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Systèmes de contrôle en industrie : le Québec est-il en avance?

Déclin des manufactures de textile, usines de pâtes et papiers en perte de vitesse, fermeture du géant des télécommunications Nortel et de la raffinerie Shell à Montréal-Est… l’industrie au Québec a certainement reculé ces dernières décennies.

N’empêche que les Québécois peuvent encore se réjouir d’être les chefs de file dans certains secteurs industriels à l’échelle mondiale : en aérospatiale, en biotechnologies et dans l’industrie brassicole, par exemple.

En matière d’automatisation des chaînes de fabrication, on recourt principalement à des ordinateurs industriels appelés automates. On compte, parmi cette grande famille d’ordinateurs pour le milieu industriel, une infime gamme de systèmes de contrôle.

Toutefois, l’inventaire des types de systèmes de contrôle est colossal, et l’éventail des marques et des prix l’est tout autant. D’ailleurs, les deux facteurs à considérer, quand vient le temps de faire son choix, sont le coût et la capacité de l’automate. Ce dernier critère est évalué selon le nombre d’entrées et de sorties, c’est-à-dire les différents points de connexion avec des périphériques.

C’est ce qu’explique le spécialiste Sylvain Rodier, anciennement président de IMAC Automation et désormais vice-président de la société d’ingénierie spécialisée en automatisation et en robotique, notamment pour l’industrie aérospatiale, AV&R-IMAC, depuis la fusion récente des deux PME québécoises.

« Par exemple, un automate disposant de 50 points de connexion sera moins dispendieux qu’un automate qui en est pourvu de 2000. Alors, même les petits projets peuvent obtenir un retour d’investissement sur leur produit. »

L’ordre de grandeur des prix s’étend d’une centaine à des dizaines de milliers de dollars. Ainsi, une sélection judicieuse du système de contrôle pour un projet donné aidera certainement à l’obtention de bons résultats.

« Certaines industries ont des standards de production élevés et peuvent exiger le recours à des automates plus sophistiqués. Mais, il s’agit bien là de décisions corporatives, car le choix des automates dépend de la mentalité de la gouvernance. »

Retard ou avance dans les systèmes de contrôle?

La réponse pour M. Rodier est : oui et non. Celui qui se promène constamment en industrie note beaucoup de différences d’une industrie à l’autre. Certaines sont très bien outillées et à jour avec la technologie et le contrôle des procédés, alors que d’autres présentent des lacunes en automatisation.

« En général, les projets qui dénotent une production accrue sont souvent ceux pilotés par des industries qui ont pour philosophie d’investir dans les systèmes de contrôle », explique-t-il, admettant qu’il fait ce constat dès son entrée dans une industrie, sans égard au secteur.

Certaines industries ont des standards de production élevés et donc peuvent exiger le recours à des automates plus sophistiqués. Mais, il s’agit bien là de décisions corporatives, car le choix des automates dépend souvent de la mentalité de la gouvernance - Sylvain Rodier, vice-président d’AV&R-IMAC

Pour Éric Bélanger, président de l’entreprise AGT spécialisée en robotique industrielle, Québec est définitivement en retard non seulement par rapport aux autres pays, mais en Amérique du Nord.

« On trouve cinq fois plus de robots en industrie au Mexique qu’au Canada. Le fait que l’on traîne de la patte au niveau de l’implantation de nouvelles technologies de production affecte grandement la production », indique celui qui est également membre du conseil d’administration du Regroupement des équipementiers en automatisation industrielle (REAI). Quand les coûts de main-d’œuvre sont réduits d’environ 50 %, le budget des investissements peut bien être rehaussé.

Or, ce n’est pas d’hier que l’on reproche aux industries d’ici de plier bagage au profit des faibles coûts de main-d’oeuvre proposés en Chine, en Inde ou au Vietnam.

« Le gouvernement du Québec doit agir rapidement et proposer des avantages fiscaux pour que les entreprises manufacturières restent debout. Pour ce faire, il faut considérer deux facteurs importants : la formation de la main-d’oeuvre et l’équipement de production », termine-t-il.

Et qu’en est-il du volet de la sécurité ?

Il existe deux familles dans le domaine des systèmes de contrôle : les systèmes de contrôle de l’automatisation et les systèmes de contrôle de la sécurité. Pour des raisons de sécurité, ces deux appareils ont des fonctionnalités différentes.

Pendant que l’un gère l’automatisation, l’autre assure la sécurité, tous deux en parallèle. Cela permet de veiller constamment à la sécurité des opérateurs. En effet, si le système de contrôle de l’automatisation est en panne, le système de contrôle de la sécurité reste actif.

La constitution de ces systèmes fait en sorte qu’il y a redondance dans le système même. On parle aussi de différents niveaux de sécurité en fonction des degrés de risque : si la vie de quelqu’un est en danger, la catégorie de risque sera plus élevée. « Il y a un coût à la sécurité et il vient s’ajouter au coût de l’automatisation », résume Sylvain Rodier.

SAVIEZ-VOUS QUE ?

  • On retrouve cinq fois plus de robots en industrie au Mexique qu’au Canada.

Liens Internet:

  1. www.reai.ca
  2. http://www.imacinc.ca
  3. http://agtrobotics.com/

Liens vidéos:

  1. https://www.youtube.com/watch?v=pG8IdHN4Mb8
  2. https://www.youtube.com/watch?v=xHnYFzA1cpU
  3. https://www.youtube.com/watch?v=upN65qnrHl4
  4. https://www.youtube.com/watch?v=vcBFOp850Cw
  5. https://www.youtube.com/watch?v=gWg0GK7RAU4&list=PLA12D835CAC1DFA95

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