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Des déchets qui valent leur pesant d’or

On n’arrête pas le progrès, tout le monde le sait et même lorsqu’on regarde du côté des poubelles. À la MRC L’Assomption, qui comprend, entre autres, la ville de Repentigny, on a compris que les déchets des uns pourraient faire le bonheur de certains industriels en devenant même leur matière première. C’est ce qu’on appelle la synergie des sous-produits ou encore la valorisation des déchets industriels.

«Depuis 2004, il n’y a plus de terrain à vendre à Repentigny, mais il faut continuer à optimiser les entreprises. J’ai assisté à une conférence du Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTEI) et cela m’a allumé. J’ai réalisé que les résidus d’une entreprise pourraient bien devenir la matière première d’une autre. Ce que l’on veut, c’est donner une seconde vie aux déchets industriels», mentionne Stéphane Paré, commissaire au développement économique au Centre local de développement (CLD) de la MRC L’Assomption.

Le CLD a donc donné le mandat au CTTEI d’inventorier les types de déchets industriels, les services offerts en matière de recyclage, les possibilités de mutualisations de services et les nouveaux liens d’affaires envisageables. Pourquoi une telle enquête?

«Dans bien des cas, les entrepreneurs ne savent même pas ce que fait le voisin d’en face. Maintenant que l’on sait qui jette quoi et en quelle quantité cela va pouvoir nous aider à démarrer la seconde étape, si bien sûr les entreprises sont d’accord. Nous voulons mettre en place une banque de données qui divulgue ces informations aux industriels», mentionne M. Paré.

L’avantage d’une telle banque n’est pas négligeable, surtout lorsqu’on sait que l’enfouissement est souvent bien moins compliqué et surtout moins coûteux pour les entreprises que le recyclage.

«En ayant ces informations sous la main, il sera possible pour les industriels de s’entendre et d’organiser des collectes communes et ainsi négocier avec les recycleurs. Autre avantage, cela donne un aperçu des déchets que l’on peut voir comme des ressources disponibles», mentionne Claude Maheux-Picard, directrice technique au CTTEI.

Des projets en marche

Aucun mariage n’a encore été officiellement célébré entre les entreprises, mais des projets très sérieux sont sur la table. «Nous avons ciblé quatre types de résidus qui ont un potentiel de réutilisation dans notre secteur soit, le papier et le carton, les huiles usées, les palettes de bois et les résidus de verre. En ce qui concerne ces deux dernières matières, nous avons un bon bout de chemin de fait», commente M. Paré.

Les avant-gardistes

Actuellement, dans la région de Lanaudière, seule la MRC L’Assomption a réalisé cet exercice, mais l’idée voyage et, la possibilité que les autres CLD de la région emboîtent le pas, n’est pas très loin. En attendant que cela se réalise, certaines entreprises ont déjà pris les devants.

C’est le cas du vignoble le Domaine de l’île Ronde qui a récemment mis sur le marché la gamme de cosmétiques VieNoble réalisée à partir des résidus de raisins. Cette idée d’associer l’agriculture, le monde des cosmétiques et certains résidus a surgi lorsque Jocelyn Lafortune a constaté une amélioration fulgurante du psoriasis de son ancien chef de cuverie et cela, au fur et à mesure qu’il était en contact avec le vin et ses résidus.

Au total, ce sont 5 000 litres de résidus, dont la lie, le moût, le marc et les bourbes, qui ne servent donc plus à arroser le jardin. Une bonne façon pour ce producteur de rentabiliser son entreprise.

Avec son projet, le CLD L’Assomption souhaite utiliser les résidus à leur maximum, mais il arrive que même avec toute la meilleure innovation possible que l’enfouissement devienne l’option la plus probable. Toutefois, juste avant d’en arriver à cette étape, il existe pour certaines matières une chance d’échapper à ce destin grâce au Centre de valorisation, une réalisation de l’homme d’affaires, Mario Charrette.

Située à Saint-Thomas dans la MRC Joliette, cette entreprise sauve bon an mal an d’un enfouissement certain l’équivalent de deux à trois terrains de football de matières non recyclables. C’est le cas notamment, de retailles de tapis d’auto, des surplus de couches qui sortent de l’usine, de certains types de plastiques, de bardeaux d’asphalte et même de vieux poteaux de téléphone. Tous ces résidus sont broyés et transformés en poudre qui servira à alimenter la chaufferie de l’entreprise Holcim (anciennement Ciment St-Laurent). Attention toutefois, ce ne sont pas toutes les matières qui sont d’excellentes candidates!

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