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Le DGTAM poursuivra les objectifs du TRANSAQ !

La Direction générale de la transformation alimentaire et des marchés (DGTAM) est-elle plus près des intérêts de l’industrie de la transformation alimentaire ?

L’industrie agroalimentaire s’inquiète pour son avenir depuis que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) a décidé d’abolir, en juin dernier, Transformation Alimentaire Québec (TRANSAQ) et de créer la Direction générale de la transformation alimentaire et des marchés (DGTAM), une décision prise pour des raisons budgétaires sous prétexte qu’une direction impliquerait moins de frais administratifs qu’une structure parallèle à la MAPAQ, comme c’était le cas pour TRANSAQ.

« L’industrie de la transformation alimentaire est décidément un acteur économique d’importance au Québec. Et grâce à ce changement de statut administratif, le MAPAQ peut désormais fonctionner de manière plus cohérente », explique la nouvelle sous-ministre adjointe à la DGTAM, Manon Boucher.

Au MAPAQ, on tient à rassurer l’industrie agroalimentaire : la nouvelle direction ne modifie en rien les programmes et services représentés par TRANSAQ. Le mandat de la DGTAM fera suite à celui de TRANSAQ en fonction des objectifs établis au Plan stratégique 2011-2014 : la production d’aliments au goût des consommateurs, une industrie bioalimentaire contribuant à une économie prospère, un développement en harmonie avec les attentes de la société et une organisation performante.

Les industries canadiennes de transformation des aliments et des boissons fournissent près de 75 % des aliments et des boissons transformés disponibles au Canada.

La politique de souveraineté alimentaire que veut implanter le ministre du MAPAQ, M. François Gendron, viendra bonifier la cohésion dans la chaîne de production, de transformation et de distribution alimentaire, poursuit-elle. « Le fait d’avoir une direction générale au sein du MAPAQ plutôt qu’une agence permettra une meilleure participation de l’industrie de la transformation alimentaire au sein du Ministère », précise Mme Boucher.

Le ministre Gendron a d’ailleurs consacré une partie de son discours à cette nouvelle politique – laquelle considère largement le secteur de la transformation – lors du congrès annuel de l’Union des producteurs agricoles (UPA) tenu en décembre dernier. Rappelons que la politique de souveraineté alimentaire proposée par le Parti Québécois aura pour objectif de faire passer de 33 à 50 % la proportion des aliments du Québec que nous consommons.

Réaction du CTAC devant l’abolition de TRANSAQ

Au Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de consommation (CTAC), on soutient qu’à l’heure actuelle la confiance des investisseurs, des entrepreneurs et des employés du secteur de la transformation alimentaire du Québec est encore ébranlée.

L’industrie de la transformation alimentaire devrait figurer parmi les priorités des gouvernements du Canada et du Québec et obtenir des budgets à la hauteur de son importance pour l’économie et pour la société – CTAC.

En effet, l’inquiétude demeure quant aux intentions du MAPAQ de reconnaître le secteur, de nommer un interlocuteur qui aura du pouvoir, des budgets importants, une connaissance des enjeux et une réelle intention de travailler pour et avec l’industrie de la transformation alimentaire, doit-on admettre. Pour le CTAC, la création de la DGTAM n’assure en rien la reconnaissance de la transformation alimentaire par le MAPAQ et l’augmentation des budgets relatifs au secteur.

Quant à la place de l’industrie de la transformation auprès de la future politique de souveraineté alimentaire, le CTAC rappelait au ministre Gendron, lors d’une rencontre cet automne, que les crédits alloués à la transformation alimentaire avaient été sabrés et que plusieurs programmes d’aide financière étaient au point mort depuis 2011, insuffisance monétaire obligeant.

Or, le temps presse pour démontrer aux investisseurs, entrepreneurs et employés de la transformation alimentaire que le gouvernement entend accorder à l’industrie la place qui lui revient : figurer parmi les priorités du gouvernement, rien de moins.

Par ailleurs, l’objectif de la CTAC est de créer une industrie de la transformation agroalimentaire de classe mondiale. Comment ? En y développant une vision claire et un plan d’action à partir de trois axes prioritaires identifiés par l’industrie : accéder aux marchés domestiques et internationaux; prioriser l’innovation et assurer la rentabilité et le développement des entreprises.

Or, maintenant que les produits importés occupent de plus en plus de place sur les tablettes des détaillants, la principale préoccupation est de veiller à ce que l’industrie de la transformation alimentaire continue d’œuvrer au Québec. Pour assurer ce maintien, l’industrie devrait être une priorité des gouvernements provincial et fédéral et ainsi se voir allouer des budgets à la hauteur de sa prépondérance pour l’économie et pour la société.

Quel avenir pour l’industrie ?

L’avenir de l’industrie de la transformation alimentaire est certainement assuré. Pourquoi ? Simplement parce que tout le monde doit manger…

« Maintenant, si nous voulons que les Québécois demandent et consomment des produits du Québec et non pas uniquement des produits importés, il faut s’assurer que les industries de transformation alimentaire de chez nous bénéficient d’un plan stratégique, de fonds particuliers des gouvernements et d’une vraie reconnaissance au sein de l’économie québécoise et canadienne et de la société pour ainsi assurer leur maintien et leur développement»,  admet Mme Carole Fortin, vice-présidente aux communications et affaires publiques au CTAC.

Organisme majeur du secteur agroalimentaire, le CTAC est une consolidation des forces de l’industrie alimentaire du Québec représentant près de 600 membres et regroupant 80 % du volume annuel d’affaires d’une industrie de 23 G$.

 

SAVIEZ-VOUS QUE ?

  • L’industrie de la transformation alimentaire est le deuxième plus important secteur manufacturier au Québec – après la transformation des métaux – avec 23,8 G$ en livraisons en 2011 – Source : CTAC.

LIENS INTERNET:

  1. Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de consommations
  2. Mapaq Gouvernement du Québec 
  3. Agri Réseau- Transformation alimentaire
  4. Agriculture et Agroalimentaire Canada 

LIENS VIÉO:

  1. Discours du ministre de l’Agriculture, François Gendron, lors du congrès de l’UPA en décembre dernier
  2. Vidéos de présentation du programme de sciences et technologie des aliments de l’Université Laval

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