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Soins Longue Durée (première partie)

Qui, dernièrement, n’est pas tombé sur un article traitant du vieillissement de la population? Et des effets importants que cette énorme vague démographique occasionnera dans la société québécoise?

Malgré toutes les études et sondages qui nous rappellent sans cesse les carences de notre système de santé face au vieillissement de notre population, il existe encore presque 50% de gens  interrogés qui s’imaginent que le gouvernement a tout prévu pour eux  et que tout ira bien dans le meilleur des mondes.

Malheureusement, la réalité est bien différente!  Voyons un peu la situation actuelle au Québec.

Présentement au Québec, un peu plus d’un million de personnes sont âgées de plus de 65 ans, ce qui représente environ 13%  de la population; au cours des 20 prochaines années,  ce nombre doublera pour atteindre 27% de la population, ou un peu plus de deux millions de personnes âgées de plus de 65 ans.

Crédit photo: Kuzma/Shutterstock.com

Et autre bonne nouvelle, l’espérance de vie continue d’augmenter grâce aux progrès de la médecine.  Aujourd’hui, l’espérance de vie moyenne (hommes et femmes) est de presque 82 ans, alors qu’elle était de 79 ans en 2000.

Mais ce constat statistique ne peut nous émouvoir d’aucune façon, à moins qu’on ne s’attarde à la qualité de vie de ce groupe de joyeux retraités profitant de toutes ces belles années à réaliser les rêves de leur vie.

Dans la vraie vie, les choses ne sont pas si simples : à partir de 65 ans, une personne sur trois subit une perte d’autonomie.

Et parmi ces gens, presque la moitié croit, comme mentionné précédemment, que le gouvernement va leur fournir tous les soins médicaux et sociaux dont ils auront besoin. Avec  l’augmentation des besoins et du nombre de personnes nécessitant des soins de longue durée, ce vœu pieu sera pratiquement impossible à exaucer.

À partir de 65 ans, une personne sur trois subit une perte d’autonomie.

Qui s’occupe des personnes en perte d’autonomie au Québec? D’après Statistique Canada, ce sont en grande partie de proches parents (et non le gouvernement) qui remplissent cette tâche. Au moment d’écrire ces lignes, près de 365,000 Québécois s’occupe d’un proche âgé au moins 5 heures par semaine. Pour plusieurs d’entre eux, cela représente un travail à temps plein et malgré leur fatigue et souvent leur épuisement, il n’est pas question pour eux de prendre des vacances ou de démissionner.

En plus les faits démontrent que la moitié des proches aidants passent au moins cinq ans de leur vie à aider une personne âgée; sans compter que plusieurs de ces personnes ont dû abandonner leur emploi rémunéré pour aider un proche.

Dans cette même optique, les responsables gouvernementaux souhaite que les personnes âgées vieillissent chez eux plutôt que dans un centre d’hébergement ou dans un CHSLD; mais à ce jour, les 175,000 bénéficiaires ne reçoivent en moyenne qu’une visite de 40 minutes par semaine d’un intervenant de leur CLSC **, le temps de se laver à la serviette et de faire un sandwich quoi!

C’est donc sur les épaules des membres de la famille que repose la responsabilité de soutenir la personne en perte d’autonomie.

Prochaine chronique : les coûts et les solutions

** données de l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS)

Michel Roy, planificateur financier
Conseiller en sécurité financière
Pour Les Assurances Boivin inc.
et Groupe action financière Québec
Représentant en épargne collective auprès d’Investia Services Financiers inc.
418-624-0850
mroy@gaf.qc.ca

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