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Après la pluie, le beau temps pour l’industrie forestière

Au Québec, l’industrie forestière est un secteur d’activités de premier plan, soit. Il est indéniable que la crise du bois d’œuvre a laissé des traces, mais on commence à voir la lumière au bout du tunnel, tant chez les instances gouvernementales qu’au sein des têtes dirigeantes de l’industrie.

Après des années en dents de scie, et ce n’est pas peu dire, les manufacturiers entrevoient la hausse du prix du bois d’œuvre sur le marché comme un signe de relance encourageant. D’ailleurs, selon les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), les chefs d’entreprise prévoient que l’investissement dans l’industrie manufacturière rebondira de 14 % en 2011.

Ainsi, ils ont majoré de cinq points leurs premières estimations émises en octobre dernier. Ceux-ci envisagent également une reprise des dépenses d’équipement qui avoisinera les 19 %, notamment dans le secteur du bois.

Des bâtons dans les roues

Comme tout n’est pas parfait, l’industrie canadienne qui reprend progressivement son rythme vient d’essuyer un revers en cour. En janvier dernier, un tribunal d’arbitrage londonien a tranché en faveur des États-Unis en concluant que le Canada a transgressé les dispositions de l’Accord sur le bois d’œuvre signé en 2006.

Cette décision vise trois programmes d’aide à l’industrie forestière québécoise et deux autres touchent l’Ontario. Ceux-ci ont été déclarés illégaux, par conséquent, le fédéral devra surtaxer les exportations de bois d’œuvre du Québec dans le but de les rendre moins concurrentielles. On estime qu’il en coûtera près de 58 millions aux industriels québécois et ontariens qui devront se soumettre à ce jugement jusqu’en 2013.

« Le marché américain est le premier en importance pour les produits de nos forêts… c’est donc avec déception que nous acceptons la décision du Tribunal. Maintenant que la décision est connue, les mesures appropriées doivent être mises en œuvre sans délai par le gouvernement fédéral, et ce, dans l’intérêt de l’ensemble de l’industrie forestière québécoise », a mentionné la ministre Nathalie Normandeau dans un récent communiqué.

Un coup de main de la Chine

Bien que 2011 s’annonce prometteuse pour le Québec, le marasme économique qui sévit chez nos voisins du Sud n’aide en rien la relance de notre industrie forestière.

D’ailleurs, le Québec est la deuxième province exportatrice de matière ligneuse vers les États-Unis après la Colombie-Britannique et près de 250 municipalités dépendent de ce secteur porteur. Mais voilà que la demande en bois de la Chine, dont la croissance est exponentielle, atteint actuellement des sommets.

« La demande en bois de la Chine est à un niveau record et équivaut aujourd’hui à 200 000 nouvelles mises en chantier aux États-Unis, ce n’est pas négligeable… le prix moyen de notre bois d’œuvre a connu une hausse de 16 % durant les deux dernières années, dans la foulée de l’augmentation de la demande chinoise », a affirmé James Lopez, président-directeur général de Tembec, avant l’assemblée annuelle de la multinationale qui s’est tenue à Montréal le 27 janvier.

Ainsi, un fort pourcentage de la production de l’Ouest canadien part vers le pays de Mao. Cela engendre une pression haussière sur les prix du bois d’œuvre nord-américain, ce qui est en soi une très bonne nouvelle pour les entrepreneurs de l’Est canadien. Comme il n’y a aucune législation qui freine l’exportation vers l’Empire du Milieu, les producteurs québécois profiteront certes de cette manne inespérée.

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