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Les alliages à valeur ajoutée : l’avenir de l’industrie métallurgique de la seconde transformation

L’industrie métallurgique de la seconde transformation est appelée prochainement à investir massivement pour s’adapter aux marchés des alliages à valeur ajoutée. Selon le Centre de métallurgie du Québec (CMQ), ce virage est nécessaire pour assurer la survie des fonderies et des entreprises spécialisées dans la transformation thermique afin de se démarquer du marché asiatique, plus particulièrement de la Chine.

Bien que l’année 2008-2009 fut difficile à traverser pour plusieurs des entreprises, certaines ont agrandi leur superficie de travail et d’autres ont déjà consacré d’importants montants d’argent à l’achat de nouvelles machines plus productives et mieux adaptées à la technologie d’aujourd’hui. « Les fonderies actuelles ne peuvent pas concurrencer avec l’Asie en raison des coûts de main-d’œuvre. Et pour traverser cette épreuve, elles doivent faire le pont entre les alliages classiques comme c’est le cas aujourd’hui aux alliages à valeur ajoutée », explique le directeur général du CMQ, Gheorghe Marin.

 Les alliages à valeur ajoutée permettent notamment de réaliser des pièces pour diverses applications telles que les implants médicaux pour les hanches, genoux, implants dentaires et plaques pour le cerveau, les pales de turbines dans les moteurs d’avion ou de pièces spécialisées pour l’industrie pétrochimique.

 Centre de la métallurgie du Québec

 Le Centre de la métallurgie du Québec, autrefois le Centre intégré de fonderie et de métallurgie du Québec (CIFM), représente 107 entreprises liées à la mise en forme, à la transformation des métaux ferreux et non ferreux, au moulage par cire perdue et au moulage par pression. De ce nombre, 70 sont des fonderies et 37 oeuvrent dans la transformation thermique. « Nous sommes un centre de transfert technologique et notre mandat est de venir en aide à l’industrie métallurgique. L’an dernier, nous avons réalisé des activités auprès de 176 entreprises, petites et grosses industries confondues, telles que des activités de laboratoire et de projets d’aide technique. »

Programme de formation

Au total, c’est quelque 3 300 emplois qui dépendent de la seconde transformation métallurgique au Québec. Pour Gheorghe Marin, la priorité de ces entreprises est de passer le cap de cette année. En 2009, des programmes de formation et de travail partagé ont permis à celles-ci d’améliorer le niveau de connaissances des employés. « Ce que je dis toujours, c’est que les fonderies doivent investir dans de nouveaux équipements. Mais la majorité ne le fait pas pour le moment. Tôt ou tard, elles n’auront pas le choix. »

Marché

L’an dernier, le programme d’infrastructures du gouvernement Charest a donné un coup de pouce et réussi à maintenir les activités de plusieurs fonderies. Au-delà d’un marché qualifié de local, lequel représente environ 15 % des activités, tout le reste est destiné au marché nord-américain dans les secteurs de l’automobile et du transport pour ne nommer que ceux-là. C’est sur ce terrain que doivent réagir les fonderies pour concurrencer les Chinois. « Un nouveau souffle et des investissements sont nécessaires. Toutefois, les secteurs médical, militaire, aérospatial, aéronautique et de la voirie sont des créneaux qui vont toujours demeurer chez nous. La demande est présente. »

 En 2008-2009, l’industrie de la seconde transformation a engendré des revenus totaux d’un peu plus de 600 M$.

 Toujours au cours de la même période, les alliages moulés dans les fonderies du Québec se répartissent de la façon suivante : 48,5 % en fonte, 19 % en aluminium, 15 % en plomb et zinc, 12 % en magnésium, et 2 % en acier.

Aide financière

Québec a accordé une aide financière de 2,7 M$ dans le cadre d’un investissement de 4,2 M$ pour permettre au CMQ d’aménager de nouveaux laboratoires de recherche et de développement, soit le Centre des technologies des métaux avancés et le Centre de coulée haute pression sous atmosphère protectrice. Le CMQ veut développer de nouvelles technologies liées aux alliages de métaux et souhaite transférer les résultats de ces recherches aux entreprises québécoises de fonderie et de métallurgie.

 « Les entreprises métallurgiques doivent demeurer compétitives face aux économies émergentes et conserver leur part de marché en augmentant leur productivité et en optant pour de nouveaux procédés. Le projet du CMQ lui permettra de se démarquer en soutenant l’innovation québécoise dans le secteur de la métallurgie et contribuera à la croissance de l’économie du Québec », a déclaré le ministre du Développement économique, de l’innovation et de l’Exportation (MDEIE), Clément Gignac.

Troisième transformation

Dans le secteur de la troisième transformation, qui regroupe le silicium, le titane, l’aluminium, le lithium et le magnésium, l’avenir doit passer inexorablement par le développement social, environnemental et économique, selon Donald Angers, président de l’Association des métaux légers (AML). « Au Québec, nous avons des coûts énergétiques très bas et les outils pour créer de l’emploi sont disponibles. Dans certains pays, on utilise des procédés polluants, alors qu’on devrait utiliser les entreprises dans le cadre d’un environnement durable. Tant qu’une entreprise ne tiendra pas compte de ces trois facteurs, nous ne pourrons pas être concurrentiels. »

 En mai dernier, 125 spécialistes se sont réunis pour discuter de l’avenir de l’industrie de la troisième transformation. À l’heure actuelle, ce secteur se résume à l’aluminium ou presque. « Ça va prendre non seulement une volonté politique, mais aussi un large consensus de société pour relancer la troisième transformation. À mon avis, la meilleure place au Québec pour développer des procédés métallurgiques dans les métaux légers doit se faire en regard de ces trois aspects. On tient à cœur notre main-d’œuvre, notre environnement et tout le développement économique. On en veut des jobs ! »

 Selon Donald Angers, le Québec pourrait facilement doubler le nombre de ces entreprises passant de 250 à l’heure actuelle à 500, tout en triplant le nombre d’emplois.

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