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PME minières. Faire connaître une industrie cachée

La plupart des classifications industrielles, comme les codes SIC ou encore la base de données du CRIQ, positionnent les PME minières, plus particulièrement les équipementiers, dans des secteurs d’activité autres, tels le transport, la machinerie diverse, etc. Les organismes de promotion et de développement québécois ont donc un rôle essentiel de promotion à l’étranger d’une industrie… cachée.

48e Nord international, en Abitibi-Témiscamingue et Commerce international Côte-Nord, travaillent assidûment pour faire connaître les PME minières de leur milieu respectif sur les marchés internationaux.

Pour ce faire, les commissaires industriels utilisent un tremplin puissant: la présence des sociétés minières canadiennes à l’étranger. En effet, celles-ci étaient présentes dans 106 pays en 2011, avec des actifs totalisant près de 150 milliards de dollars, soit environ 70% de leur valeur totale, estimée à 215,8 milliards en 2010.

Si elles désirent se positionner sur ces lucratifs marchés, et ainsi développer leurs activités à l’extérieur de leur localité, elles ont tout intérêt à travailler avec les commissariats industriels de leur région.

Le potentiel des pays émergents

Selon Mme Claude Thibault, directrice générale et commissaire industrielle pour 48e Nord international, les pays émergents pourraient modifier considérablement les paramètres stratégiques de l’industrie.

«Actuellement, près de la moitié des actifs miniers canadiens sont localisés dans cinq pays (Chili, Mexique, États-Unis, Argentine et Zambie). Des pays tels que la Colombie et l’Équateur en Amérique du Sud, la Tanzanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et la Guinée en Afrique, ainsi que les Philippines et la Mongolie en Asie-Pacifique sont autant de marchés susceptibles d’offrir un potentiel de croissance et de développement unique pour nos PME minières.»

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Dans cette optique, les douze missions commerciales mises en place par l’organisme en 2012-2013, qui regroupaient une centaine de PME minières, trouvent tout leur sens.

Avantages concurrentiels et défis

Les sociétés minières canadiennes, tout autant que les PME qui les servent, jouissent d’une excellente réputation sur les marchés internationaux. Leur expertise couvre tous les aspects du cycle minier.

De plus, elles sont passées maîtres dans l’exploitation minière souterraine dans des conditions difficiles (pergélisol). Elles ont également développé une compétence marquée dans le suivi de normes et de règlements rigoureux.

«Notre savoir-faire à travailler avec les peuples autochtones et notre expertise technologique font également en sorte qu’il est facile pour elles de s’adapter aux différentes conditions internationales», poursuit Mme Claude Thibault, ceci, sans compter la connaissance environnementale de ces sociétés, qui est maintenant reconnue mondialement.

Cependant, les PME minières, qui représentent plus de 80% des entreprises du secteur, font face à de nombreux défis.Peu expérimentées en exportation, les PME minières ne jouissent que d’une capacité limitée de commercialisation à l’étranger.

De plus, aux prises avec des enjeux constants de productivité, elles doivent souvent, voire exclusivement, développer des solutions clés en main, adaptées à chaque client, à chaque site minier et à ses conditions géophysiques.

Ces défis sont clairement identifiés dans une étude réalisée par la firme SECOR-KPMG en 2013. En effet, l’exportation de biens et services québécois n’atteignait que 25,7% du PIB, comparativement à 32,8% en Ontario et, en moyenne, 30% au pays. C’est peu face aux 48,5% observés en Suède, par exemple.

Toujours selon cette étude, menée auprès de 440 entreprises, les barrières linguistiques, la facilité commerciale des marchés de proximité, la spécialisation restreinte dans les secteurs d’exportation à grande valeur ajoutée et le manque de moyennes entreprises, dont la taille facilite le financement à l’exportation, constituent les principaux freins aux efforts déployés par les entreprises québécoises à l’international.

Plusieurs d’entre elles disposent du bon produit et des compétences nécessaires. Il ne leur manque que les ressources financières adéquates pour aller de l’avant.

SAVIEZ-VOUS QUE?

  • Près de 70% des investissements des sociétés minières canadiennes sont effectués à l’étranger?
  • Des pays comme le Pérou calquent le modèle environnemental québécois?

 

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