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Santé et hygiène industrielles. Innover pour la sécurité des travailleurs

Selon la Commission de la santé et sécurité au travail (CSST), 63 personnes sont décédées des suites d’un accident de travail en 2013, sans compter les 83 458 travailleurs qui se sont blessés dans l’exercice de leur fonction. Des chiffres qui démontrent que les questions de santé et sécurité sont loin d’être dépassées.

Pour diminuer ces incidents, la meilleure arme demeure la prévention, mais encore faut-il savoir quels éléments prendre en considération. C’est le rôle de Santinel, une entreprise spécialisée en santé et sécurité au travail.
« Les milieux de travail sont très différents les uns des autres. La première chose à faire est d’effectuer une analyse industrielle et ainsi établir un plan d’action et de redressement. C’est ce qu’on appelle un audit. Cela peut s’étaler sur plusieurs années », mentionne Vincent Côté, directeur ventes et développement des affaires chez Santinel.

Si l’entrepreneur désire aller plus loin, vient alors l’étape de l’analyse de risques. Le consultant arpente les usines et repère les endroits, les machines et les façons de faire problématiques.

« Les solutions présentées doivent être acceptées des travailleurs pour que ceux-ci n’aient pas envie de contourner le système de sécurité. On doit se mettre dans sa peau et les impliquer dès le début du processus »- Vincent Côté, directeur vente et développement des affaires chez Santinel.

« Cela peut être demandé à la suite d’un accident ou parce qu’il s’agit d’un nouveau poste de travail. Nos employés ont la tâche d’observer le travailleur et son environnement. Par exemple, on peut analyser les contraintes ergonomiques, établir si les outils ou les équipements de protection individuelle sont adéquats. »

Après ces observations, des solutions sont proposées. Celles-ci doivent être simples, ne pas diminuer la production, respecter les normes de sécurité, mais surtout elles doivent recevoir l’aval des travailleurs.

« Les solutions présentées doivent être acceptées des travailleurs pour que ceux-ci n’aient pas envie de contourner le système de sécurité. On doit se mettre dans leur peau et les impliquer dès le début du processus », souligne M. Côté.

Il n’y a pas que dans la mise en place de solutions que le travailleur est impliqué, mais également au niveau de la formation. Si quelques employés peuvent à prime abord être réfractaires à l’idée de suivre encore une autre formation, plusieurs changent d’idée en cours de route.

« Rafraîchir ses connaissances n’est jamais mauvais. D’autant plus qu’on ne retient jamais tout ce qu’une personne nous enseigne. Il n’est pas rare d’entendre quelqu’un nous dire qu’il ne pensait pas apprendre quelque chose aujourd’hui, et ce, même s’il travaille depuis 25 ans au même endroit. »

Comme dans bien des domaines, les formations les plus demandées suivent des tendances. Celles-ci sont souvent dictées par des changements réglementaires.

« Nous avons eu un boom pour les chariots élévateurs. Les formations sur le cadenassage, le sauvetage en espace clos sont aussi encore très populaires. Dans les prochaines années, l’ergonomie va reprendre sa place avec le vieillissement des travailleurs », note M. Côté.

Innover pour la sécurité

Le monde du travail est loin d’être statique et il en est de même pour la santé et sécurité. Au même titre que les accidents de travail, l’innovation ne prend pas de vacances.

Au Québec, l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité du travail (IRSST) travaille sans relâche sur la prévention durable en SST et environnement de travail, la prévention des risques chimiques et biologiques, la prévention des risques mécaniques et physiques et la réadaptation au travail. Uniquement l’an dernier, l’IRSST a travaillé sur 172 projets.

« Il n’y a pas de “trip” de chercheur chez nous. C’est le milieu qui décide de ses besoins et qui nous donne des mandats », stipule Jacques Millette, responsable des affaires publiques, stratégies de communication extérieure. Si 80 % des activités concernent des problèmes récurrents comme les chutes en hauteur, la manutention, etc.

20 % s’orientent vers des problématiques en émergences. « Par exemple : les nanoparticules comportent des risques récents. Il ne suffit plus d’avoir un filtre ordinaire pour se protéger. Nous avons documenté le problème et rédigé un guide qui a même été traduit en japonais à la suite d’une demande ce pays », note M. Millette.

Si la province innove et exporte ses recherches, elle s’inspire aussi de ce qui se fait à l’étranger. Par exemple, la technique des 5 S (éliminer, ranger, nettoyer, standardiser et respecter le standard), élaborée par Toyota, est de plus en plus utilisée par les entrepreneurs d’ici.

Cet outil peut augmenter la productivité, mais aussi améliorer la santé et la sécurité des travailleurs. « En implantant cette façon de faire dans l’organisation, chaque travailleur est responsable de son poste de travail, c’est-à-dire d’éliminer les instruments qui ne lui servent pas, de ranger les outils à leur place, de nettoyer le poste de travail et le contremaître a le pouvoir d’avertir un travailleur ou même de le sanctionner s’il ne se conforme pas à ces règles. Une organisation du travail où chaque chose à sa place contribue à réduire les risques d’accident », expliquent Olivier Thibault Landry et David Labrecque sur le site Internet wordpress.com.

Saviez-vous que?

  • Près de 188 000 employeurs sont inscrits au régime de la CSST et versent une prime d’assurance ?
  • Près de 3,6 millions de travailleurs sont assurés à la CSST ?
  • En 2009, près de 100 000 travailleurs ont été victimes d’accidents ou de maladies professionnelles ?
  • La CSST verse 1,8 milliard de dollars en frais d’indemnisation et de réadaptation ?
  • Depuis 10 ans, malgré une augmentation de plus de 350 000 travailleurs assurés, le nombre d’accidents et de maladies professionnelles a diminué de 33 % au Québec ?
  • Au Québec, près de 4 000 employés font de la prévention leur engagement quotidien ?
  • Les accidents de travail sur les chantiers de construction sont en baisse depuis 2004 et ont diminué de 20 % malgré une augmentation des heures travaillées ?
  • Les cas à risque de chronicité ne représentent que 4 % des dossiers de la CSST, mais accaparent 75 % des coûts d’indemnités de remplacement de revenu ?
  • 32 jeunes se blessent chaque jour au travail ?
  • Depuis 2009, la CSST a enregistré une baisse de 8 % des lésions professionnelles, et ce, malgré une augmentation constante du nombre de travailleurs couverts par la CSST ?

 

Liens Internet:

  1. http://www.csst.qc.ca
  2. http://www.santinel.com/
  3. http://www.irsst.qc.ca/
  4. http://www.travail.gc.ca/fra/sante_securite/index.shtml
  5. http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/S_2_1/S2_1.html

Liens vidéos:

  1. http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2014/04/28/002-quebec-184-morts-lies-au-travail-2013-jour-commemoratif-personnes-decedees-ou-blessees.shtml
  2. https://www.youtube.com/user/LaCSST
  3. https://www.youtube.com/watch?v=PpSPWBaSX2M
  4. http://www.csst.qc.ca/asp/innovation/a_2013_gasp.html#

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