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«En période de ralentissement, il faut acheter de l’équipement de pointe tout en diversifiant ses activités». Michel Massé, président USIMM

Malgré les nombreux soubresauts dans l’industrie du bois, le centre d’usinage de bois à commande numérique USIMM à Montréal n’est absolument pas touché par la vague de ces dernières années.

Il s’agit d’une entreprise qui opère dans le secteur de la troisième transformation du bois, qui se spécialise dans la production de petites quantités à très haute valeur ajoutée et qui diversifie ses activités dans les secteurs de l’ébénisterie, du meuble, de l’aménagement architectural, du décor cinéma et de la cuisine.

En période de ralentissement, le président d’USIMM estime qu’il est plutôt temps d’investir dans l’achat d’équipements de haute technologie pour assurer une longueur d’avance sur ses concurrents. En juin dernier, l’entreprise a ainsi injecté 1½ M$ pour acquérir de nouveaux logiciels, de la technologie de bureautique et des machines à contrôle numérique.

Vers 2010, USIMM croit qu’il sera alors temps pour procéder à l’agrandissement des lieux. «À mon avis, il faut acheter des biens de haute technologie en période de ralentissement et s’agrandir quand les affaires vont bien», indique le président d’USIMM, Michel Massé.

Pour M. Massé, cette stratégie porte fruit. Il y a une dizaine d’années, celui-ci avait pris cette direction parce qu’il sentait que l’industrie du bois allait connaître de graves problèmes. «J’ai vu venir la vague, mais je dois aussi attribuer mon choix à un coup de chance et à ce que ça représente pour moi».

Mauvaise presse

Selon Michel Massé, la couverture de la presse n’a pas aidé à l’image de l’industrie du bois. «Tout le monde relie le bois d’œuvre à ce qu’on fait chez nous dans notre secteur. Et ce n’est pas du tout ça. On dirait qu’en raison de cette mauvaise presse, les gens ont quitté l’industrie du meuble et du bois, surtout depuis les cinq dernières années. Aujourd’hui, plusieurs usines ont fermé et celles qui poursuivent leurs activités manquent de main-d’œuvre. Les jeunes des écoles du meuble ne sont pas intéressés d’y faire carrière parce qu’ils n’auront pas de travail».

Michel Massé croit fermement que le Québec a tout ce qu’il faut pour gérer parfaitement bien cette industrie. Malheureusement, dit-il, la province a perdu beaucoup dès que les usines ont commencé à fermer, du fait que les employés se sont dirigés vers d’autres secteurs. «J’ai l’impression que ce qu’il reste à faire est devenu impossible à exécuter en raison d’un manque de travailleurs qui ont déserté».

Petites quantités haute valeur ajoutée

Avec la contribution d’une quinzaine d’employés et du travail en sous-traitance à 100%, USIMM se dit rentable, capable d’obtenir facilement des contrats, peu importe s’il y a menace des pays émergents, une hausse du dollar canadien qui se poursuit ou une récession. «Plusieurs de mes clients sont exportateurs et sont durement touchés. Mais ce n’est pas le cas chez nous. Je suis diversifié dans les créneaux que j’ai mentionnés, ma livraison est rapide et je suis spécialisé dans le sur mesure et les produits en faibles quantités, bien que mes équipements me permettent de répondre à la moyenne et, à la rigueur, à la grande quantité. Notre force est de nous adapter rapidement à de nouveaux besoins».

À 43 ans, Michel Massé estime avoir choisi la meilleure voie pour réussir dans ce secteur. Et la solution, ajoute-t-il, passe inévitablement par l’achat d’équipements de haute technologie. «Pour des entreprises qui existent depuis 50 ans, qui ont accumulé une profonde expertise et qui gèrent une centaine d’employés, la décision d’investir dans le présent contexte demeure un incontournable. Autrement, le pire est à prévoir».

Malgré tout, M. Massé croit qu’il n’est pas à l’abri de la concurrence et que son orientation en intéresse plus d’un. C’est la raison pour laquelle il prend les moyens pour s’assurer qu’il a toujours une longueur d’avance sur les autres. «J’ai de la chance de me démarquer à cause de ma rapidité et de mes délais de livraison. En revanche, je sens que mes concurrents me suivent de près. Ils me voient aller et commencent à s’intéresser de plus en plus à la production en petites quantités et à haute valeur ajoutée».

Au Québec, près de 250 municipalités sont intimement liées à l’industrie du bois. À lui seul, le secteur du sciage génère environ 20 000 emplois directs.

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