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Greenwashing et écoblanchiment : même mot, même combat !

La vague environnementale qui frappe le monde occidental depuis une vingtaine d’années s’est propagée, petit à petit, dans toutes les sphères de la société.

D’une alimentation équitable et biologique aux produits nettoyants « verts » et sans phosphates, des forêts certifiées FSC aux émissions de GES toujours moins polluantes dans le monde automobile, il est gênant d’ignorer les efforts mis de l’avant pour réduire notre impact environnemental sur terre.

Et c’est justement, parce que la majorité d’entre nous souhaitons bien faire et poser un petit geste pour la planète que certains ont compris qu’il y avait là beaucoup d’argent à faire. Alors consommateurs, attention ! La publicité mensongère ? On en retrouve abondamment en environnement… C’est d’ailleurs ce que l’on appelle le  greenwashing  ou l’écoblanchiment, c’est-à-dire la capacité des entreprises à transmettre au public de fausses informations quant au caractère environnemental d’un produit.

Peut-être aurez vous remarqué, tant à l’épicerie qu’à la quincaillerie, que les produits dits « écologiques », « verts » et « respectueux de l’environnement » gagnent en importance sur les tablettes ? Mais ces produits sont-ils vraiment écologiques ? Et bien non, pas toujours ! Apparus sur le marché depuis quelques années, ils n’ont été soumis à aucune législation, ni réglementation quant à la terminologie utilisée. À ce titre, les divers qualificatifs sont souvent flous, sans signification et davantage là pour « verdir » la conscience des acheteurs que pour refléter le réel caractère environnemental du produit.

À titre d’exemple, pour verdir leur image, les compagnies font souvent des campagnes publicitaires sur un élément précis d’un produit, nous faisant oublier les autres composantes. Ou encore, les compagnies vont revoir leur image et logo en intégrant des éléments de la nature.

Dans le domaine de la peinture, par exemple, plusieurs compagnies s’affichent maintenant écologiques en proposant des produits sans COV (composés organiques volatiles). Cependant, ces mêmes pots de peinture, quoique sans COV, peuvent contenir des produits toxiques hautement dommageables pour l’environnement… Sans COV, le produit est effectivement plus écologique qu’avant, mais il ne l’est pas entièrement pour autant ! Il est donc important de bien lire les composantes d’un produit…

Mais si ce n’était qu’une histoire d’étiquette, le problème pourrait se régler assez rapidement. Il est cependant plus profond que cela dans la mesure où l’écoblanchiment tend à déresponsabiliser le consommateur. Si de nombreuses entreprises se targuent aujourd’hui d’offrir davantage de produits écologiques à leurs clients, c’est qu’elles ont répondu à la demande des consommateurs qui souhaitaient responsabiliser leur consommation.

Mais le cercle vicieux de l’écoblanchiment à outrance réside dans le fait que la publicité « verte » donne au consommateur l’impression d’être plus écologique et ne pousse pas aux changements de comportements des acheteurs afin de les rendre socialement responsables.

Se soucier vraiment de l’environnement et avoir un comportement socialement responsable, c’est se poser la question suivante avant d’acheter un produit : En ai-je vraiment de besoin ? Si oui et qu’il est nécessaire d’acheter, sachez que pour l’heure, seuls les produits comportant le logo d’ÉcoLogo respectent la norme ISO 14024 d’écoétiquetage. C’est donc dire que sans ce logo, pour les produits canadiens du moins, vous n’avez aucune assurance, ni garantie que votre produit est bel et bien respectueux de l’environnement, malgré ce que peut vous dire l’emballage… Vous en êtes avertis !

Marie-Élaine Lambert
Enseignante en géographie
Cégep Marie-Victorin

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