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Investissements et baisses des prix

Marquée principalement par une baisse des cours de la plupart des métaux, l’année 2014 aura néanmoins permis à certains grands joueurs de réaliser d’importants investissements afin de moderniser des installations vieillissantes alors que d’autres ont décroché d’importants contrats.

Principalement causé par une baisse de la demande par les Chinois et une hausse de la production mondiale, le cours du fer est celui qui a connu la plus forte dépréciation en 2014.

En effet, alors qu’il se transigeait à 135,00 $ la tonne en début d’année, le fer se vendait à peine à plus de 72,00 $ US la tonne en décembre, une baisse de 49 %. Selon le vice-président d’ArcelorMittal Exploitation minière Canada, Monsieur Pierre Lapointe, l’industrie du minerai de fer ne traverse pas qu’un cycle baissier, mais aussi un changement structurel.

« On espère que la dégringolade tire à sa fin, mais la multinationale n’exclut pas que les cours descendent jusqu’à 65$US l’an prochain, voire plus bas. »

Le cours du fer a chuté de moitié en 2014, passant de 135 à 72$ la tonne

Un constat similaire s’applique au cours de l’acier qui, en un an, a chuté de plus de 7 %. Comme l’acier est un des métaux les plus utilisés dans le monde, son prix est hautement dépendant de la conjoncture économique et de la demande industrielle. Par contre, le prix de l’acier inoxydable, utilisé notamment dans la fabrication de pièces automobiles, de couteaux, d’électroménagers, dans la construction, l’industrie alimentaire et pétrochimique tout autant que dans certaines applications médicales, a connu une hausse appréciable (9,2 %), même si pour le seul mois de novembre son cours a chuté de 6,1 %.

L’aluminium, quant à lui, s’est apprécié d’environ 17 % au cours de la dernière année. Mais comme la fabrication d’aluminium nécessite une grosse quantité d’énergie, son prix est étroitement lié à celui du pétrole. Une correction est donc envisageable à court terme. D’autres métaux comme le cuivre (-5 %), utilisé notamment dans la fabrication de câbles, de batteries, de circuits électroniques et de pièces de tuyauterie, et le zinc (-20 %), ont également connu des chutes de leur cours, forçant les producteurs à réagir.

Certains n’ont eu d’autre choix que d’annoncer la fermeture de leur mine. Ce fut le cas notamment pour la société minière américaine Cliffs Natural Resources, qui exploitait une mine de fer à Fermont, entraînant la perte de quelque 500 emplois. D’autres, par contre, ont annoncé d’importants investissements.

En septembre dernier, Rio Tinto Alcan annonçait des investissements de 14,8 millions de dollars à son usine d’Alma, afin de moderniser plus d’une centaine d’équipements qui lui permettront d’augmenter sa production annuelle d’aluminium de 12 000 tonnes.

« Plus d’une centaine d’équipements seront modifiés et entraîneront l’augmentation de l’ampérage des cuves de l’usine. Ce projet permettra également à l’Usine Alma de poursuivre ses efforts de réduction de ses émissions atmosphériques, » a ajouté Guy Gaudreault, directeur de l’Usine Alma, dans un communiqué du 9 septembre dernier.

À Sorel-Tracy, Rio Tinto Fer et Titane a investi plus de 27 millions de dollars dans le remplacement des coquilles des convertisseurs, qui dataient de 1996. De son côté, la société Orbite Aluminae a amorcé en 2014 les travaux de construction d’une nouvelle usine d’alumine de haute pureté (HPA), projet de 117 millions de dollars annoncé en juin 2013.

Toutefois, des non-conformités susceptibles de causer des ennuis d’intégrité mécanique ont retardé la mise en production commerciale de l’usine HPA, qui sera reportée d’un trimestre, soit au 3e trimestre 2015. Des projets comme les 650 millions de dollars annoncés pour l’agrandissement éventuel du Port de Montréal à Contrecoeur, où transborde principalement du minerai de fer, pourraient avoir un impact positif sur l’industrie.

Cet agrandissement serait rendu nécessaire par l’atteinte imminente de la capacité de traitement de conteneurs aux installations de Montréal d’ici 2021.

Face à une transformation des conditions de demande et d’offre à l’échelle mondiale, l’industrie québécoise doit s’adapter. La croissance de marchés émergents tel que celui de la Chine (12 % de la consommation mondiale d’aluminium en 2000, 46 % en 2013) représente des défis stimulants pour notre industrie métallurgique, qui déjà annonce ses couleurs pour participer à la valse.

Saviez-vous que?

  • La part de la consommation mondiale d’aluminium de la Chine est passée de 12 % en 2000 à 46 % en 2013

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