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La pétrolière Shell investit dans un premier bâtiment vert LEED et l’éthanol cellulosique

À Montréal, les quelque 180 employés du centre administratif Shell viennent d’emménager dans leur nouveau complexe vert de 60 000 pieds carrés. Il s’agit d’une première au Québec. Depuis 75 ans, Shell exploite une raffinerie dans l’Est de la ville et les installations administratives laissaient voir des signes de vieillesse.

Après avoir étudié la possibilité de rénover, les autorités ont décidé qu’il valait mieux d’effectuer le virage vert, en adoptant les lignes directrices du programme Leadership in Energy and Environmental Design (LEED) du Conseil du bâtiment durable du Canada créé initialement par le US Green Building Council en 1993.

Virage

Selon le document «La stratégie énergétique du Québec 2006-2015», le Québec et le Canada sont parmi les plus grands consommateurs d’énergie au monde. Et de son côté, le WorldWatch Institute indique que les bâtiments américains utilisent 40% de l’énergie totale, sont responsables de 50% de la production de CFC qui détériorent la couche d’ozone et génèrent 33% des émissions de CO2.

Dans un tel contexte, c’est la raison pour laquelle la pétrolière Shell au Québec a décidé de contribuer à la préservation de l’environnement en adoptant ce virage important dans la construction de son siège social à Montréal-Est. Cela marque concrètement le début d’une nouvelle orientation vers l’économie d’énergie. Au cours des deux prochaines années, d’autres bâtiments seront aménagés sous l’étiquette LEED, dont une salle de contrôle unifiée permettant d’opérer l’ensemble de la raffinerie depuis un lieu commun.

Tout est conçu pour obtenir une performance énergétique maximale. L’acoustique, l’éclairage et la fenestration sont trois éléments privilégiés. Les matériaux choisis pour la construction du bâtiment sont biodégradables et recyclables. Ils ont la capacité d’absorber le bruit pour offrir une meilleure insonorisation. Le concept à aires ouvertes permet à tous les employés de recevoir le même éclairage naturel, qu’ils soient situés ou non près d’une fenêtre.

Shell indique que des investissements supplémentaires de 600 000$ à 800 000$ ont été injectés dans ce projet de 20M $ pour obtenir la certification LEED. Et tout porte à croire que la pétrolière recevra la mention Argent pour ses nombreuses caractéristiques liées au programme.

Développement durable

Les principes du développement durable font également partie du projet. Tout au long des travaux, Shell a veillé au contrôle de la poussière et à réduire les îlots de chaleur avec l’aménagement d’une toiture pâle. De plus, des systèmes électromécaniques reconnus pour consommer 33% moins d’énergie ont été choisis. L’utilisation de polyuréthane à base de soya, de finis de planchers en marmoléum à base de lin, de bois certifié FSC et de matériaux à faible émission sans composés volatils (COV) et sans formaldéhyde ont été privilégiés.

Éthanol cellulosique

Depuis que Petro-Canada propose l’éthanol mélangé à l’essence comme source de carburant à ses clients, grâce à un partenariat à long terme avec l’usine d’Ethanol GreenField à Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal, Shell vient d’emboîter le pas dans cette même direction. La pétrolière a conclu une alliance commerciale avec Iogen Corporation visant à accélérer la mise au point et le déploiement de l’éthanol cellulosique.

La collaboration avec Iogen est un aspect important du programme d’investissement et de mise en valeur de Shell visant les biocarburants, notamment ceux de la prochaine génération utilisant des charges de source non alimentaires.

Des matières premières, comme la paille de blé, sont converties en un carburant dont les émissions de CO2 sont inférieures à celles de l’essence classique dans une proportion pouvant aller jusqu’à 90%.

«Cette décision confirme que Shell s’est engagée à accélérer le développement de l’éthanol cellulosique en collaboration avec Iogen. Ensemble, nous avons déjà fait de grands progrès dans le domaine des biocarburants durables et nous allons resserrer nos liens afin de relever les défis techniques et commerciaux que constitue leur production à grande échelle», indique le vice-président directeur, carburants de l’avenir et CO2 chez Shell, Graeme Sweeney.

L’accord avec Iogen Energy Corporation est majeur chez Shell dans le cadre du programme commun de développement technologique. Éventuellement, Shell prévoit faire passer de 26,3% à 50% sa participation dans Iogen. Selon le chef de la direction chez Iogen, cette transaction ouvre la voie à la production de l’éthanol cellulosique à grande échelle.

Depuis 2004, Iogen produit de l’éthanol cellulosique à son usine pilote d’Ottawa. Ce carburant entièrement renouvelable est fabriqué à partir de résidus agricoles et peut être utilisé par les véhicules. Iogen fabrique aussi des enzymes utilisées pour modifier et améliorer le traitement des fibres naturelles pour les industries du textile, des aliments pour animaux et des pâtes et papiers.

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