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Gérer les problématiques de façon globale

De nos jours, la maintenance industrielle, particulièrement dans les domaines pointus comme la métallurgie par exemple, est perçue comme partie intégrante des bonnes pratiques de gestion.

Depuis l’introduction des normes ISO, la qualité d’une entreprise va bien au-delà de la qualité de ses produits. Son processus de production est scruté à la loupe, ses pratiques de gestion également. L’entreprise doit désormais penser et agir en fonction d’une qualité globale et la maintenance n’y échappe pas.

Selon Alain Poudrier, associé chez STI Maintenance, « la maintenance doit être gérée en regard des opérations courantes, mais aussi en synergie avec le personnel d’entretien, les magasiniers, les acheteurs. » C’est dans cette optique que la firme est présentement à implanter un programme de gestion de maintenance chez RioTinto, à Sorel-Tracy (anciennement QIT Fer et Titane) appelé IPT, pour Improvement Performance Together.

« Généralement, on constate que le personnel d’entretien tente d’agir seul mais en vain, puisqu’il dépend des autres services. Tous peuvent avoir un impact sur la fiabilité des équipements et c’est pourquoi nous prônons le système IPT, un système développé spécifiquement pour Rio Tinto à l’échelle mondiale », poursuit Alain Poudrier.

Des programmes de simulation peuvent également permettre à toute entreprise d’élaborer le système de maintenance optimal, en termes d’arrêts forcés planifiés des équipements par exemple. Ces simulations s’intègrent dans l’implantation de meilleures pratiques de gestion de la maintenance.

Criticité et courbe de maturité

De son côté, Raymond Auger, ingénieur industriel et consultant, président de la firme Auger expert industriel de Trois-Rivières, met l’emphase sur le besoin des entreprises à bien connaître la courbe de maturité de leurs équipements et la criticité de leurs composantes. Les principales problématiques rencontrées dans le secteur des fonderies résident au niveau des températures élevées, de poussières, souvent abrasives.

« La force des entreprises en maintenance résidera dans la connaissance de leurs équipements, surtout en ce qui a trait à leur fiabilité. Dans le cas d’équipements neufs, l’entreprise n’a qu’à effectuer la maintenance recommandée par le fabricant et, occasionnellement, la réparation de bris non prévus.  Dans le cas d’équipements dits matures, il faut être en mesure d’envisager les problèmes qui peuvent survenir. Comprendre la courbe de maturité de l’équipement devient donc essentiel », explique Raymond Auger.

Les principales problématiques rencontrées dans le secteur des fonderies résident au niveau des températures élevées, de poussières, souvent abrasives.

Il faut également identifier la criticité des équipements. Les équipements  s’usent. Dans le jargon de la maintenance, on parle d’utilisation run to fail, c’est-à-dire une utilisation jusqu’au bris de l’équipement. Pourquoi? Parce qu’il ne s’agit pas d’un équipement critique. Il faut donc préalablement comprendre la criticité des équipements et bien identifier où ces équipements se positionnent sur la courbe de maturité.

« Dans une fonderie par exemple, la fournaise constitue une composante critique de la production. Certaines de ses composantes sont critiques telles que le système électrique, le mécanisme de déversement du métal ou encore tout ce qui sert à réchauffer le métal. Au fil des travaux de maintenance effectués sur un équipement, ce dernier peut ne plus avoir d’âge précis. La structure de l’équipement peut avoir 30 ans, mais les différentes composantes peuvent être moins âgées. Il faut donc tenir un registre de toutes les composantes de l’équipement pour en prévoir la criticité », poursuit notre expert.

 

Si les industries veulent progresser en termes de maintenance, elles doivent inévitablement comprendre la complexité des courbes de maturité des composantes de leurs équipements. Il s’agit souvent de la problématique majeure rencontrée. Les entreprises doivent donc décomposer leurs équipements en sous-ensembles afin d’en déterminer les courbes de maturité respectives.

La maintenance est bien plus que l’implantation d’un simple logiciel. On doit la définir comme un système global en complémentarité des opérations courantes de l’entreprise. C’est le défi auquel les entreprises auront à faire face au cours des prochaines années.

Saviez-vous que ?

 

  • la firme québécoise STI Maintenance, basée au Saguenay/Lac-St-Jean, a été mandatée par le géant Rio Tinto à l’échelle mondiale pour revoir son programme de maintenance ?

Liens supplémentaires:

Rio Tinto (Sorel-Tracy)
STI Maintenance

 

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