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Des investissements de 3,2 M$ dans les métiers du bois

L’avenir des ébénistes de l’Outaouais passe désormais par la créativité et l’entrepreneurship. Les consommateurs à la recherche de produits uniques fuient les grands magasins aux inventaires semblables.

Les prix du bois augmentent, certes, mais n’affectent pas outre mesure les artisans-entrepreneurs qui ne subissent qu’à petite échelle la hausse du prix de la matière ligneuse. L’Outaouais investit même dans le domaine du meuble, un secteur qui a pourtant subi des pertes d’entreprises au cours des dernières années au profit des pays asiatiques et en voie de développement.

L’avenir des ébénistes de l’Outaouais passe désormais par la créativité et l’entrepreneurship. Les consommateurs à la recherche de produits uniques fuient les grands magasins aux inventaires semblables. Les prix du bois augmentent, certes, mais n’affectent pas outre mesure les artisans-entrepreneurs qui ne subissent qu’à petite échelle la hausse du prix de la matière ligneuse.

L’Outaouais investit même dans le domaine du meuble, un secteur qui a pourtant subi des pertes d’entreprises au cours des dernières années au profit des pays asiatiques et en voie de développement.

Cette année, les étudiants en ébénisterie du Centre de formation professionnelle Relais de la Lièvre/Seigneurie sont entrés dans des locaux flambant neufs, à la fine pointe de la technologie et pouvant accueillir près de 50 étudiants du matin au soir. Si l’établissement du secteur Buckingham, à Gatineau, pouvait autrefois former une quinzaine de jeunes adultes aux bases du métier d’ébéniste, il peut aujourd’hui accueillir 24 étudiants le jour et 24 autres pour les formations de soir.

«Avec cette nouveauté, nous avons augmenté nos inscriptions et nous avons même une liste d’attente», soutient le président de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV), Alexandre Iracà.

Cet investissement de plus de 3,2 millions$, dont 2 millions proviennent du ministère de l’Éducation du Québec, démontre que les métiers du bois reprennent vie, après des années de vaches maigres, de fermeture et de réduction de possibilité forestière. La diminution de cette possibilité n’est pas terminée, mais le marché s’adapte de plus en plus. Pour 2008-2013, le Forestier en chef du Québec, Pierre Levac, évalue la baisse de la possibilité forestière en Outaouais de l’ordre de 32,1%.

Passion

À Val-des-Monts, au nord de Gatineau, un ébéniste passionné ne jure que par sa propre entreprise et refuse le travail à la chaîne. Né d’une famille gaspésienne comptant des luthiers et d’autres travailleurs du bois, Marc-André Lévesque fabrique du sur-mesure pour les clients fortunés, nombreux dans une région comme l’Outaouais, avec ses hauts fonctionnaires fédéraux et ses gens d’affaires prospères. «Moi, ça fait dix ans que je vis avec le bouche-à-oreille. Je n’ai jamais plus de deux projets à la fois. Un projet peut me prendre 4 ou 5 mois à terminer», dit-il dans le sous-sol de sa maison, où il fabrique des armoires, portes, meubles pour l’audio en érable, en pin ou toute autre essence favorite de ses clients.

«Le client arrive avec une idée, je vais chez lui et regarde comment je peux réaliser son rêve. Je peux rencontrer le client 10 ou 12 fois avant de commencer le travail en atelier. Du travail hors norme comme cela, il faut le faire bien et le faire la tête tranquille».

M. Lévesque accueille même deux étudiants de l’école de Buckingham pour un stage. «En sortant de l’école, les jeunes ne veulent pas faire de travail à la chaîne. Ils veulent créer et faire de la qualité. Dans le travail à la chaîne, il n’y a pas d’argent à faire. C’est rendu en Asie, ces grandes usines-là».

M. Lévesque travaille pour des gens au salaire élevé qui ne regardent pas le prix, mais le concept unique du travail. «J’ai déjà produit un meuble qui couvrait 70 pieds de long», s’exclame-t-il. Son marché est limité à l’Est de l’Ontario et à l’Ouest du Québec pour des raisons de transport, mais ne refuse jamais une offre sans voir si elle est possible à réaliser.

L’artisan ne se dit pas touché par la hausse du prix du bois. «Ça ne paraît pas vraiment parce que je produis à petite échelle. Mais les entreprises de meubles qui paient leurs employés à l’heure, eux, vont voir la différence. Ils ont plus de dépenses. Quand je regarde le prix de vente de certains meubles vendus dans les magasins bon marché, je constate que le prix affiché est en fait mon coût de production». Il avoue lui-même être dans de belles années pour la production de ce genre de meubles.

«Le marché est très bon. Mais c’est un métier où il faut être patient, rencontrer plusieurs fois le client avant de commencer en atelier». En attendant que ses enfants prennent la relève de son entreprise, comme il le souhaite, il dit toucher du bois pour que les affaires se poursuivent sur la même lancée, afin de continuer de vivre de sa passion héritée de la famille, à plus de mille kilomètres de l’Outaouais.

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