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Après les États-Unis et le Canada, l’Europe comme nouveau marché à développer ?

Déjà confrontée à la concurrence asiatique, l’industrie du caoutchouc et du plastique a dû dernièrement faire face à une conjoncture économique difficile. Pour maintenir leur capacité de production, les entreprises du secteur doivent constamment innover en investissant dans des produits toujours plus performants sans négliger l’aspect environnemental. Un défi majeur si l’on considère que la main-d’œuvre qualifiée dont elles ont besoin pour rester compétitives demeure difficile à rejoindre.

Portrait global

L’industrie du caoutchouc au Québec représente quelque 110 entreprises et 7 673 travailleurs. L’activité principale de ces entreprises est la fabrication et la transformation des caoutchoucs d’une vaste gamme de produits destinés à des marchés variés. L’industrie est concentrée en Estrie, en Montérégie, en Lanaudière et à Montréal, régions qui emploient plus des deux tiers des travailleurs.

Dans la capitale nationale comme partout ailleurs au Québec, c’est la fabrication d’autres produits en caoutchouc qui prédomine. Ce secteur regroupe à lui seul les deux tiers des entreprises de l’industrie et près des trois quarts de la main-d’œuvre. Le Comité sectoriel de la main-d’œuvre de l’industrie du caoutchouc du Québec (CSMO) recense 11 entreprises dans la région de la Capitale nationale qui oeuvrent dans ce domaine.

Des défis majeurs

La plupart d’entre elles exportent leurs produits vers les marchés canadiens et américains et se tournent depuis peu vers l’Europe. Mais la conjoncture demeure difficile. Le rouleau compresseur chinois qui inonde le marché avec des produits très compétitifs exerce une forte pression sur les fabricants. Ces derniers doivent redoubler d’efforts pour proposer des produits de grande qualité à moindre coût. Ce qui implique des investissements en recherche et développement et la modernisation des équipements vétustes.

« Or, ces investissements entraînent nécessairement des coûts considérables. Comme il n’y a pas de centre de recherche voué spécifiquement aux polymères, l’accès à l’information technique est très limité pour les PME du secteur. La plupart des petits fabricants de produits de caoutchouc dépendent entièrement des fournisseurs de matières premières ou des « formulateurs » pour obtenir l’aide technique nécessaire à la mise au point de nouveaux produits, et à l’amélioration de leurs procédés de transformation », indique le CSMO. Le manque de main-d’œuvre qualifiée est également un problème majeur auquel fait face l’industrie depuis plusieurs années. L’absence de programmes de formation spécifiquement dédiés à la transformation du caoutchouc en est la cause de même qu’une faible attirance des jeunes pour ces métiers manuels.

L’exemple de Logiball Inc

C’est ce que confirme Logiball Inc, PME de Québec spécialisée depuis plus de vingt ans dans la fabrication d’équipements pour la réhabilitation sans tranchée de conduites d’égouts et à basse pression. Ces dernières années, la compagnie a étendu son savoir-faire au développement et à la fabrication d’équipements destinés aux entrepreneurs et aux propriétaires de réseaux. Elle offre ainsi une gamme de produits variés comprenant les obturateurs pneumatiques multidimensionnels, les obturateurs renforcés pour le gainage, les packers pour le colmatage ainsi que plusieurs appareils et accessoires complémentaires.

Bien qu’il s’agisse d’un créneau très spécialisé, « la concurrence y demeure vive », indique le président Marc André Anctil. De trois fabricants dans le monde, nous sommes passés à quatorze aujourd’hui, uniquement dans le domaine du ballon pneumatique . Il a fallu se démarquer en proposant un excellent service à nos clients tout en développant des produits de meilleure qualité ».

L’entreprise exporte 65 % de ce qu’elle fabrique vers son marché naturel que sont les États-Unis et l’Amérique du Nord. Depuis peu, elle s’ouvre vers l’Europe, notamment l’Angleterre où elle a des contacts privilégiés mais aussi l’Australie où elle vient d’ouvrir une agence. Mais la percée du côté européen est plutôt ardue constate M. Anctil.

 « La mentalité y est différente en ce qui concerne les équipements. Ce marché exige une qualité irréprochable avec beaucoup de finition et de précision. Notre association avec l’Angleterre devrait pouvoir nous ouvrir des portes sur ce vaste marché», espère t-il.

Logiball Inc possède un avantage sur certains de ses concurrents puisque toutes les pièces ou réparations s’effectuent dans son usine de Québec, ce qui lui permet de maintenir un prix très compétitif. « En plus de la qualité de nos équipements, c’est le service à la clientèle dans un délai rapide qui fait notre différence », conclut Marc André Anctil.

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