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Au pays de l’agneau et des produits de niche

L’industrie agroalimentaire a le vent dans les voiles dans la région du Bas- Saint-Laurent concentré autour de l’abattage et de la transformation du porc, d’une importante industrie ovine et de la production de sirop d’érable, ce qui en fait la deuxième région acéricole au Québec.

À ces productions, dont la valeur des livraisons atteignait 440 millions $ en 2005, s’ajoutent des expériences à succès des produits de créneaux comme Natur’boeuf, les vins à l’eau d’érable d’ACER au Témiscouata, les flocons d’érable de Décacer ou le projet de Centre de transformation des viandes du Bas-Saint-Laurent.

«Le Bas-Saint-Laurent tire son épingle du jeu dans l’industrie du porc. La région va chercher environ le quart de la transformation du porc au Québec avec Viandes du Breton à Rivière-du-Loup, Viandes Kamouraska et Asta dans le Kamouraska et le groupe CNP à Rivière-du-Loup, ainsi que les Cuisines Gaspésiennes à Matane», décrit Raymond Martel, conseiller en transformation alimentaire au bureau régional de Rimouski du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Le troupeau ovin

25% des brebis du Québec et plus des deux tiers de l’agneau lourd sont produits sur des fermes ovines du Bas-Saint-Laurent. «Nous sommes choyés d’avoir l’abattoir de Luceville, près de Rimouski, surtout dans l’agneau ovin, auquel s’est greffé des agences de commercialisation», dit l’expert du MAPAQ.

Le projet de Centre de transformation des viandes du Bas-Saint-Laurent, principalement l’agneau, piloté par la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent qui devrait être mis en chantier cet automne, viendra consolider cette orientation.

«Pour l’avenir, il y a le potentiel du port méthanier à Gros-Cacouna, près de Rivière-du-Loup, qui pourrait faire naître une industrie du froid dans le domaine de l’agroalimentaire. Il y a aussi le marché de créneaux pour les produits sans additifs alimentaires des artisans qui profitent de cette tendance».

L’agroalimentaire constitue un secteur stratégique de développement pour le Bas-Saint-Laurent avec l’incubateur d’entreprises en transformation agroalimentaire à La Pocatière, pièce maîtresse de l’agrobiopole du Bas-Saint-Laurent. La construction d’un incubateur d’entreprises dans ce secteur à La Pocatière permettra d’augmenter les débouchés pour de nouveaux produits transformés et d’accroître l’activité agroalimentaire dans la région.

Cas unique

Le Bas-Saint-Laurent possède dans ses murs la seule usine de transformation laitière en régions-ressouces, celle de la division Natrel d’Agropur à Amqui, qui investira cette année cinq millions $ pour y fabriquer de la crème sûre et du fromage cottage.

L’usine d’Amqui, qui produit déjà du lait, du cheddar et du beurre, sera agrandie de 4 000 pieds carrés. Les 935 fermes laitières de la région du Bas-Saint-Laurent livrent 10% (2.9 millions d’hectolitres) de la production laitière du Québec pour des revenus de plus de 200 millions $.

Du boeuf santé

C’est au Bas-Saint-Laurent qu’un nouveau concept «Natur’Boeuf» (sans antibiotique et une alimentation spéciale) a démontré qu’une collaboration directe était possible en régions entre une chaîne de marchés d’alimentation (Les Supermarchés GP) et les producteurs de boeuf. Tout se fait en région, de la production à l’abattage, à l’emballage jusqu’à la mise en marché. Le «boeuf de l’Est» bénéficie de meilleures conditions de maturation et d’un contrôle de traçabilité de la ferme au supermarché, nourri à l’herbe et à l’orge par six éleveurs réunis dans une coopérative du Bas-Saint-Laurent.

14 supermarchés de la chaîne GP et Métro/GP de l’Est du Québec et de la région de Québec, distribuent ce «boeuf de l’Est». L’entente exclusive avec les supermarchés GP et Métro/GP, prévoit la production de 2 500 bouvillons par an d’ici cinq ans. Natur’bœuf générera 18M $ en chiffres d’affaires au cours des cinq prochaines années dont 12M $ en production.

Des boissons alcooliques à l’érable et des flocons

Le Bas-Saint-Laurent est la deuxième région acéricole au Québec. La moyenne des érablières compte 4 000 entailles au Québec comparativement à 10 000 dans le Bas-Saint-Laurent. 22 érablières ont plus de 40 000 entailles dont 13 de plus de 50 000.

Une usine de fabrication de sucre granulé et de flocons d’érable au coût de 8M $ a été aménagée dans l’entrepôt de Décacer à Dégelis au Bas-Saint-Laurent. L’usine, propriété de la famille Levasseur de Saint-Antoine-de-Tilly, a besoin de cinq millions de livres de sirop d’érable par année à sa capacité maximale de production.

À Auclair, au Témiscouata, dans la région du Bas-Saint-Laurent, l’acériculteur-artisan Vallier Robert a mis au point quatre boissons alcoolisées grâce à un procédé inédit de fermentation de la sève d’érable.

De cette recherche est née un vin blanc sec, un apéritif ou plutôt un ACERitif du type Pineau des Charentes, un porto et un vin mousseux.

C’est d’ailleurs là le miracle de Prémices d’Avril, un blanc sec à 12% d’alcool, Mousse des bois, un vin mousseux aussi à 12% d’alcool, le Val Ambré, un apéritif genre Pineau des Charentes à 16,5% d’alcool et le Charles-Aimé Robert, un porto à 17,5% d’alcool.

L’organisme Les Saveurs du Bas-Saint-Laurent (115 membres) fait la promotion de ces produits de niche comme, par exemple, les hydromels, les herbes salées du Bas-du-Fleuve, le sirop et la gelée d’érable biologique…

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