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L’industrie doit miser sur l’innovation

Pour contrer la menace chinoise, la solution pour les entreprises manufacturières du secteur du caoutchouc sera de favoriser le développement de l’innovation dans tous les aspects de fabrication de leurs produits.

L’industrie du caoutchouc comprend les établissements dont l’activité principale consiste à transformer le caoutchouc naturel, synthétique ou recyclé à partir de procédés tels que le moulage, l’extrusion, le calandrage, le découpage à l’emporte-pièce, etc… S’ajoutent à cela les entreprises qui se spécialisent dans le mélange de composés de caoutchouc.

Au Québec, l’industrie de la transformation du caoutchouc compte environ 132 entreprises présentes dans 15 régions administratives. Près de 12 000 emplois sont générés par cette industrie principalement concentrée dans les régions de l’Estrie, de la Montérégie et de Montréal.

La région du Centre-du-Québec compte 5 de ces entreprises, ce qui représente 144 travailleurs pour 1,23% des travailleurs au total.

Les défis du secteur

Les entreprises exportent leurs produits presque exclusivement sur les marchés canadien et américain. Elles se tournent progressivement et de façon sélective vers l’Europe et l’Asie. Mais l’arrivée croissante de produits bon marché de pays comme la Chine, les préoccupent de plus en plus. Les entreprises d’ici devront dorénavant concurrencer les importations provenant de ces producteurs dont les coûts de main-d’œuvre sont peu élevés.

En outre, la hausse des prix de l’énergie, accélérée par l’incertitude de la conjoncture internationale, exerce une forte pression sur les fabricants. Pour être productifs, aptes à exporter leurs produits et maintenir des normes de qualité élevées, ils devront être en mesure de produire à moindre coût et maximiser leurs efforts, afin d’innover tant en recherche qu’en technologie.

Les investissements technologiques sont incontournables pour les entreprises qui veulent maintenir leur capacité de production. Il en va de même pour les efforts particuliers à consentir en matière de recherche et de développement. Or, ces investissements, dans la modernisation des équipements ainsi qu’en recherche et développement, entraînent nécessairement des déboursés considérables.

La plupart des petits fabricants de produits de caoutchouc dépendent entièrement des fournisseurs de matières premières ou des « formulateurs » afin d’obtenir l’aide technique nécessaire à la mise au point de nouveaux produits et à l’amélioration de leurs procédés de transformation.

Les problèmes environnementaux, reliés à l’élimination des déchets de fabrication, préoccupent de plus en plus les entreprises du secteur.

Il est plus difficile de recycler les produits de caoutchouc que les produits de plastique, parce qu’on ne peut les transformer en recourant simplement, comme dans le cas du plastique, à la chaleur et à la pression. Le processus de recyclage débute par la désagrégation mécanique de l’objet, la séparation et la récupération de la composante de caoutchouc et l’incorporation des fragments de caoutchouc dans un autre procédé de fabrication.

Un nombre plutôt restreint d’applications ont été développées pour utiliser le caoutchouc recyclé. Néanmoins plusieurs autres débouchés verront le jour, à mesure que les frais reliés aux mesures environnementales augmenteront.

Enfin, l’industrie du caoutchouc fait face, depuis plusieurs années, à une importante pénurie de main-d’œuvre qualifiée, notamment pour les postes d’opérateurs de machines à transformer le caoutchouc. Ce manque de qualification chez certains travailleurs à la production s’explique, en partie, par l’absence de programmes de formation spécifiquement dédiés à la transformation du caoutchouc. La création récente de l’Attestation d’études professionnelles en transformation du caoutchouc viendra sans doute redresser la situation.

Dans un contexte de vive concurrence, les fabricants de produits de caoutchouc ont tout intérêt à miser sur la compétence de leurs travailleurs.

Des solutions pour les entreprises

Au niveau de la fabrication, cinq solutions sont proposées aux entreprises:

  • Réduire les coûts;
  • Améliorer les processus;
  • Produire ce que la Chine aura du mal à produire;
  • Arrêter les fabrications sans avenir;
  • Fabriquer en Chine les produits à grand volume et/ou à faible valeur ajoutée.

En ce qui a trait à l’approvisionnement, les entreprises devront trouver en Chine les matières premières et les composants qui leur permettront de rester compétitives.

Au volet marketing, trois solutions s’imposent:

  • Centrer l’entreprise sur le client;
  • Développer la marque et l’image;
  • Se concentrer sur les séries courtes à renouvellement rapide;
  • Développer les services liés aux produits.

Et pour l’innovation, trois créneaux essentiels à adopter:

  • Création de nouveaux produits plus rapidement;
  • Augmenter le niveau technologique et la sophistication des produits;
  • Devenir une entreprise apprenante et créative.

Et l’avenir?

L’industrie aura avantage à miser sur l’innovation. Le développement de produits nouveaux, de l’innovation à partir de produits anciens, seront les premières étapes à franchir pour les entreprises qui souhaitent mettre en œuvre un processus d’innovation.

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