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Un avenir en croissance

Au sortir de quelques années plutôt sombres, l’industrie métallurgique québécoise se destine vers une période de croissance soutenue, et ce pour la prochaine décennie. Une situation rendue nécessaire par la croissance de certains pays émergents, dont la Chine en tête de liste.

Selon Serge Bergeron, président de la Table de concertation sur la métallurgie et responsable du développement stratégique des opérations chez Rio Tinto Fer et Titane, la prochaine décennie sera propice aux investissements de toutes sortes. À cet effet, le géant australien prêche par l’exemple, ayant annoncé récemment des investissements de plus de 600M $ à son usine de poudres métalliques de Sorel-Tracy.

Même son cloche du côté de l’aluminium, alors qu’Alcoa annonçait un programme d’investissements de l’ordre de 2,1G $ pour les cinq prochaines années afin de moderniser ses usines de Baie-Comeau, Deschambault et Bécancour.

Les forces québécoises

Malgré une concurrence mondiale extrêmement féroce, le Québec tire encore très bien son épingle du jeu. C’est en poursuivant sa quête d’excellence et d’innovation, et en misant sur la fiabilité de son énergie, l’électricité, et sur la volonté des entreprises actives en sol québécois de toujours offrir une livraison rapide et en temps, que l’industrie métallurgique pourra conserver sa position au sommet de l’échiquier mondial.

Ce qui avantage actuellement des pays comme la Chine réside dans leur capacité à produire une énergie similaire à moindre coût, un avantage concurrentiel dont le Québec pouvait se targuer il n’y a pas si longtemps encore.

L’impact des mesures environnementales

L’industrie métallurgique québécoise se retrouve fortement divisée suite à la décision du gouvernement québécois de se joindre au marché du carbone. De son côté, l’industrie de l’aluminium voit d’un bon œil cette nouvelle réglementation, elle qui a réussi à réduire ses émissions de GES de 80 % tout en doublant sa capacité. Pour les aciéries et les fonderies par contre, il en va tout autrement. On craint une baisse de la compétitivité à court et moyen termes. Toutefois, on investit largement afin de réduire l’empreinte écologique.

La Montérégie compte 30 % de toute la main-d’œuvre de l’industrie.

C’est entre autres le cas chez Rio Tinto Fer et Titane où l’on a prévu plus de 100M $ afin de respecter les nouvelles normes environnementales. Il ne faut également pas perdre de vue que cette année le gouvernement du Québec mettra en place sa réglementation pour réduire l’émission de gaz à effet de serre. L’industrie métallurgique s’en trouvera directement affectée car toute émission dépassant 25 000 tonnes devra être déclarée. Ce n’est qu’en 2013 que des pénalités seront versées aux entreprises qui dépasseront le seuil fixé par la réglementation.

États généraux

Les 1er et 2 décembre derniers se tenaient, à Saint-Hyacinthe, les États généraux de la métallurgie. L’événement, qui en était à sa deuxième édition, réunissait pas moins de 150 participants issus de l’industrie, des syndicats, du gouvernement et du milieu de l’enseignement. Cet événement triennal a pour objectif de brosser un tableau de l’industrie et d’amener les intervenants à proposer des plans et solutions pour améliorer la compétitivité de celle-ci à l’échelle mondiale, en cernant les enjeux auxquels elle sera confrontée.

Ainsi, des projets tels Rêver l’aluminium, qui vise la relève dans les écoles secondaires, Accès-Région, portant sur l’attraction de la main-d’œuvre immigrante en Montérégie, région qui compte le plus d’employés dans l’industrie au Québec, et L’Approche de Femmes en Parcours Innovateur, concernant les femmes et les métiers non traditionnels en métallurgie, ont été présentés. Des enjeux immédiats qui préoccupent l’industrie et sur lesquels elle portera une attention particulière dès 2012.

SAVIEZ-VOUS QUE ?

  • Des projets d’aluminerie totalisant 30G $ dans le Golfe persique sont en cours?
  • La proportion mondiale des alumineries basées en Chine a quadruplé entre 2000 (9 %) et 2010 (40 %)?

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