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Aural sonde les mers jusqu’en Californie et en Europe

L’objet ressemble à une torpille, mais n’a rien à voir avec un objectif militaire. Il représente plutôt un succès mondial dans l’étude des sons des océans à des fins scientifiques.

L’hydrophone Autonomous Underwater Recorder for Acoustic Listening (AURAL) a été mis au point, de sa conception à sa fabrication, par une équipe rimouskoise composée des chercheurs Yvan Simard et Yves Samson de l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli (IML) et l’entreprise rimouskoise Multi-Électronique.

Ce produit, qui a reçu un Prix d’excellence en transfert de technologie du gouvernement du Canada, a même généré en deux ans dix fois l’investissement initial avec le support de Développement Économique Canada.

Cette technologie sous-marine fait appel à des instruments qui sont suspendus à la coque des navires, à la couverture de glace ou au fond marin, particulièrement utile pour la protection des mammifères marins, l’évaluation des niveaux de bruit et pour la documentation des effets du réchauffement planétaire. AURAL, le produit le plus établi sur le marché, a déjà fait ses preuves dans le Fleuve Saint-Laurent et dans les Mers du Nord.

Multi-Électronique a jusqu’ici fabriqué plus d’une centaine d’unités vendues au Canada, aux États-Unis, en France et en Allemagne dont six hydrophones pour l’important organisme gouvernemental américain National Oceanic & Atmospheric Administration (NOAA). Les scientifiques chinois s’y intéressent aussi.

Quatrième génération

La firme met au point actuellement la quatrième génération d’AURAL. Le principal défi, note Jacques Saint-Pierre, est celui de la longévité des piles et d’une consommation minimale d’énergie afin que l’appareil évolue sur une période d’au moins deux ans sans être remplacé. AURAL se détaille, selon les trois modèles, entre 16 000 et 18 000$.

Des hydrophones fabriqués par cette PME mouillent dans la mer de Beaufort dans l’Arctique jusqu’à une profondeur de 300 mètres, même sous la glace, dans la Baie d’Hudson ou en face de Les Escoumins ou de Matane.

L’expédition de l’Amundsen a laissé des capteurs dans l’Arctique. L’unité peut être utilisée dans l’eau salée grâce aux composantes du boîtier de fibre de verre Epoxy et d’acier inoxydable 316.

«L’information de ces capteurs est colligée sur un disque d’ordinateur que nous récupérons pour en faire l’analyse. Ces capteurs détectent, par exemple, des sons de baleines sur des centaines de kilomètres. On peut reconnaître les différentes espèces de baleines, même de façon individuelle parce qu’il y avait chez certaines baleines des caractéristiques dans leurs vocalises», relève Yvan Simard, directeur de la Chaire de recherche du Ministère des Pêches et des Océans en acoustique marine appliquée aux ressources et à l’écosystème à l’Institut des Sciences de la mer de Rimouski.

Cette chaire de recherche en acoustique a pour but de promouvoir le développement ces nouvelles technologies et de former de jeunes chercheurs à en faire usage pour diverses applications en sciences de la mer.

L’industrie régionale

Au Bas-Saint-Laurent, l’économie régionale se porte assez bien dans l’axe LaPocatière/Rivière-du-Loup/Rimouski/Matane. Le taux de chômage, qui au milieu des années 1990 oscillait vers les 15%, était sous la barre des 10% au premier trimestre de 2008.

«Le Bas-Saint-Laurent a été une région-ressources avant-gardiste en diversifiant son économie depuis une dizaine d’années avec de nouvelles usines dans l’éolien, la création d’emplois dans le secteur de la transformation des minéraux non métalliques, de la tourbe avec Premier Tech à Rivière-du-Loup, la relance d’Uniboard à Sayabec et du chantier naval Méridien à Matane, l’utilisation de la biomasse forestière comme source d’énergie et un bon marché de l’habitation», souligne Louis Gagnon, économiste chez Desjardins, responsable de dresser le portrait économique du Bas-Saint-Laurent pour cette organisation. Il y aussi le remplacement des 15 000 personnes qui sont éligibles à la retraite au cours des prochaines années.

Par exemple, depuis son acquisition il y a deux ans par le groupe allemand Pfleiderer, l’usine d’Uniboard à Sayabec a été la plus rentable du groupe en 2006 et la 3e en 2007. En deux ans, 18M $ auront été investis dans cette PME.

Le secteur du bois d’oeuvre, comme ailleurs au Québec, est en difficulté. Toutefois, environ 1 850 emplois industriels soutenus par les crédits à l’emploi aux régions-ressources sont en jeu suite à l’abolition du programme par Québec d’ici 2011.

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