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Une industrie en pleine croissance

La fabrication des produits métalliques est un des marchés les plus prometteurs du secteur manufacturier à Québec et dans toutes les provinces où cette activité est implantée.

En raison essentiellement de la proximité du marché américain, très demandeur, et du savoir-faire des entreprises québécoises. Mais la baisse du dollar américain par rapport à la devise canadienne ne rend pas la tâche facile aux entreprises exportatrices.

La fabrication des produits métalliques est un secteur extrêmement diversifié et bien ancré dans l’ensemble des régions du Québec, bien que le centre nerveux de ses activités se situe principalement dans la région de Montréal et en Montérégie, comme c’est le cas de l’activité manufacturière en général.

Sur ce marché en pleine croissance, on dénombre 3 400 entreprises qui emploient au-delà de 95 800 travailleurs et génère un chiffre d’affaires avoisinant les 15,7 milliards de dollars (source : Comité sectoriel de la main-d’oeuvre dans la fabrication métallique industrielle – CSMOFMI).

De grands défis

Dans la Capitale-Nationale, une centaine de petites et moyennes entreprises se partagent ce marché juteux qui, d’après Daniel Marois, économiste à la direction de l’analyse socio-économique de Québec (DASE), offre des perspectives d’emplois intéressantes même si le secteur a subi de nombreuses fluctuations entre 2004 et 2006. Selon Emploi-Québec, le taux de croissance annuel moyen de l’emploi dans ce secteur devrait être de 3,6 % entre 2003 et 2007.

Pourtant, le secteur fait face à des contraintes majeures, notamment en matière de relève. Perçus comme dévalorisants, les emplois liés à la fabrication ne motivent plus les jeunes. En outre, la fabrication sur mesure et sur commande très caractéristique à ce secteur, oblige les entreprises à gérer deux types de main-d’oeuvre: l’une, permanente et experte et l’autre, temporaire inexpérimentée.

Et enfin, depuis la dépréciation du dollar américain, les entreprises exportatrices réalisent moins de profits et doivent investir pour augmenter leur productivité en modernisant leurs équipements et en misant le développement de nouveaux produits.

C’est le grand défi de ce secteur aussi complexe que diversifié! Un créneau dans lequel s’est déjà engouffré quelques gros joueurs majeurs comme Julien Inc, compagnie québécoise qui occupe le 1er rang en Amérique du Nord de la sous-traitance industrielle et de la fabrication de pièces en acier inoxydables.

L’entreprise située à Québec fait des comptoirs de cuisine pour les restaurants, les hôtels, fabrique des stands et du mobilier intégré pour divers établissement, des guichets automatiques pour les banques, des composants pour les électroménagers. Depuis peu, elle poursuit sa croissance sur un nouveau marché porteur: les produits haut de gamme pour les résidences.

Investir pour rester compétitive

Pour Lloyd Leblanc, vice-président de la division résidentielle et porte-parole de l’entreprise, l’avenir est prometteur. «On ne connaît pas encore de plafonnement sur la croissance, l’acier inoxydable est un produit en forte demande. Nous sommes en croissance depuis 12 ans de façon systématique», explique-t-il, expliquant que cette situation privilégiée n’est pas un hasard.

«Nous sommes un gros sous-traitant dans une jungle où la plupart des autres sous-traitants gèrent de petits volumes. L’entreprise s’est engouffrée très rapidement dans le créneau de la diversification tout en développant une expertise en recherche et développement. Nous avons une douzaine d’ingénieurs qui passent leur temps à chercher comment améliorer les pièces», poursuit M. Leblanc qui précise que l’entreprise lorgne désormais vers le nouveau marché potentiel que représente le Mexique.

Lloyd Leblanc assure que l’entreprise ne subit pas encore les contrecoups de la récente baisse du dollar américain par rapport à la devise canadienne parce que le problème est justement récent.

«Mais nous ne tarderons pas à être touchés et commençons déjà à étudier toutes les possibilités», reconnaît-il. Il pourrait y avoir des produits qui seront ramenés à l’interne tout en continuant à fabriquer chez nous. Ce n’est pas simple!», conclut Lloyd Leblanc conscient que l’entreprise devra sans doute investir davantage pour augmenter sa productivité et demeurer compétitive.

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