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Lanaudière: un leader dans les secteurs des 2e et 3e transformations du meuble

La population lanaudoise construit, rénove et s’agrandit grâce à une forte croissance démographique. Pas étonnant alors que les entreprises qui fabriquent des armoires de toutes les sortes, des meubles architecturaux, comme des moulures ou des poutres et celles qui produisent des meubles en bois fini ou semi-fini de qualité supérieure se portent bien. Au total, près de 224 PME se partagent le marché. Sans être un chef de file de ce secteur, la région se démarque si bien que le ministère du Développement économique, Innovation et Exportation (MDEIE) a décidé de lui donner le titre d’associé du créneau meuble 2e et 3e transformations.

Concrètement, cela signifie que tous les efforts sont mis en œuvre pour que la région puisse se positionner avantageusement sur le plan international. Pour cela, le MDEIE a créé le comité ACCORD (Action concertée de coopération régionale de développement), formé de plusieurs acteurs du secteur économique, qui met Lanaudière en relation avec d’autres régions, qui tirent, elles aussi, leur épingle du jeu dans ce domaine, soit Chaudière-Appalaches, le Centre-du-Québec, l’Estrie et la Mauricie.
Ces régions ont convenu d’un plan d’action qui prévoit que les entreprises vont donc travailler, entre autres, au maintien et au développement de la main-d’œuvre, à l’innovation et au développement de nouveaux produits à forte valeur ajoutée et à la mise en valeur de sous-produits.
Mettre les forces en commun

«La région a un potentiel pour devenir un chef de file dans ce domaine, mais il y a beaucoup de travail à faire», mentionne Julie Cloutier, coordonnatrice du créneau meuble 2e et 3e transformations.

Premier exercice: mettre les entrepreneurs en contact pour que se développe une coopération entre eux en matière de commercialisation, d’approvisionnement, de développement de la main-d’œuvre et même de prêt de matériel.

«Les entreprises de ce secteur ont du matériel semblable, mais elles ne l’utilisent pas à 100%. Ce que nous sommes en train de mettre sur pied, c’est un partage d’un parc de machines pour permettre aux entreprises de rentabiliser leurs équipements, d’offrir des services de sous-traitance aux membres du créneau. Tout ce qu’elles ont à faire, c’est d’inscrire les équipements qu’elles souhaitent rentabiliser et nous allons communiquer cette information dans un bottin accessible sur Internet».

Un exemple à suivre

Claude Goyet, de l’ébénisterie du même nom, a compris il y a longtemps, les avantages que pouvait conférer le fait de posséder de la machinerie unique et par le fait même, de faire profiter d’autres entreprises. Jusqu’en 2001, l’homme d’affaires se spécialisait dans le domaine des armoires. Lorsqu’il a fait l’acquisition d’une tour à bois – une machine dont la fonction est de fabriquer des pièces de bois rond comme des pattes de chaises, de tables et même des colonnes -, le succès s’est immédiatement fait sentir.

En effet, comme ce genre d’équipement est rarissime, la nouvelle s’est répandue très rapidement et les clients ont été nombreux à cogner à sa porte. M. Goyet a donc décidé de concentrer ses efforts à faire fructifier son investissement. Il a mis son innovation à l’œuvre pour développer de nouveaux produits et a fait de nombreux appels pour les commercialiser.

C’est exactement ce que souhaitent les responsables du comité ACCORD: créer des liens entre les hommes d’affaires afin que si l’un d’entre eux n’est pas en mesure de fournir totalement un client qu’il puisse s’en remettre à des partenaires pour se partager un contrat.

Une vigie

Si Lanaudière se démarque, c’est aussi parce qu’elle réussit à offrir ce que la Chine ne peut pas donner. «La portion du meuble résidentiel s’est effondrée au profit de l’Asie. Mais quand on parle d’installer des armoires, il faut un service à la clientèle, des gens pour aller prendre des mesures chez le client. Ça, les Chinois ne sont pas capables de l’offrir, contrairement aux manufacturiers locaux», mentionne Jean-François Hénault, commissaire à l’implantation au Centre local de développement de Joliette (CLD).

Toutefois, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas avoir un œil sur ce qui se passe de l’autre côté de l’océan. C’est la raison pour laquelle, un autre des objectifs du créneau ACCORD, est de créer une vigie pour observer ce qui se déroule outre-mer.

Autre travail, en processus de réalisation, est d’amener les entreprises à connaître leurs coûts de revient et de réduire leurs dépenses par de petites actions toutes simples. «C’est une faiblesse de plusieurs entreprises. Notre objectif est de les amener à connaître leur coût de revient et ensuite, de revoir la chaîne de toutes leurs opérations pour économiser temps et argent», conclut Mme Cloutier.

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