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Il y a de l’électricité dans l’air en Montérégie

En Montérégie, les ténors de l’industrie des produits électriques et électroniques, malgré le contexte économique en dents de scie qui a sévi récemment, se tirent plutôt bien d’affaire. La région est d’ailleurs considérée comme un des plus importants technopôles au pays.

À Bromont, l’industrie de la conception et de la fabrication de composants de systèmes électroniques est en pleine effervescence; le slogan « Bromont, ville branchée » est donc tout à fait évocateur. D’ailleurs, environ 40 % des exportations de produits microélectroniques du pays proviennent de la région.

À elle seule, la multinationale IBM, qui se spécialise dans l’encapsulation d’éléments informatiques, emploie quelque 2 700 personnes à son usine bromontoise, soit près du tiers des travailleurs dans ce créneau au Québec. De plus, la florissante compagnie y investit annuellement des sommes colossales, et ce, depuis son inauguration en 1972, dans le but de conserver son statut de chef de file.

Construction d’un centre de recherche

Ainsi, comme deux des dix joueurs de premier plan de l’industrie se trouvent à Bromont, l’Université de Sherbrooke construira un centre de recherche en microélectronique dans le Technoparc de la municipalité d’ici la fin de 2011. L’ambitieux projet de 218,45 millions de dollars permettra aux firmes IBM et Dalsa, qui opère la plus importante fonderie de silicium servant à la fabrication de circuits intégrés au Canada, de travailler de concert avec l’institution universitaire afin de développer de nouvelles technologies. Ces derniers débourseront 40,6 millions de dollars, tandis que les instances gouvernementales provinciale et fédérale injecteront respectivement 94,9 et 82,95 millions. Ces montants ont été octroyés via le programme Québec-Ottawa sur les infrastructures du savoir.

Le complexe, dont les coûts de construction se chiffrent à 83 millions, accueillera environ 250 chercheurs et techniciens qui disposeront d’équipements à la fine pointe. Leurs recherches porteront notamment sur les nanotechnologies, des dispositifs microscopiques qui pourront être utilisés dans les secteurs de la santé, de l’aéronautique et de l’automobile, pour ne nommer que ceux-là.

Selon un récent rapport d’Investissement Québec portant sur la microélectronique, « cette nouvelle initiative permettra de créer un environnement d’affaires hautement concurrentiel et dynamique. » Avec un tel palmarès, la Montérégie est donc plus que jamais une plaque tournante en matière d’avancement technologique.

Bilan d’Élexpertise

Au Québec, le domaine des technologies de pointe, notamment en électronique, est en plein essor. Ainsi, Élexpertise, le comité sectoriel de la main-d’œuvre de l’industrie électrique et électronique, dresse un bilan somme toute positif des dernières années de ce secteur d’activité.

Selon les données du diagnostic sectoriel de 2009, le conglomérat emploie 40 500 personnes réparties dans 680 établissements à l’échelle provinciale : les entreprises de l’industrie électronique regroupent 50,4 % de l’ensemble des effectifs, alors que celles de l’industrie électrique comptent 36,6 % des travailleurs puis les grossistes-distributeurs font appel à 13 % des ressources totales.

De plus, les livraisons manufacturières, qui fluctuent en fonction de l’offre et de la demande mondiales pour les produits électroniques, avoisinent les huit milliards de dollars. En fait, le niveau des ventes est stable bien que les compagnies exportent peu et que le marché canadien demeure linéaire, ce qui est encourageant dans le contexte actuel. Mais, quoique la vitalité soit au rendez-vous, des défis de taille se profilent à l’horizon pour les entrepreneurs qui tentent de tirer leur épingle du jeu dans ce secteur spécialisé.

« Afin d’augmenter ou de maintenir leur chiffre d’affaires, les entrepreneurs devront être en mesure d’offrir de nouveaux produits ou services, de percer de nouveaux marchés et d’augmenter leur clientèle actuelle, et ce, dans un contexte économique difficile », voilà les principaux points qui ressortent de la synthèse d’Élexpertise.

Selon les dirigeants du comité sectoriel, les stratégies que préconiseront les chefs d’entreprises s’articuleront autour de la recherche et du développement, de l’accroissement de la capacité de production et de son efficacité. Le recrutement de personnel spécialisé, un des problèmes identifiés par bon nombre d’intervenants du milieu, sera donc la pierre angulaire qui permettra aux manufacturiers de se démarquer au sein de cette industrie on ne peut plus concurrentielle.

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