatrices peuvent réussir à équilibrer leur budget en se rattrapant au moment d’exporter, mais pour celles qui se concentrent au Québec ou ailleurs au pays, cela représente une perte sèche.

Un deuxième point est celui du Buy American Act. Mine de rien, mais les mesures protectionnistes américaines viennent faire mal à plusieurs d’entre nous. Même avec un dollar canadien plus faible, bon nombre d’Américains préfèrent payer plus cher pour encourager les produits fabriqués chez eux.

Pourtant, cela va à l’encontre de l’esprit du traité de libre-échange entre nos deux pays, en vigueur depuis 2012 pour les États et bientôt étendu aux contrats octroyés par l’administration fédérale. En termes clairs, le secteur de l’acier ne pourra plus soumissionner pour l’octroi de contrats dans les infrastructures publiques de transport.

Dans ces conditions, et je ne fais que poser la question : est-ce qu’un dollar plus faible nous favorise tant que ça ?

Éric Pageau, éditeur

 

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