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Bois, meubles, articles d’ameublement une avenue intéressante pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean

L’économie du Saguenay–Lac-Saint-Jean, moins diversifiée que celle d’autres régions du Québec, table sur l’industrie forestière, la première transformation des métaux, l’agroalimentaire et le tourisme, mais elle s’est considérablement transformée. La région fournit 23 % de la possibilité forestière du Québec; 23 des 49 municipalités dépendent fortement ou exclusivement de cette industrie car plusieurs sont mono-industrielles.

C’est ce qu’explique l’économiste Jean-Pierre Lachance de Service Canada, en entrevue avec MCI. Dans son rapport Perspectives sectorielles 2010-2012–Saguenay–Lac-Saint-Jean, il précise que « en partant de sa structure traditionnelle d’exploitation des ressources primaires et de première transformation, la région s’est tournée vers la deuxième et troisième transformations du bois et de l’aluminium. La recherche et le développement y tiennent une place sans cesse croissante. Plus particulièrement, un maillage de plus en plus important s’établit entre grandes, moyennes et petites entreprises et des centres de recherche apparaissent dans les domaines de l’aluminium, du bois et de l’agroalimentaire ».

« Grosso modo, en majeure partie, l’économie repose sur les grandes entreprises exploitant la forêt, la transformation du bois et la production d’aluminium, » dit l’économiste. « Cela représente près de 40 % de l’emploi des secteurs primaire et secondaire confondus; dès qu’un ralentissement important frappe ces industries, c’est certain que l’économie régionale est ébranlée ».

 À la forêt, bois et pâtes et papiers, on peut ajouter l’impression et le meuble pour une vue globale des secteurs primaire et secondaire confondus. Cela représente 8700 emplois ou 7 % des emplois de la région, selon des chiffres de 2007, 2008 et 2009. Ces données font abstraction du service tertiaire, du commerce de gros et des transports, des éléments qu’il est impossible de décortiquer pour en retirer les emplois liés à la forêt.

À Emploi Québec, Clément Desbiens, directeur de la planification et du partenariat rappelle aussi les réflexions de faire autre chose que du 2X4 et de la pâte, avec la fibre de bois prélevée dans les forêts. Au milieu des années 80, on a commencé à parler d’une plus grande transformation des produits, car, pour le bois comme pour l’aluminium par exemple, on y trouvait la valeur ajoutée et l’emploi. Il y a plus d’emplois dans la valeur ajoutée que dans la première transformation pour un niveau de production équivalent.

Les structures de soutien ont été moins développées pour le bois, tant par les gouvernements que les acteurs régionaux. « Il reste beaucoup de choses à faire pour venir en appui à l’industrie du bois », croit M. Desbiens. Aussi, des entreprises sont nées dans des produits de niche comme des usines de panneaux de divers types : poutrelles, bois lamellé, collé, du lamellé-collé, et, de plus en plus, des éléments architecturaux préfabriqués dont des colombages. Certaines ont dû fermer, question de compétition. Par contre, le secteur municipal utilise plus le bois, depuis quelques années.

Produits du bois

Dans son rapport Perspectives sectorielles 2010-2012–Saguenay–Lac-Saint-Jean, on s’attend tôt à un revirement de situation en 2010.

Pour ce qui est des produits en bois, la région a atteint un sommet de l’emploi en 2004, mais il y a baisse, depuis, au chapitre des scieries, de la fabrication de produits comme des fenêtres, etc. rappelle pour sa part Jean-Pierre Lachance. Tôt en 2011, il s’attend à un revirement de situation, qui était prévu à l’automne 2010. Le début de l’année a connu une hausse du prix du bois, mouvement qui s’est arrêté. Il existe par ailleurs des projets innovateurs comme à la Coopérative forestière de Girardville qui s’est vue attribuer un volume de 54 000 tonnes de biomasse pour la création d’un centre de valorisation. Aussi, le projet Granules LG International de 8,1 M$ est prometteur, à Mashteuiatsh.

D’autres projets existent. Selon certains, les PME régionales de transformation et l’utilisation durable du bois constituent la relève, l’avenir de l’exploitation du bois, comme par exemple les Canwall, (murs préfabriqués pour la construction résidentielle, commerciale et industrielle), l’ébénisterie Saint-Henri, et Habitations du patriote et, à Chicoutimi, La Charpenterie, dans le domaine de la structure de bois dans l’Est du Québec. Après des fermes de toits prêtes à l’installation, elle a ajouté les poutrelles de plancher et les poutres en bois lamellé-collé.

Croissance

L’emploi dans le secteur des produits du bois devrait connaître une hausse de 3,2 % de 2010 à 2012, mais ce sera insuffisant pour revenir au taux d’emploi de 2004. Clément Desbiens, d’Emploi Québec, rappelle l’intensification de l’intérêt pour la construction avec bois, d’édifices municipaux, par exemple. « Plusieurs entreprises sont nées, dans les dernières années, dans des créneaux nullement exploités jusque là, dans la région, notamment des usines de panneaux ».

Chez Produits Canwall (divers) on est passé de 3 emplois (mars 2006) à 30. Le pdg Hugues Lévesque prévoit une croissance de 20 % en 2010 et qui se répétera dans les années à venir; 90 % du marché est hors de la région. Menuiserie St-Henri (fabrique des gazebos de bois depuis 7 ans) et des armoires depuis 1990 ; son marché régional (20 %) couvre une bonne partie du Québec (gazebos) à partir de chaines spécialisées. Démarrée avec 3 employés, l’entreprise de 3e transformation en compte aujourd’hui une trentaine. Il a vite pris le nouveau marché disponible : « Il faut innover ».

Prévisions

Dans les prévisions de 2010 à 2012, le document de perspectives sectorielles produit par l’économiste de Service Canada prévoit un taux de croissance moyen de l’emploi de 1,4 %. La région comptait 123 100 travailleurs dans l’ensemble de l’économie régionale, entre 2007 et 2009. Dans le secteur de la forêt (ressource primaire/plantation et coupe), on a atteint un sommet de 4600 personnes en 2002, avant la baisse du niveau d’emploi jusqu’en 2009, année du plus bas degré d’emploi depuis 1987. On s’attend à une faible croissance de 0,4 % de 2010 à 2012.

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