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Les entrepreneurs doivent s’adapter aux changements pour progresser

Malgré les nombreuses difficultés auxquelles fait face l’industrie de la machinerie et du matériel de transport, le Fonds de solidarité FTQ note une croissance de 14% de son rendement sur le capital investi dans ce secteur.

Selon Hugues Lacroix, directeur des investissements, Produits métalliques, transport et industriels du Fonds de solidarité FTQ, les entreprises doivent adopter de nouvelles structures opérationnelles pour relever les défis des prochaines années.

Dans la grande région de Montréal, le Fonds de solidarité FTQ a investi plusieurs millions de dollars dans une quinzaine d’entreprises dont le spécialiste en traitement thermique Thermotco, le fabricant de plates-formes Hydro-Mobile et le fabricant d’équipements scéniques mobiles Stageline.

«Pour 2007-2008, je dispose d’une enveloppe budgétaire de 25M$ pour investir dans des entreprises prometteuses. Ces entreprises peuvent se situer dans les créneaux d’intervention de la machinerie agricole et forestière, de la gestion et l’élimination des déchets, du plastique et du caoutchouc, de l’extraction dans le secteur du pétrole et des mines et finalement de la machinerie commerciale ou reliée au secteur des services».

Des solutions aux problèmes

Le secteur de la machinerie et du matériel de transport souffre probablement plus que l’ensemble des autres industries. C’est du moins ce que soutient Hugues Lacroix qui identifie trois principales causes: la hausse du dollar canadien, l’entrée de concurrents émergents depuis quelques années et la relève des entrepreneurs.

Un premier défi auquel il est difficile de contourner, dit-il, est celui de l’appréciation de la devise canadienne face au dollar américain. «La rentabilité de l’entreprise est directement touchée du fait que les exportations chez nos voisins du Sud se déroulaient autrefois à des coûts moindres. De plus, les entreprises américaines qui n’étaient pas concurrentielles à l’époque viennent maintenant chez nous, puisque le dollar se négocie presque au pair. L’entrepreneur d’ici est donc pris dans un étau. Bien qu’on n’ait pas le contrôle sur la majoration du dollar, il existe des mécanismes financiers pour se protéger contre les fluctuations de notre devise. Les dirigeants doivent le savoir et prendre les dispositions nécessaires».

Au chapitre de la présence des pays émergents sur notre territoire, Hugues Lacroix prévient les entrepreneurs que le contenu en main-d’œuvre d’un produit doit se situer sous la barre des 15%.

Au-delà de cette limite, un signal d’alarme s’allume et à 20%, ajoute-t-il, l’entreprise est assurée de connaître des difficultés financières. «Des pays tels la Chine, la Russie, l’Inde et le Brésil ont développé des structures d’organisations capables d’exécuter de la production de masse. Puisqu’il est impossible de les concurrencer, les entrepreneurs du secteur de la machinerie et du matériel de transport sont appelés à devenir des designers, des intégrateurs et des gens axés sur la création de valeur, c’est-à-dire le développement de produits personnalisés et haut de gamme».

Pour ce qui est du problème de la relève, M. Lacroix estime que la majorité des entrepreneurs n’auront pas le choix de passer à l’action d’ici les dix prochaines années.

«À l’heure actuelle, rien ne bouge. Les gens se croient invulnérables. Tout le monde attend un projet de relève et rien ne se fait. Ce que nous disons au Fonds de solidarité FTQ, c’est qu’il existe des solutions. Il faut discuter et planifier la relève. Et en aucun moment, la pérennité de l’organisation ne doit être en jeu à cause d’un problème de relève».

Selon un document du Fonds de solidarité FTQ, 30% des entreprises franchissent avec succès le passage d’une première à une deuxième génération et à peine 10% réussissent la transition d’une deuxième à une troisième génération.

Exporter vers d’autres marchés

Longtemps habitués à exporter les produits de machinerie et de matériel de transport vers les États-Unis, les entrepreneurs sont appelés à développer de nouveaux marchés comme l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Sud.

«La dynamique à l’endroit des devises comme l’euro et le yen n’est pas la même que celle avec le dollar américain. Tant et aussi longtemps que nous nous limiterons avec les Américains, le problème sera présent et ne pourra aller qu’en s’empirant. Il faut donc agir maintenant», conclut M. Lacroix.

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