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La finance comportementale

(ou l’investisseur émotionnel par rapport à l’investisseur rationnel)

Depuis le lancement des comptes d’épargne libre d’impôt (CELI) en 2009, un nombre impressionnant d’articles analytiques ont été écrits sur le sujet.

Le comportement des investisseurs continue de surprendre les chercheurs qui s’appliquent à comprendre les réactions souvent contre-productives des individus qui investissent pour leur sécurité future.

Le sous-titre de cet article peut être mieux représenté par un exemple de comportement contradictoire souvent constaté chez le même individu qui possède une résidence et un portefeuille en actions. Supposons, pour un instant, que la valeur de la résidence ainsi que celle de son portefeuille d’actions subissent une baisse de 20 %.

Selon notre expérience, la réaction sera, la plupart du temps, complètement différente s’il s’agit des actions ou de la résidence. Qui penserait mettre sa résidence à vendre parce que les prix de l’immobilier ont chuté ? La grande majorité de la population n’y voit là qu’un phénomène passager qui va se résorber avec un peu de temps.

Pourquoi alors le même individu choisirait-il de vendre ses actions dans le même contexte et assumer des pertes inutiles ?

Quelques explications

Lorsqu’un événement marquant se produit qui nous affecte personnellement, il reste incrusté dans notre subconscient et continue à influencer nos décisions; c’est ce qu’on appelle le «biais de disponibilité».

La crise de 2008 a laissé une impression vive chez la plupart des investisseurs, de telle façon que même trois ans plus tard, beaucoup d’entre eux continuent de penser que la situation est toujours la même, ce qui n’est pas du tout le cas.

Voyage dans le réel

En 2010, 2011 et 2012, des sondages ont été effectués aux États-Unis auprès de mille personnes pour leur demander leur opinion sur la performance du marché des actions pour l’année précédente*.

Pour l’année 2009 (sondage 2010), 66 % des répondants étaient d’avis que la valeur des actions avait soit reculée ou fait du sur place, alors que le rendement du S&P 500 avait augmenté de 26,5 %.

Pour l’année 2010 (sondage 2011), 49 % des participants croyaient toujours que les actions avaient perdu de la valeur ou n’avaient effectué aucun gain, malgré une croissance de 15,1 % de l’indice.

Et pour l’année 2011(sondage 2012), 70 % du groupe persistait à croire que tout allait encore mal, alors que l’indice était à la hausse de 2,1 %.

Le mimétisme

Depuis la nuit des temps, nous avons été programmés pour suivre la masse et nous acceptons donc facilement que l’opinion du groupe soit la bonne. Cependant, lorsqu’il s’agit de faire fructifier nos économies, cette approche peut s’avérer dévastatrice. En preuve de cette réaction potentiellement néfaste : les flux de capitaux dans les différentes classes d’actifs.

Les statistiques nous démontrent sans l’ombre d’un doute que lorsque les actions commencent à réaliser de bons rendements, les investisseurs achètent plus d’actions; et lorsque le marché recule, ils vendent à perte. C’est ce qui explique que la plupart des investisseurs réalisent des rendements de beaucoup inférieurs au marché dans lequel ils investissent.

J’ai personnellement rencontré plusieurs clients-investisseurs en 2008 et 2009 qui, pris de découragement devant la vague de calamités annoncée dans les médias, étaient prêts à assumer des pertes énormes pour se réfugier temporairement dans des véhicules de placement soi-disant plus confortables.

Il est évident, aujourd’hui, que cette avenue était définitivement la plus néfaste de toutes à ce moment-là. La très grande majorité des  investisseurs qui ont capitulé devant leurs émotions durant cette période plutôt que de laisser la place à la raison ont subi des pertes irrécupérables.

Aujourd’hui, en mars 2013 (ce dont nous n’entendons pas beaucoup parler aux nouvelles du jour) :

  • Les capitaux continuent d’affluer dans les placements soi-disant sans risque, alors que :
  • Le taux de chômage aux États-Unis est en baisse;
  • La dette des ménages aux É.U. est passée de 14,1 % en 2007 à 10,7 % en 2012 ;
  • La consommation est en hausse à l’échelle mondiale (plus de voitures vendues mensuellement en Chine qu’aux É.-U.);
  • La classe moyenne mondiale est en croissance;
  • Les liquidités des sociétés du S&P 500 sont près d’un sommet historique;
  • Les cours des actions américaines sont inférieurs aux moyennes historiques.

Plan d’action

Les placements à court terme (CPG, Obligations CT) ne donneront pas le résultat escompté à long terme, tout comme les placements à long terme (actions) augmenteront le risque de manière exagérée à court terme.

Une révision réaliste de vos horizons de placement, jumelée à la composition de votre portefeuille, devrait être à l’ordre du jour.

* Source : Placements Franklin Templeton

Michel Roy
Planificateur financier*
Conseiller en sécurité financière
Pour Les Assurances Boivin inc*.
et Groupe Action Financière Québec
Représentant en épargne collective
auprès d’Investia Services Financiers inc.
Tél. : 418 624-0850 / mroy@gaf.qc.ca

 

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