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Transfert technologique: un moteur à l’innovation

Des signes vitaux transmis à distance grâce à un vêtement intelligent, de l’huile de friteuse transformée en antirouille, une machine robotisée pour l’élagage des arbres, des innovations qui n’appartiennent plus au futur et qui sont aujourd’hui bel et bien en usage dans des entreprises.

Des idées créatrices sorties de la tête d’entrepreneurs audacieux, les 46 Centres collégiaux de transfert technologique (CCTT) de la province en réalisent en moyenne 8 000 par année.

Elles ne sont pas toutes aussi spectaculaires, mais elles permettent aux PME de rester en affaires et de concurrencer leurs compétiteurs d’ici, mais aussi d’ailleurs.

« Nous avons une moyenne de 3 800 clients dont la majorité sont des PME, mentionne Claire Boulé, coordonnatrice générale du Réseau Trans-Tech. Il peut s’agir d’innovations ou de produits qui existent déjà dont nous adaptons le procédé, des solutions technologiques que nous développons ou améliorons. Nous soutenons aussi les entreprises dans leur processus de changement technologique. »

La mission des CCTT est de répondre aux besoins des industriels, mais l’inverse survient parfois. « Un CCTT a développé un laser capable d’effectuer une soudure qui correspond au besoin de l’industrie du transport. Dans ce cas, c’est nous qui avons offert notre recherche à l’industrie », dit Mme Boulé.

Des investissements dans des secteurs clés

Si les CCTT sont présents dans tous les domaines d’activités, même dans le secteur des sciences sociales, il n’en demeure pas moins que l’aéronautique, le  transport, les jeux vidéo et l’informatique se démarquent.

« Les entreprises n’ont pas le choix d’être créatives si elles veulent survivre. Même la Chine innove » – Claire Boulé, coordonnatrice générale du Réseau Trans-Tech.

« Avant c’était le domaine pharmaceutique qui était à l’avant-garde. Maintenant, des investissements du gouvernement priorisant ces secteurs ainsi que la présence d’entreprises comme Bombardier et Pratt and Whitney font en sorte que ceux-ci sont en avant-plan », note Mme Boulé.

Des entreprises frileuses

Mme Boulé croit que le nombre de projets va aller en augmentant au courant des prochaines années en raison de la mondialisation.

« Les entreprises n’ont pas le choix si elles veulent survivre. Même la Chine innove. » À l’heure actuelle toutefois, les entreprises canadiennes seraient frileuses et seraient en retard sur bien des plans si on les compare à d’autres pays comme le constate Cyril Devauchelle, directeur du développement des affaires pour le CCTT Oléotek, spécialisé en oléochimie industrielle.

« Quand on parle de chimie verte, nous sommes en retard. L’Europe est beaucoup plus avancée que nous. »

Plusieurs facteurs expliquent cette situation, la méconnaissance de l’existence des CCTT et une crainte de la part des entreprises d’externaliser leurs recherches.

« La plupart de nos recherches sont confidentielles, mais les entrepreneurs ont quand même peur de se faire voler leur idée », dit M. Devauchelle.

La question financière est aussi un enjeu majeur. « Les recherches durent en moyenne six mois à un an. On parle d’un coût entre 40 et 50 000 $. On récupère 40 % de cette somme avec les crédits d’impôt. L’entrepreneur doit donc assumer près de 10 000 $. » Une somme que plusieurs ne sont pas prêts à investir d’autant plus qu’aucun résultat n’est garanti.

« Les échecs sont rares, mais ça arrive. Nous avons une garantie de moyens, mais pas de résultat », souligne M. Devauchelle

Si à l’heure actuelle, la présence des CCTT est loin d’être compromise, Mme Boulé s’inquiète quand même de l’avenir des activités de transfert technologique.

« Le gouvernement fédéral a coupé tout ce qui ne s’adresse pas directement aux entreprises. On parle de la recherche fondamentale et appliquée. Il y a là un danger parce que la force d’un pays est sa recherche et ce que nous appliquons dans les CCTT vient du travail qui a été effectué sur 10-15 voire 20 ans dans les universités et autres », commente Mme Boulé.

Saviez-vous que?

  • Les 46 CCTT regroupent plus de 1000 experts tant chercheurs, ingénieurs ou technologues que spécialistes détenteurs de doctorats, de maîtrises, de baccalauréats ou de techniques spécialisées.
  • Chaque dollar investi par le gouvernement en génère 4 $.
  • Les premiers CCTT ont vu le jour au début des années 1980.

 

Lien Internet:

  1. http://reseautranstech.qc.ca/
  2. http://www.oleotek.org/transfert

Lien youtube:

  1. https://www.youtube.com/watch?v=Ap8lE0M_Kqk
  2. https://www.youtube.com/watch?v=wksQjEQEJ4I 
  3. https://www.youtube.com/watch?v=sAhcMpmAF98

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