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« La tendance à l’automatisation et à la robotisation est irréversible »

– Alain Ouellette, directeur exécutif, GE

Le marché de l’aéronautique n’est plus ce qu’il était autrefois. La concurrence des pays émergents est forte et la qualité d’un produit doit être la même, sinon supérieure, à un coût moindre. Les fournisseurs, petits et grands, n’ont plus le choix d’automatiser et de robotiser leurs activités pour demeurer dans le marché.

« Nous avons des clients qui veulent acheter des moteurs à moindres coûts, des passagers qui veulent voyager à moindres coûts et des lignes aériennes qui veulent opérer leurs moteurs à moindres coûts, voilà la tendance du marché, » explique Alain Ouellette, directeur exécutif chez GE à Bromont.

Le fabricant de moteurs d’avions GE a investi quelque 60 M$ au cours des dernières années pour adopter de nouvelles technologies à sa production, dont 30 M$ ont été consacrés à la création de 4 nouveaux centres : centre en robotique et automatisation, centre d’essais, centre de génie conception et centre en R&D (développement de pièces de compresseurs).

« Il y a beaucoup plus à faire par rapport à ce qui a été réalisé à ce jour. Si nous voulons combattre la tendance mondiale d’aller vers les pays émergents pour s’approvisionner à des coûts moins élevés, je crois qu’il faut rouver des moyens comme la créativité, la rapidité et l’innovation pour être en mesure d’offrir des prix concurrentiels », poursuit Alain Ouellette.

Chez Aéro Montréal, on admet que l’automatisation des activités a pour effet de réduire le nombre d’employés mais que la productivité augmente par ailleurs.

« L’aéronautique est malheureusement un secteur souvent artisanal et nous sommes conscients qu’il y aura une pénurie de main-d’œuvre. C’est la raison pour laquelle les entreprises doivent penser à investir dans la fabrication avancée », indique Suzanne Guay, présidente-directrice générale chez Aéro Montréal.

Retard

Selon une étude publiée par le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ), 7 entreprises sur 10 dans le secteur aéronautique au Québec n’ont pas adopté le virage de l’automatisation et de la robotisation de leurs activités.

Ce constat inquiète Aéro Montréal qui demande à Québec de songer à venir en aide aux PME ou grandes entreprises pour les aider à adopter les technologies numériques.

Les entreprises doivent penser à investir dans la fabrication avancée» - Suzanne  Benoit , présidente-directrice générale chez Aéro Montréal. Crédit photo : Aéro Montréal

Les entreprises doivent penser à investir dans la fabrication avancée» – Suzanne Benoit , présidente-directrice générale chez Aéro Montréal. Crédit photo : Aéro Montréal

« Cela va représenter sans aucun doute des gains substantiels pour la compétitivité de l’industrie aérospatiale. Dans sa politique de l’industrie manufacturière, le gouvernement confirme que des montants sont réservés pour accompagner les PME désireuses d’implanter ces nouvelles technologies », affirme Suzanne  Benoit.

Programme MACH

Les entreprises peuvent aussi s’orienter vers le programme MACH d’Aéro Montréal pour les aider dans leur parcours vers l’adoption de méthodes de fabrication avancées. Quel est l’objectif de ce programme ?

Renforcer les entreprises et la structure de la chaîne d’approvisionnement. Comment ? En misant sur les liens privilégiés de collaboration entre clients et fournisseurs ainsi qu’en assurant la mise en œuvre de stratégies et de projets qui aideront à combler les écarts en matière de capacités d’intégration au Québec.

« Nous voulons optimiser la performance de la chaîne d’approvisionnement aérospatiale québécoise afin d’augmenter sa compétitivité à l’échelle mondiale », poursuit Suzanne Guay.

Cellules intelligentes

Chez le fabricant de moteurs Pratt & Whitney, des cellules intelligentes accomplissent déjà le travail normalement dédié à un employé. Ces cellules sont capables de prendre des décisions pendant la production d’un moteur.

De son côté, GE à Bromont utilise 327 robots dans l’automatisation de ses activités.

À l’heure où les Chinois sont les plus gros utilisateurs de robots au monde, le Québec doit agir rapidement pour ne pas perdre sa place. C’est une course contre la montre où personne ne peut savoir lequel arrivera en premier au fil d’arrivée.

Saviez-vous que?

  • 7 entreprises sur 10 dans le secteur aéronautique au Québec n’ont pas adopté le virage de l’automatisation et de la robotisation de leurs activités ?

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