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Transformation alimentaire, une industrie en bonne santé

Qu’on soit en période de crise ou pas, l’industrie de la transformation alimentaire qui regroupe majoritairement des PME maintient le cap car le besoin de manger est vital. Mais comme bien d’autres secteurs, elle a aussi besoin de se doter d’une vision stratégique pour profiter de nouvelles opportunités qui se présentent.

La transformation alimentaire à Québec

Transformation Alimentaire Québec (TRANSAQ) créée en février 2005, une unité autonome de service du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) recense environ 150 entreprises exerçant en transformation alimentaire à Québec sur les 2000 que compte la Province. La région de Québec étant la quatrième en importance après celles de Montréal, Montérégie et Chaudière-Appalaches.

La Capitale-Nationale regroupe essentiellement des transformateurs en produits de boulangerie, en produits laitiers et en alimentation animale. C’est un marché qui demeure plus stable que dans les autres industries manufacturières « parce que c’est un secteur diversifié et à valeur ajoutée dans plusieurs sphères d’activités avec une culture d’exportation bien instaurée et une rentabilité supérieure », explique Pierre Thibeault, directeur adjoint à TRANSAQ.

Les atouts et les enjeux

Selon lui, la croissance de la transformation alimentaire est intimement liée à l’industrie bioalimentaire qui contribue de façon notable à l’activité économique du Québec et de ses régions, en termes de création d’emploi, de valeur ajoutée et d’investissements, en plus de jouer un rôle déterminant dans la conservation du patrimoine, l’occupation du territoire et le maintien du tissu social en région. Malgré ces atouts, comme bien d’autres secteurs manufacturiers, l’industrie de la transformation alimentaire doit faire face à une plus grande concurrence.

« Le secteur évolue dans un contexte d’affaire qui a connu des mutations importantes ces dernières années avec notamment la disparition des barrières tarifaires et l’introduction de progrès technologiques majeurs. La concentration et la consolidation de la distribution alimentaire qui s’opèrent actuellement entraîne également une intégration plus poussée du marché québécois et donc un accès limité aux tablettes pour certains transformateurs », reconnaît M. Thibeault.

La transformation alimentaire fait face à trois grands enjeux : renforcer sa capacité concurrentielle en investissant notamment dans de nouvelles technologies afin de créer des produits à haute valeur ajoutée, poursuivre l’amélioration de la salubrité et la qualité de ses aliments et développer de nouveaux marchés au Québec et ailleurs dans le monde. Un plan stratégique de soutien à la transformation alimentaire a été instauré en 2009 afin d’aider les entreprises à atteindre ces objectifs. Beaucoup d’entre elles ont adhéré à cette stratégie qui sera reconduite à son échéance en 2012.

Cass’Île d’Orléans : une diversification réussie

La Ferme du Capitaine Noël de Saint-Jean de l’île d’Orléans est un exemple d’innovation et de diversification réussie. Cette petite entreprise agricole vouée à la culture de la pomme de terre et des petits fruits, dont le cassis, n’arrivait plus à joindre les deux bouts face à la concurrence des produits importés.

Au lieu de baisser les bras, les propriétaires Vincent Noël et sa compagne France Gagnon ont entamé des démarches de valorisation du plant biologique de cassis et de petits fruits grâce à une subvention appuyant les produits de spécialité.

Une diversification nécessaire à la survie de l’entreprise qui a permis de réduire les frais d’exploitation de la ferme tout en augmentant son chiffre d’affaires. « Il y a beaucoup de produits importés et il devient difficile pour de petites entreprises comme la nôtre de concurrencer avec les gros. Il nous fallait trouver une solution pour ne pas mettre la clé sous la porte, » avoue France Gagnon.

Une vinaigrerie traditionnelle

Aujourd’hui, Vincent Noël et France Gagnon commercialisent des produits transformés à base de prunes, de cerise et de cassis biologique comme du sirop, des coulis, des tartinades. Ces produits du terroir sont vendus dans leur boutique Cass’Île de Saint-Jean très fréquentée par des locaux et des touristes. Ils sont actuellement les plus importants producteurs de cassis biologique en Amérique du Nord. Depuis un an, une vinaigrerie traditionnelle et à la fine pointe de la technologie a même vu le jour.

«Nous produisons du vinaigre haut de gamme à la manière ancestrale en portant une attention particulière au vieillissement et à l’affinage du produit », explique France Gagnon. La vinaigrerie offre même un concept unique au Québec : elle transforme en vinaigre d’autres produits pour les producteurs d’alcools et les vignerons. Les propriétaires misent beaucoup sur ces nouveaux vinaigres qui connaissent déjà un certain succès.

Il n’est pas question d’exporter pour l’instant. « Nous y avons songé, avoue France Gagnon. Il y a quelques mois, j’ai fait un séjour à Toronto pour voir la faisabilité d’un tel projet et je me suis rendu compte que n’étions pas encore prêts. Nous ne sommes présents que dans quelques points de vente bien ciblés à Québec et à Montréal. Le plus important dans un premier temps est d’élargir notre clientèle au Québec, notamment à Montréal où nous sommes très demandés ».

Si la boutique Cass’Île a pignon sur rue, le domaine mérite aussi le déplacement. D’ici deux ans, Vincent Noël et France Gagnon ont comme projet de transformer leur ferme en site agro-touristique afin de cibler une clientèle touristique variée et plus fortunée comme les baby-boomers.

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