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Un coup de pouce de 300 M$ à l’industrie des pâtes et papiers

Depuis les quatre dernières années, les entreprises de l’industrie des pâtes et papiers ont peine à remonter la pente au Centre-du-Québec et dans Chaudière-Appalaches.

Comme bien d’autres régions du Québec, les travailleurs de l’industrie ont dû faire face à des mises à pied temporaires ainsi qu’à des fermetures d’usines permanentes. Comment les 300 millions de dollars supplémentaires du gouvernement Charest pour les quatre prochaines années répondront-ils à la crise forestière?

«En ajustant nos façons de faire dans un contexte de changement structurel plutôt que cyclique» affirme le Président et Chef de la direction de la multinationale Cascades Inc.

Ce nouveau plan d’aide [annoncé le 20 octobre dernier] nous situe encore loin de la destination que nous croyons devoir atteindre pour être une industrie dynamique et compétitive», expliquent conjointement les présidents des trois conseils sectoriels du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), MM. Gildas Mainville, président du conseil sectoriel sciage résineux, Jean Blais, président du conseil sectoriel pâtes papiers cartons et panneaux et Robert Kieffer, président du conseil sectoriel déroulage et sciage de feuillus, ainsi que M. Alain Lemaire, coprésident du Groupe-conseil sur l’avenir économique de l’industrie forestière du Québec.

Portrait global des régions

Afin de mieux comprendre les enjeux dans l’industrie des pâtes et papiers, tout aussi affectée que l’industrie du bois, il faut savoir que la région du Centre-du-Québec compte 2 440 emplois dans la fabrication du papier. Quant à Chaudière-Appalaches, on en dénombre 50 selon les dernières statistiques du CIFQ qui datent de 2002.

Selon Hubert Bolduc, vice-président aux communications et affaires publiques chez Cascades à l’usine de Kingsey Falls, au Centre-du-Québec, «les deux régions en question, Chaudière-Appalaches et le Centre-du-Québec, ne font pas classe à part des autres régions du Québec quant aux facteurs qui influent sur la crise qu’elles traversent depuis quelques années dans l’industrie du bois et des pâtes et papiers. La hausse fulgurante du dollar canadien par rapport à la devise américaine depuis la fin de 2002 et la flambée du prix du pétrole, sont deux facteurs principaux qui nuisent à l’industrie et qui l’a conduite directement dans une conjoncture aussi hostile».

Une crise structurelle plutôt que cyclique

«Cela fait plus de 40 ans que nous exportons aux États-Unis. Nous n’en sommes pas à notre première crise, c’est vrai, mais de cette ampleur, oui. Cette fois-ci, elle n’est pas cyclique mais bien structurelle. Aujourd’hui, nous devons tenir compte des nouveaux paramètres qui nous affectent très négativement: le prix du pétrole en constante hausse, les coûts de main-d’œuvre par tonne de papier non compétitifs quand on pense aux avantages sociaux et au syndicalisme, aux prix de matières ligneuses les plus élevées au monde, à une demande décroissante pour la majorité de nos produits, à une compétition incontrôlable en provenance des pays émergents, entraînant une baisse des prix et à un contentieux qui a perduré avec l’administration américaine sur le bois d’œuvre, mais pour lequel nous connaissons aujourd’hui l’épilogue. Et la cerise sur le sundae: un dollar qui s’apprécie de 40% trop rapidement» explique le président de Cascades.

L’industrie des pâtes et papiers traverse la pire crise de son histoire et selon Alain Lemaire, l’instigateur de cette dégringolade est bel et bien le dollar canadien.

L’importance de la recherche et du développement

Comme pour toutes les entreprises confondues, le défi de l’avenir qui s’impose dès aujourd’hui est d’axer ses compétences et ses actions sur la préservation de l’environnement.

«À l’heure où les entreprises doivent démontrer leur sensibilité à l’égard de l’environnement, Cascades devient un fournisseur de premier plan pour les organisations soucieuses de leur image environnementale. Nos produits sont fabriqués par des employés consciencieux des enjeux environnementaux et sociaux et, à partir d’usines de moins en moins énergivores, en utilisant comme matière première le contenu de votre bac de récupération» affirme M. Lemaire.

Il ajoute par ailleurs «qu’avec la longue liste d’innovations en 2006, lesquelles génèrent de nouvelles ventes et contribuent à l’augmentation de notre rentabilité». Un point important à mettre en haut de la liste des priorités de bien des industries de ce secteur!

La recette du succès pour les années à venir? Selon le Président de Cascades, il suffit de «démontrer un esprit combatif et être agressif sur le marché, demeurer réaliste, favoriser la recherche et le développement et rationaliser de façon réfléchie et ouverte.

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